Ce qu'a été 2011 pour les bi

Tout d’abord, bonne et heureuse année 2012 à toutes et à tous ! Et bonne santé aussi : le vœu n’est pas inutile en ces temps où les IST ne reculent toujours pas… et pour qu’il ne reste pas un vœu pieu, il est plus que jamais temps, comme diraient les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence,  d’honorer comme ils le méritent Sainte Capote, Sainte Digue Dentaire et Saint Lubrifiant. Il faut savoir ce qu’on veut : si vous voulez 1) pouvoir enfin donner votre sang, et 2) survivre, il faut sortir couverts ! Ça fait déjà une bonne résolution pour 2012, et même pas difficile à tenir, alors autant y penser.

Ces résolutions prises, je vous propose de revenir sur ce que les actualités de l’année 2011 ont réservé aux bi (car oui, de même qu’il y a un hétéroland  – par exemple le Sénat – et un gayland, il y a aussi un « biland » !). Et dès qu’on creuse un peu, on se rend compte que l’année a été assez riche en actualités pour les bi, finalement !

Sciences expérimentales

Une « preuve scientifique de l’existence des hommes bisexuels ».

Rappelez-vous, c’était en août, et c’est probablement « la » grande actualité scientifique de l’année concernant les bisexuels, largement diffusée dans les médias : une étude américaine, menée par des chercheurs de la Northwestern University et publiée en ligne dans la revue Biological Psychology à la mi juillet 2011, est parvenue à la conclusion que les hommes qui se disent bisexuels… le sont vraiment. L’étude a été médiatisée le 22 août par un excellent article de David Tuller dans le New York Times, qui annonçait la nouvelle avec une salutaire ironie : « No Surprise for Bisexual Men: Report Indicates They Exist » (« Pas de surprise pour les hommes bisexuels : une étude indique qu’ils existent »). La nouvelle a été relayée sur Yagg et sur tetu.com (pour m’en tenir à ces deux-là).

Si une telle nouvelle ne peut qu’avoir des conséquences symboliques et politiques favorables à la reconnaissance des personnes bi, cette étude et l’information qui en a résulté (« les bisexuels existent, c’est confirmé ») n’en restent pas moins assez consternantes pour n’importe quelle personne bi.

Passons sur le fait que l’étude ne portait que sur des hommes (même s’il faudra bien un jour s’intéresser « aussi » aux bisexuelles, voire « carrément » tenter une étude globale de la population bi…). Passons aussi sur ce qu’une pareille étude a d’insultant pour les personnes qui affirment une identité bisexuelle : mettons que des scientifiques doivent faire leur travail en dehors de tout politiquement correct. En réalité, c’est surtout la façon dont l’étude a été menée et les conclusions auxquelles elle parvient qui sont plus que contestables en termes de méthode scientifique.

Rappelons qu’il s’agissait de déterminer l’existence réelle ou non de la bisexualité chez une population masculine. Pour cette étude, la bisexualité a été réduite à une pure sexualité, sans que les sentiments, les fantasmes, etc. ne soient pris en compte… et cette sexualité a à son tour été réduite à un seul critère : la réponse sexuelle à des « stimuli », en l’occurrence au visionnage de films pornographiques ! Comment ne pas voir tout ce qu’une pareille méthode a de limité, pour ne pas dire de contestable ? C’est à peu près aussi scientifique, toutes proportions gardées, que ces « preuves par le porno » imposées aux sans-papiers potentiellement homosexuels en République tchèque.

