"Coming out" de Mika : les étiquettes et la biphobie contre-attaquent

L’histoire de Mika et des médias dit énormément de choses sur la persistance des discriminations que subissent les minorités sexuelles aujourd’hui encore, les gays comme les bi.

Sa récente déclaration dans une interview à paraître en septembre, où il s’identifie comme gay, a suscité toutes sortes de réactions, pas toutes spécialement fûte-fûte, comme l’explique Xavier Héraud.

Mais il y a autre chose à dire là-dessus. Un point de vue bi sur la question, vous vous en doutez.

Rembobinage

Commençons par un petit rembobinage. En 2008, le magazine Out titre en couverture : « Mika: Gay/Post-Gay/Not Gay? », et l’article vaut au chanteur d’être accusé par certains de ne pas vouloir déclarer ouvertement qu’il (ou s’il) est gay. Dans une interview au même magazine fin janvier 2008, Mika déclare vouloir parler de sa sexualité sans utiliser d’étiquettes (« labels« ).

Le 23 septembre 2009, dans une interview à Bay Windows, Mika réitère presque le même genre de déclarations, à une petite nuance près : il accepte un peu une étiquette… celle de bisexuel. « I’ve never ever labelled myself. But having said that; I’ve never limited my life, I’ve never limited who I sleep with… Call me whatever you want. Call me bisexual, if you need a term for me… » (Source : Wikipédia anglophone, section « Early life » et note 17.)

Même discours quasiment dans une interview au Standard Evening le 11 mars 2010. Je cite deux passages de l’article, parce que je voudrais en profiter pour vous montrer quelque chose :

True to his policy of maintaining ambiguity about his sexuality, he won’t tell me if his last lover was a man or a woman, just that he had to leave them because they were ‘undermining’.

(…)

His name was chosen because it was ambiguous; it could belong to someone of any gender, from any country. Perhaps his studiedly ambiguous sexuality is also a clever PR choice. Is he simply being careful not to alienate his teenage girl fan base, in the tradition of our finest boyband members? Those were my cynical thoughts until I met him and heard him talk about love, about which he seems genuinely confused. He is single and claims to be going through something of a drought. ‘Love? I don’t know if it’s an option for me, really. I consider myself label-less because I could fall in love with anybody –literally – any type, any body. I’m not picky.’ That makes you sound easy, I say. ‘Ha!’ he laughs. ‘It’s not proving easy, it’s proving very hard. I’m a very bad flirt, I just don’t know how. And if I do like somebody, it almost never works. I don’t get hit on very often at all. Maybe it’s because I look like a bit of a bastard. But I’m too much in the moment to be arrogant. I hate people who rest on their laurels.’

Besoin d’une traduction ? Mika affirme : « Je me considère hors labels parce que je pourrais tomber amoureux de n’importe qui, littéralement, n’importe quel type, n’importe quel corps. Je ne suis pas difficile ». Réponse du journaliste : « Tu as l’air d’un mec facile quand tu dis ça ».

On est en plein cliché du bisexuel comme… ben, comme type facile, justement. Le fait de POUVOIR sortir avec une plus grande variété de gens est confondu avec le fait de VOULOIR sortir avec plus de gens tout court. Un peu comme si vous me disiez que vous savez parler dix langues différentes et que je vous répondais : « Wouah, tu dois être horriblement bavard! » Vous trouveriez ça logique ?

(Appréciez « accessoirement » le soigneux mélange de réprobation et d’humour pour faire passer la pique sur le mode « maaaaaaisaaaah on rigoleuuuh ». Oui mais non.)

Bref, et nous en arrivons donc au 3 août dernier, où une avant-première d’une interview à paraître en septembre dans le magazine Instinct révèle la dernière déclaration de Mika : « Yeah, I’m gay« .

Tout le monde titre donc : « Mika fait son coming out« .

Et c’est là que je dis non.

Mika avait DÉJÀ fait son coming out

Pourquoi non ? Parce que Mika avait déjà fait son coming out. Et cela dès 2008, en déclarant puis en répétant publiquement, dans ses interviews, qu’il ne voulait pas utiliser d’étiquette et qu’il se sentait capable de tomber amoureux et de coucher avec n’importe qui, façon très ferme de montrer qu’il ne s’enfermait pas dans la catégorie « hétéro ».

Si vous ou un de vos amis publiait ce genre de déclarations dans un magazine, je ne sais pas comment vous appelleriez ça. Moi, j’appellerais ça un coming out.