Je conviens volontiers qu’il s’agissait ici d’une étude de biologie, et qu’il était normal qu’elle ne portât que sur des critères purement physiologiques. Mais une telle étude ne prouve rien en dehors de l’excitabilité immédiate d’une population masculine, dans des conditions bien précises. Elle ne peut nullement prétendre conclure quoi que ce soit sur une orientation sexuelle et sentimentale en général. Une étude remontant à 2005 avait tout autant indigné les associations bi, parce qu’elle présentait des conclusions allant dans le sens inverse et semblait accuser les hommes bi de n’être que des homos refoulés. A mes yeux, ces deux études sont caricaturales et affligeantes, quand on connaît les travaux beaucoup plus nuancés menés par le sexologue Fritz Klein, dont la grille d’orientation sexuelle, qui affine l’échelle de Kinsey, permet de prendre en compte beaucoup mieux les différents aspects d’une vie sexuelle et sentimentale. A quand un « rapport Klein » basé sur cette grille-là et non sur des tests au porno ? Aux successeurs de l’éminent sexologue, mort en 2006, d’approfondir ses recherches.

Des calamars « bisexuels » et des pingouins « gay » : et la marmotte…

Une étude parue en septembre dans la revue Biology Letters de la Royal society britannique et relayée ici sur maxisciences (merci à Chanterelle du forum bisexualite.info pour le lien !) indique qu’une espèce de calamar, Octopoteuthis deletron, qui se reproduit dans le noir, adopte une stratégie consistant à féconder tous les congénères qui se présentent, tous sexes confondus, sans doute afin d’optimiser les chances de fécondation.

Quel rapport avec les humains bisexuels ? À peu près aucun, mais l’article titre sur les calamars « bisexuels » : je suppose que ça attire mieux le chaland. C’est un peu comme les pingouins « gay », devenus des marronniers des médias : après Harry et Pepper à San Francisco, où Harry, en s’unissant à Linda, fut universellement considéré comme ayant « quitté » son partenaire et comme étant « devenu hétéro » (ah bon ?), ce sont Pedro et Buddy de Toronto qui ont défrayé la chronique cette année. Il faut dire que leur séparation à des fins reproductives n’était pas une idée très fûte-fûte. Mon avis ? Beaucoup d’anthropocentrisme pour pas grand-chose… et du gaycentrisme, surtout, puisqu’après tout rien ne nous dit que ces doux palmipèdes ne sont pas bipolaires.

Mais enfin, comme disait mon oncle atlante, un calamar c’est mieux que rien.

Sciences humaines et statistiques

En France, 3% de la population est bi.

Un sondage publié en juin 2011, cumulant plusieurs enquêtes réalisées par l’IFOP au printemps et portant sur plus de 8000 personnes, donne enfin des chiffres plus précis sur la population LGBT du pays. Parmi les personnes interrogées, 3% se déclaraient bisexuelles. Extrapolé à l’échelle du pays entier, cela donne environ 1,48 millions de bi. Le sondage apporte un constat sociologique sur la population LGB : parmi les personnes qui se déclarent bi ou homos, les hommes sont légèrement surreprésentés par rapport aux femmes, et les gens âgés de moins de 50 ans aussi. Il permet aussi des comparaisons entre les bi et les autres populations LGBT. Ainsi, il n’y a pas de différence entre les bisexuels, les hétérosexuels et les homosexuels en termes de répartition géographique ou de milieu social, ce qui tort le cou aux idées reçues sur le sujet. Les bisexuels sont un peu plus nombreux que les homosexuels à vivre en couple (55% contre 46%) et à avoir des enfants à la maison (24% contre 14%). Je tiens ces chiffres de l’article consacré à ce sondage par tetu.com, où vous remarquerez au passage que tous les titres et sous-titres mentionnent uniquement les homos, même ceux contenant les chiffres spécifiques aux bi (il est vrai que « bi » est un mot très long qui surchargerait les titres…).

Aux États-Unis, les personnes bi sont plus exposées à divers risques sociaux que la moyenne, et les femmes plus que les hommes.

Une étude dirigée par une chercheuse de la George Mason University aux États-Unis et publiée en octobre a montré que d’une part, les adolescents bisexuels des deux sexes sont plus exposés que la moyenne à la dépression, au stress ou à l’alcoolisme ; d’autre part, qu’on constate au fil du temps une baisse de ces risques chez les hommes bi, mais pas chez les femmes bi. J’avais relayé l’information ici même.