Et c’est là – encore une fois, en reprenant toute l’affaire au ralenti et en réfléchissant aux détails – qu’on voit à l’œuvre toutes sortes de mécanismes d’oppression. De la part des hétéros… et de la part de la communauté gay. Avec un jeune chanteur au milieu qui est supposé coupable de toutes sortes de mensonges, simplement parce qu’il est un personnage public et qu’il ne gagne pas trop mal sa vie (à ce que j’ai cru comprendre).

Les choses sont compliquées, mais c’est normal : tous nos vieux ennemis favoris sont là ! Regardez :

L’homophobie. Je ne vous la présente plus. Patente, gluante, sournoise. Le contexte général, c’est ça. Un personnage public, dans le monde du show-biz, qui fait des déclarations louches sur sa vie intime, ça n’est pas si facile que ça. Moins en 2008 qu’en 2012, d’ailleurs, je pense (l’ouragan Gaga était encore très loin d’avoir pris son essor). Donc, Mika ne peut probablement pas se permettre de raconter n’importe quoi publiquement le cœur léger. En revanche, il en parle dans ses chansons, mais ça ne dit rien sur sa vie privé.

Le problème, c’est que ça se retourne aussitôt contre lui. Deux spectres – non, attendez, trois spectres – entrent en scène :

Le spectre de l’homo refoulé, qui avance main dans la main avec notre plus cher ennemi le gaydar, grand renforceur de clichés. Mika est mignon ? Il est gay ! (C’est vrai que tous les gays sont mignons, c’est connu. Et puis, à 26 ans, on est supposé être moche et pas sexy, c’est connu aussi.) Il s’habille avec des couleurs vives ? Over gay ! (Les gays en costard cravate, ça n’existe pas, et d’ailleurs dans le show-biz on ne s’habille jamais avec des couleurs vives.) Il chante avec une voix aiguë ? Super gay ! (Tous les gays ont des voix de fillettes, connu aussi : revoyez La Cage aux folles, ce documentaire neutre et pertinent sur l’homosexualité contemporaine.) Il fait des gestes affectés avec les mains dans ses clips ? Hyperhyper gay ! (Et les hétéros,  vous avez vérifié ? Vous devriez : ils en font aussi…) Il s’entend super bien avec les filles ? Hypra gay ! (Hein, quoi ? si si, ne niez pas, vous avez déjà tenu ce genre de raisonnement…) Conclusion de ces analyses à la rigueur intellectuelle inattaquable : Mika est sûrement un homo refoulé. S’il ne dit pas la vérité sur sa sexualité, c’est qu’il a honte, qu’il a peur, qu’il est victime d’homophobie intériorisé, etc. C’est vrai, il a publiquement dit des trucs qui font que tout le monde sait qu’il n’est pas hétéro, mais à part ça c’est un lâche.

Le soupçon du « bisexuel chic ». Et plus précisément le spectre du bisexuel marketing, qui arrive dans une odeur de soufre, des billets pleins les poches, avec ses petites cornes en plastique et sa barBIche postiche. Il est là pour se faire des sous en se faisant passer pour un Rebelz à bon compte. Bouh, pas bien. D’accord, je ne dis pas que ça n’est jamais fait, bien au contraire. Il faudrait se demander si c’est si horrible pour la cause des gays et des bi, mais c’est une question complexe et ça nous éloignerait du sujet. Mika, chanteur encore à ses débuts, avait-il vraiment intérêt à mettre en place une stratégie pareille pour se faire connaître ? A-t-il pu le faire avec l’aval de sa maison de disques ? Je n’en serais pas si certain… Mais une chose est certaine : dès lors qu’on pense en ces termes, Mika n’a tout simplement plus de vie personnelle. Il devient aux yeux de la communauté LGBT une pure créature du capitalisme rampant, ce qui empêche complètement de garder les yeux ouverts aux trucs autres que l’argent qui pourraient le motiver ou le retenir aussi.

Et j’ai gardé pour la fin les deux dernières hydres du lot, qui vont main dans la main aussi :

La biphobie et sa compagne omniprésente l’invisibilisation des bi (et plus généralement de tout ce qui n’est pas monosexuel). La biphobie franche et crasse, on en a vu un puant exemple ci-dessus avec l’interview du Standard Evening. Mais c’est avant tout sa forme la plus sournoise, à savoir la négation pure et simple d’identités autres que les sacro-saintes catégories hétéro/homo, qui est à l’œuvre dans cette affaire.