Au Canada, les bi  toujours peu à l’aise pour évoquer leur vie sentimentale/sexuelle au travail.

Malgré la réputation d’ouverture du Canada en matière de sujets LGBT, un sondage réalisé par Angus-Reid en novembre sur un peu moins d’un millier d’employés LGBT canadiens et relayé sur BiMedia montre que les bi sont toujours peu enclins à être « out » au travail, nettement moins que les gays et les lesbiennes.

Politique

En plus des quelques actualités spécifiques aux bi (peu nombreuses dans ce domaine, plus propice aux luttes LGBT en général), je mets aussi un coup de projecteur sur un ou deux sujets d’actualité LGBT générale qui m’ont particulièrement marqué cette année.

En France.

Le genre dans les manuels scolaires : la révoltante campagne de dénigrement de l’UMP. Parmi les multiples dégoûts que nous a réservés cette année le parti majoritaire (pour le moment), l’un des plus révoltant est la véritable campagne de désinformation en règle entreprise à la rentrée scolaire de septembre par 80 députés de l’UMP, bientôt soutenus par le porte-parole du parti, puis par 113 sénateurs de droite (heureusement, le Sénat est passé à gauche peu après…). Dans un courrier aux allures de torchon homophobe, biphobe, transphobe et d’une mauvaise foi complète, reprenant largement la rhétorique des associations catholiques réactionnaires, ces députés ont réclamé le retrait des manuels scolaires mentionnant la notion de genre, alors même que ces manuels étaient conformes aux programmes fixés par le Ministère et ne contenaient rien que de très sage sur le sujet.

Ces députés ont volontairement entretenu la confusion entre orientation sexuelle et identité de genre, ils ont réduit les sexualités à des pratiques, et enfin, dans un esprit antiscientifique total, ils ont diabolisé les études sur le genre dans leur ensemble en cherchant à les assimiler aux discours militants. Les mots employés, soigneusement choisis, assimilaient le genre à une « théorie », dans le but avoué de la placer sur le terrain de l’hypothèse voire de la foi, dans une logique identique à celle des créationnistes américains lorsqu’ils veulent condamner la théorie de l’évolution – sauf que le genre n’a rien d’une hypothèse, c’est un concept éprouvé en sciences humaines, qui n’a rien à voir avec les théories qu’on élabore en sciences expérimentales. Bref, tout a été fait pour instiller la peur et le rejet dans l’esprit des Français, pour les désinformer, et pour décrédibiliser des pans entiers de la recherche à des fins purement politiques. Indigne, honteux, vomitif : je n’aurai pas de mot assez fort contre ce qu’ont fait ces obscurantistes. Luc Chatel a heureusement tenu bon, bien que mollement.

Dans le monde.

  • En Inde, une biographie évoquant la bisexualité de Gandhi a déchaîné les passions. La nouvelle a été évoquée par Le Point fin mars 2011. Le livre de Joseph Lelyveld, Mahatma Gandhi and his Struggle with India, évoque notamment la correspondance échangée entre Gandhi et Hermann Kallenbach, un culturiste juif allemand. L’auteur lui-même nie avoir dépeint Gandhi comme bisexuel, mais les quelques éléments prêtant à confusion ont été suffisants pour faire interdire le livre à la vente. Gandhi bisexuel ou non, qu’est-ce que ça change ? En soi, pas grand-chose, mais la controverse peut éventuellement contribuer à délier un peu les langues dans le pays sur ce sujet, qui, comme l’homosexualité, reste confidentiel, bien que l’homosexualité ne soit plus complètement un délit dans le pays et que les associations et défenseurs des droits LGBT y mènent un travail de fond patient. (Merci à gaby du forum bisexualite.info pour avoir relayé l’article.)
  • L’ONU pour les droits des LGBT. En juin, l’ONU a adopté sa première résolution portant sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. À la mi décembre a été publié, conformément à ce que prévoyait cette résolution, le premier rapport de l’ONU sur les violences et discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre dans le monde. Ce sont des avancées importantes, dont même le réalisme le plus pessimisme ne doit pas faire sous-estimer la portée, car ce sont des textes de ce type qui permettent de rassembler peu à peu une communauté internationale autour de ces sujets et de maintenir la pression sur les États dans lesquels les personnes LGBT sont maltraitées ou carrément hors-la-loi. « Les droits des LGBT sont les droits humains » : le slogan est profondément vrai, et il est bon de voir que l’ONU est à la hauteur de ses devoirs pour les défendre et les faire avancer. A cela s’est ajouté un beau cadeau de fin d’année : le discours pro-LGBT d’Hillary Clinton à l’ONU le 6 décembre 2011, où l’on remarque qu’elle mentionne soigneusement toutes les minorités sexuelles et minorités de genre, bisexuels compris.

Militantisme et visiBIlité

Chaque 23 septembre, la journée de la bisexualité fait son chemin en France.

Les bi ont une nouvelle fois célébré la Journée de la bisexualité le 23 septembre. L’association Bi’cause s’est fendue d’un communiqué de presse et a organisé une soirée à Paris. La Yaggeuse bi Prose vous avait raconté cette soirée à Paris ici. À Strasbourg, une soirée de projection-conférence a été organisée à l’Université par l’association Ornithorhynque. Il y a eu des articles dans les médias LGBT (ici sur Yagg). C’est pas encore l’IDAHO, mais on progresse !

Des bi dans Têtu.

Un beau geste de la part du magazine Têtu, qui a consacré un article à la « nouvelle génération bi » dans son numéro d’avril (n°166). On peut en lire quelques extraits ici. Chose étrange, si l’article de la version papier fait très bien son travail avec en plus un esprit bi-friendly remarquable, le chapeau introductif adopté par la version en ligne adopte un ton fleurant bon la biphobie (« Tendance ultra cool ou mode people en vogue ? Sujet de cinéma, comme dans Les Amours imaginaires de Xavier Dolan ? Les bis sont-ils des homos refoulés ? La bisexualité n’est-elle qu’une pratique occasionnelle pour hétéros curieux ? Est-ce une orientation sexuelle assumée ? » Ben oui, patates, faudra le répéter combien de temps avant que ça rentre ?).

Des femmes bi dans Le Figaro Madame en ligne.

En avril, il y a eu un article sur les femmes bisexuelles dans Le Figaro Madame en ligne. Non ? Si. Un article qui distingue bien la réalité de la bisexualité et la pseudo-mode du « bisexuel chic » qui fait rage dans le show-biz et fait plus de mal à l’image des bi qu’autre chose. L’article met bien en évidence les effets pervers de cette mode, qui reconduit des clichés sexistes et une certaine domination des femmes par les hommes. Le tout est du bon travail de journaliste, nuancé et intéressant. Dans Le Figaro. Nooon ? Si, si. C’est même assez rare pour être souligné. Là encore, merci à Chanterelle du forum bisexualite.info pour avoir relayé l’article.

Du n’importe quoi sur les bi dans les médias, épisode n°6413.

Dans la série d’émissions Les Français, l’amour et le sexe, celle du 27 septembre sur M6, Le sexe autrement… tout est permis ! abordait la bisexualité sous le seul angle du cul, à côté d’un « artiste de la drague » et des « sex-friends ». Merci M6, c’est à peine moins consternant que le dossier des Inrocks en août 2010… Non, la bisexualité n’est pas une pratique osée, non, ce n’est pas une perversion soft, non, ce n’est pas une mode, non, ce n’est pas nouveau, ni chic, ni quoi que ce soit de ce genre. On ne parle encore quasiment pas de bisexualité dans les médias généralistes, alors les émissions racoleuses dans ce genre-là qui déforment le sujet et nuisent à l’image des bi, c’est non merci.