Dans toute cette histoire, c’est comme si on n’avait jamais pris Mika au sérieux. Il dit : « je ne veux pas me limiter aux étiquettes », il dit : « si vous voulez me coller une étiquette, appelez-moi bisexuel », on répond : « Il est gay, il ne veut pas le dire ». Peu importe ici qu’il soit gay ou non finalement : ce qui compte, et qui me révolte, ce sont les réactions des gens (notamment mais pas seulement dans les médias, généraux et LGBT). C’est tout simplement scandaleux. Quand quelqu’un parle, peu importe qui, il faut prendre au sérieux ses paroles. La façon dont une personne se définit elle-même est la base de son identité. Tout le monde se tue à le dire, notamment pour les trans, mais toute une partie des gays n’est même pas fichue d’appliquer ça au quotidien. Homo refoulé ? Homophobie intériorisée ? Ce n’est pas votre problème, et ce n’est certainement pas une raison valable pour réagir avec des accusations. On ne colle pas une étiquette aux gens sans prendre en compte ce qu’ils disent sur ce qu’ils sont. C’est ce qu’on nous a fait trop longtemps, qu’on fait encore beaucoup trop, alors ne faisons pas la même chose !

Au fond, ce que montre ce concert d’articles titrés « Mika fait son coming out » et ces réactions narquoises sur le mode « On n’est pas du tout surpris, on le savait déjà », c’est qu’au fond le premier coming out de Mika, qui était un coming out de bi ou de queer qui refusait en bloc les catégories, n’a jamais vraiment été pris au sérieux. C’est de la biphobie, et c’est… de la queerphobie, si vous voulez. C’est la preuve en tout cas que tout ce qui n’est pas monosexuel (homo ou hétéro) est encore largement refusé au sein de la communauté.

Et des gays qui ne supportent pas le queer, c’est grave.

La dernière chose qui me révulse dans les réactions à ces déclarations de Mika, c’est le fait – typique de l’époque actuelle dans ce qu’elle a de débectant – qu’on donne à pleine tête dans l’essentialisme. Personne, absolument personne n’envisage jamais qu’il a pu se passer des choses dans la vie du chanteur entre 2008 et 2012 (quatre ans, quand même !). Le coming out est une révélation de la vérité intime et éternelle de la personne, qui a valeur rétroactive : tout ce qui a été dit auparavant était faux, soit parce qu’il y avait refoulement, soit parce qu’il y avait mensonge ou silence calculé. Mika dit en 2012 qu’il est gay : il en résulte qu’il a toujours été gay devant Dieu, de toute éternité, sans évolution possible.

Eh bien non, non et encore non, c’est une façon de penser stupide, oppressante et primaire. Ce que Mika est, c’est à Mika de le dire, s’il en a envie. Mais par pitié, concevez le fait que Mika a peut-être changé. Les gens changent. Le temps existe. La nature d’une personne n’est pas gravée dans le marbre. Le seul truc qui est en marbre gravé, c’est la pierre tombale (et encore, il faut avoir les moyens).

« Bi et pas sérieux s’abstenir »

Entendons-nous bien : il est tout à fait possible qu’on soit dans le cas d’une personne qui s’est toujours conçue comme homosexuelle, mais qui avait peur des réactions homophobes, et a donc commencé par se déclarer bisexuelle ou sans étiquette, puis a pris confiance et a enfin osé révéler son homosexualité. Cela arrive encore souvent, cela arrivera encore à l’avenir, j’en ai peur.

Ce que je voudrais, c’est que cela arrive de moins en moins. Car cela renforce le cliché collant du « bi maintenant, gay plus tard » qui fait énormément de mal aux gens qui s’identifient comme bi. Si, dans le cas présent, Mika a utilisé l’étiquette bi comme camouflage temporaire, on ne peut pas lui en tenir rigueur – ce n’est pas moi qui le ferai, en tout cas – car le contexte général est assez homophobe pour expliquer ce genre de tactiques. Mais j’aimerais qu’on ne généralise pas ça à tous les bi. « Bi » n’est pas un alibi et ne doit pas être un alibi.

Bien sûr, la lutte contre l’homophobie doit permettre aux gens qui s’identifient comme gays de le faire publiquement en toute confiance.