Bisexualité et « flexisexualité ».

Nettement moins n’importe quoi, un bon article est paru en février sur le blog « Big Browser » du Monde à propos de la « flexisexualité » des filles (« elles embrassent des filles mais aiment des garçons »). Le sujet a aussi été évoqué sur tetu.com puis en mars par Prose sur son blog d’ici. Ces différents articles expliquent bien en quoi le concept entretient l’image de la femme comme « eye candy » pour des yeux masculins… Quant au mot, surgi de nulle part en quelques mois et promu par un site de rencontre, il ressemble plus à un concept marketing qu’à un classement d’orientation sexuelle réel. Mais peut-on inventer et promouvoir une orientation sexuelle comme un produit ? J’en doute.

Les bi plus visibles sur Yagg.

Publié en mai, le billet de la Yaggeuse bi Prose « Un bi en couple est-il toujours bi ? » a fait partie des dix billets les plus lus sur les blogs Yagg cette année – en dixième position, certes, mais c’est déjà beaucoup ! Bravo à elle ! (J’ajoute que son blog a beaucoup fait pour m’inciter à venir écrire ici à mon tour.) En juin, la Yaggeuse Sophistick a posté un billet bi-friendly et drôle à l’attention des licornes (i.e. les bisexuelles) de Yagg. Il y a quelques semaines, ça a été mon tour d’ouvrir ici un blog sur la bisexualité, et j’ai reçu un excellent accueil de la part des Yaggeuses et Yaggeurs, en ligne et IRL. J’ai même eu l’agréable (et intimidante) surprise de voir mon billet « Pourquoi une communauté bi est nécessaire » relayé en page d’accueil de Yagg et d’y recevoir de nombreux commentaires toujours constructifs… merci à la Rédac’ pour ce geste bi-friendly et aux Yaggeuses et Yaggeurs qui m’ont lu ! J’espère être à la hauteur au cours de l’année qui commence.

Pendant ce temps, au Royaume-Uni…

  • L’association bisexuelle BiPhoria, basée à Manchester, a publié en février un guide de poche à l’attention des personnes bi, « Getting Bi in a Gay/Straight World », qui est librement consultable en ligne et peut être commandé en version papier. C’est un document très bien fait, et je souhaite ardemment qu’il existe un jour l’équivalent en français.
  • Début septembre, c’était la BiCon 2011, la plus importante convention de bisexuels du pays, qui s’est tenue cette année à Leicester. Avec 297 personnes, elle a battu son record de fréquentation, selon BiMedia. Pour information, la BiCon 2012 aura lieu du 9 au 13 août à Bradford (avec possibilité d’être logé sur place, comme chaque année).

Cinéma

La grande production de l’année mettant en scène la bisexualité est sans aucun doute Black Swan, sorti aux Etats-Unis en décembre 2010 et en France en février dernier, où l’héroïne, la danseuse Nina Sayers, incarnée par Nathalie Portman, entretient des relations ambiguës tant avec son maître de danse qu’avec sa collègue et rivale Lily. Comme souvent, la bisexualité offre des ressources incroyables à la fiction, mais, comme souvent, elle est évoquée sans être nommée, ni dans la fiction elle-même, ni dans les critiques qui en parlent. Dommage, même si, en l’occurrence, le film entretient à dessein toutes sortes d’ambiguïtés et de lectures possibles.

Pour plus de choses là-dessus, vous pouvez lire l’avis de YouCCallMeJulie sur le film, ou bien, si vous lisez l’anglais, aller lire l’article que lui consacre Bi Magazine, ou bien le point de vue intéressant d’Alison Walkley sur Gather, qui remet le film en perspective par rapport aux représentations de la bisexualité dans la fiction en général (cinéma, séries…).

Séries TV

Quels grands personnages de bi avons-nous pu voir à l’écran cette année ? (Attention spoilers !)

Torchwood

S’il a déserté la très britannique série de science-fiction Doctor Who pour le moment, le célébrissime Jack Harkness crève toujours l’écran dans Torchwood. Rappelons que ce fringant militaire, incarné par John Barrowman (star du show-biz et icône gay outre-Manche), a été voyageur spatio-temporel et est devenu immortel (il ressuscite chaque fois qu’il se fait tuer) depuis quelques années, à savoir dès le final de la saison 1 de la nouvelle mouture de Doctor Who. Devenu le personnage principal de Torchwood, spin-off de Doctor Who, Jack Harkness y dirige une équipe d’agents secrets de la Couronne chargés de se coltiner tout ce que l’Angleterre accueille d’extra-terrestres et autres entités d’outre-espace ou d’outre-temps plus ou moins bien intentionnées.

Harkness, dès ses premières apparitions, a été présenté comme bisexuel, mais il est couramment défini par les créateurs de la série comme pansexuel, voire omnisexuel, car il flirte indifféremment avec tout ce qui bouge, tous sexes, genres et… espèces confondues. Les cinq épisodes de la saison 3 ont été diffusées sur NRJ 12 en août. Début septembre, la diffusion en prime time (21h) par la BBC d’un épisode contenant une scène montrant Jack au lit avec l’un de ses amants a suscité des plaintes à caractère homophobe et/ou pudibond, auxquelles la BBC a opposé une complète fin de non-recevoir avec la plus louable dignité.

Lost Girl

La série fantastique américaine Lost Girl a accueilli un personnage de bisexuelle en la personne de Bo, dont la saison 2011 a confirmé la double attirance, comme vous en parlait YCCallmeJulie début novembre. EDIT : Bo est une succube qui se nourrit d’énergie sexuelle. Voilà. Ça manquait.

Grey’s Anatomy

Dans Grey’s Anatomy, Callie Torres (incarnée par Sara Ramirez), d’abord mariée à un homme, se découvre aussi une attirance pour les femmes et vit une histoire d’amour avec Arizona Robbins. Sara Ramirez évoquait la bisexualité du personnage dans une interview sur Yagg en août.

Voilà pour cette année 2011 riche en événements et en découvertes. Souhaitons que 2012 aille plus encore dans le sens de la visiBIlité ! Bon début d’année à toutes et à tous 🙂

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13 réflexions sur « Ce qu'a été 2011 pour les bi »

  1. très bons articles quant aux bi dans ma vie je n’en ai pas rencontré beaucoup à ma connaissance à part les mecs mariés qui n’assument pas mais qui adorent le sexe, et qui ont mal à la tête lorsqu’ils rentrent à la maison

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  2. ou FtMpanVegan : TÊTU est très ciblé gay et hommes, c’est tout, il a déjà du mal de faire passer de la visibilité lesbienne, alors pour la bi, la trans et l’inter, on oublie??
    Pour avoir déjà lu plusieurs numéros de TÊTU, c’est assez évident de voir à quel point il est ciblé gay et un point c’est tout !
    Même qu’une fois, encore pire, la rédac s’est excusée d’avoir mis une femme en première de couverture de magazine une femme (Mylène Farmer) : mon Dieu, mais c’est atroce de mettre une femme en première de couverture du magazine TÊTU, ah non, décidément, ça ne passe pas !!
    (Sarcasme.)

    [D’ailleurs TÊTU est cité plus loin dans cet article…]

    A la toute fin, il y a évocation des omnisexualités ou des pansexualités, mais enfin, attention à ne pas confondre les 2, mais je sais bien que c’est plutôt la série télévisée dont vous parlez qu’il le fait (j’en crois vos écrits) : être bi, cela implique être attiré-e et par les hommes et par les femmes, or, être omni ou pan implique d’être attiré-e par les hommes, les femmes, les bi, les trans, les inter etc, toute entité qui est humaine; cela ne s’étend pas, factuellement aux autres espèces.

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