Mais dans le même temps, il est urgent de perdre les réflexes dualistes qui amènent encore tant de gens à tout réduire aux deux seules catégories « homo » et « hétéro ». Et c’est là-dessus que j’insiste, car c’est cet enjeu-là qui semble encore méconnu de trop de monde. Non, ce ne sont pas les seules étiquettes possibles. L’identité bisexuelle est une identité à part entière. L’identité « je refuse les étiquettes » devrait en être une également, autant prise au sérieux que les autres.

Visiblement, Mika avait raté son premier coming out : toute une partie des gens n’avait pas enregistré qu’il était « hors labels ».

Terminons pas une anecdote. Au moment de la sortie du film Kaboom de Greg Araki, dont le héros est un mignon jeune homme qui a des rapports avec des gens des deux sexes mais dit refuser de se limiter à une étiquette – exactement comme Mika entre 2008 et 2012 -, un chroniqueur radio avait eu le culot de dire que le héros du film était « hétérosexuel ». Si si. Il fallait le faire. J’avais râlé contre. Là, j’observe le cas exactement inverse, mais de la part de la communauté LGBT : quelqu’un dit refuser les étiquettes, et tout le monde prend ça comme une dérobade temporaire de la part d’un gay.

Mais allez, Mika est vraiment gay. Quel soulagement. Tout rentre dans l’ordre. Dormez, braves gens, vous aviez raison.

Pour une personne.

Bienvenue dans le monde des bi et des non monosexuels, l’univers où personne ne vous prend au sérieux…

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33 réflexions sur « "Coming out" de Mika : les étiquettes et la biphobie contre-attaquent »

  1. Excellent article sur la question. Je suis heureux que le coming-out gay (pour ma part, j’ai l’impression qui Mika a fait deux comig-out) récent de Mika ai pu soulever autant de débats.

    J’ai particulièrement apprécié cette comparaison que j’ai trouvé très juste: « On est en plein cliché du bisexuel comme… ben, comme type facile, justement. Le fait de POUVOIR sortir avec une plus grande variété de gens est confondu avec le fait de VOULOIR sortir avec plus de gens tout court. Un peu comme si vous me disiez que vous savez parler dix langues différentes et que je vous répondais : « Wouah, tu dois être horriblement bavard! » Vous trouveriez ça logique ? »

    Il est grand tant qu’homo et hétéro puisse accepter la bisexualité comme étant une orientation sexuelle au même titre que l’homosexualité ou l’hétérosexualité. Au final, tout n’est qu’une question de préférence. Si certain préfère les femmes: tant mieux, si d’autre préfère les hommes: tant mieux et si un dernier groupe préfère les deux: tant mieux aussi.

    Il faut arrêter de penser que les bisexuels ne sont que des indécis ou je ne sais quoi d’autre. Arrêtons aussi de dire que les hétéro et les homo sont des bisexuels refoulé, c’est tout aussi faux que la phrase précédente. J’ai la sérieuse impression d’assister à une guerre de légitimité, comme pour s’approprier les lauriers de la sainte sexualité. Pour ma part je suis gay à 100% et je considère que les homo, les bi et les hétéro sont légitimes, que ce n’est ni une histoire d’indécision, ni une histoire de refoulement.

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  2. Tout pareil, en se disant bisexuel Mika avait déjà complètement confirmé être attiré par les hommes, ce qui est justement l’information qui était attendue de ceux lui demandant un coming out. La seule différence qu’apporte son nouveau « coming out », est le fait qu’il n’est pas particulièrement attiré par les femmes, ou encore que cela n’a aucune importance s’il est dans une « relation avec un homme » (je cite la traduction de son interview présente ici : http://egalitedesdroits.yagg.com/2012/08/03/mika-oui-je-suis-gay/ ).

    Bref je me suis moi même senti parfois insulté par toutes ses personnes qui assimilent sans se poser de questions le fait de s’affirmer bi et le fait de ne pas assumer son attirance pour les personnes du même sexe.

    Merci à toi pour cet article 😀

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  3. BRAVO, et merci pour cet article !!!
    Au delà l’histoire de ce chanteur force est de constater que beaucoup de gens sont incapables de concevoir que la bisexualité est une orientation à part entière comme peuvent l’être l’hétérosexualité ou l’homosexualité, ils pensent que ça ne peut être qu’une passade ou un « camouflage », pour eux on est obligé de choisir un camp un jour ou l’autre… Et la « communauté » LGBT est bien loin de montrer l’exemple en matière de tolérance des bi. :/

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  4. ce qui est marrant chez les adeptes de la bien-pensance universel,c’est qu’ils se permettent ce qu’ils refusent au autres.a savoir la liberté d’avoir sa propre opinion.tout le monde doit rentrer dans le moule imaginaire et utopique des fans du patchoulis et des petits poneys;qui s’imagine que les illusions de la moralité sont des autoroutes de la vie qu’il faut suivre sagement et aveuglement sans penser par soi même.alors que la nature même de l’homme est a la fois bonne et vile,sauvage et docile tel l’animal qu’il est (au sens propre). ces gens font lois de la morale et nient leur instincts qui pourtant reflètes la vrai condition humaine tel que la nature l’a crée.les homophobes n’aime pas les homo?? qu’est ce que ça peux leur faire???..les homophobes n’aime pas les homos?? qu’est ce que ça peux VOUS faire???..aussi fausse et bête soit elle,l’opinion personnelle est sacrée pour tout a chacun.et si ces gens veulent que les homophobes accepte leur homosexualité ils devraient déjà accepter que d’autre désapprouve.car dans cette situation ceux qui reproche aux autres de les haïr ne se gênent pas pour haïr ceux qui ne pensent pas comme eux.

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  5. Très intéressant ce que tu dis.

    Je me pose la question : se revendiquer comme bisexuel ou se revendiquer comme « sans étiquette », est-ce la même chose ?

    De plus, pour prendre la défense des « monosexuels » : c’est déjà difficile de concevoir la bisexualité, ça l’est d’autant plus lorsque les « bisexuels » ne se revendiquent pas bisexuels mais ont des propos compliqués « je ne me définis pas, je ne rentre pas dans une case », propos qui sonnent facilement comme « je n’ai pas besoin d’une case moi, ceux qui s’enferment dans une case sont étroits d’esprit »…
    Je ne dis pas que c’est ce que Mika a voulu dire, je dis juste que c’est ce que des gens ont pu entendre.

    Mais on en revient toujours à la même chose, de l’oppression et du rejet pour les groupes moins représentés… homos oppressés par les hétéros, bis soupçonnés d’être des homos refoulés, flexis déclarés comme hétéros qui s’amusent quand ils ont trop bu…

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  6. Pareil. Du particulier au général, on peut aussi se baser sur cette expérience : un ami de mon âge (39 ans), qui ne se définit pas de label, justement. Au long de sa vie, il a d’abord fait sa vie avec la mère de ses enfants, puis avec un homme, et récemment avec une femme. Il s’est vu féliciter pour son « retour au droit chemin » par des hétéros, avec au passage un « c’est mieux pour tes [3] fils ». Et presque tous ses potes gays le traitent de traitre…

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  7. Silvius, je suis plutôt d’accord généralement avec toi, mais là je pense que tu fais erreur.

    En effet, la déclaration de Mika « Call me whatever you want. Call me bisexual, if you need a term for me. » a été récusée… par Mika lui-même, qui a dit que les propos choisis par le magazine néerlandais en 2009 (couverture : « Call me bisexual ») ne reflétaient pas la véracité de son propos.

    Il ne dit pas « I am bisexual » mais « Call me bisexual » : c’est très différent ! En fait, c’était une simple réponse pour se débarrasser de la question, et non pas une définition de soi. Comparer « Call me bisexual » (2009) et « If you ask me am I gay, I say yeah » (2012) : ce n’est pas du tout la même chose.

    Refuser les étiquettes et les catégories, c’est bien beau et personne n’est contre, mais c’était l’un des principaux arguments utilisés dans les années 80 et 90 pour ne pas dire « je suis gay ».

    Pour avoir une opinion au sujet de quelqu’un, on est bien obligé de se fier à ce qu’il raconte : or, là, Mika fait clairement un coming out gay, tandis que ses déclarations sur la bisexualité ont toujours été très floues, et l’explication la plus logique est simplement qu’il est gay (comme il le dit lui-même actuellement) et qu’il a brandi la bisexualité comme un moyen de protection (alors qu’il aurait mieux fait de dire les choses clairement directement, mais ça dépend de la liberté de chacun).

    C’est justement parce que la bisexualité est une orientation sexuelle réelle et à part entière qu’il ne faut pas la chercher là où, apparemment, elle n’est pas.

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    1. @Numa Numantius : Argh, j’espère que mon article n’était pas confus à ce point… Je n’ai jamais voulu dire que Mika était « en réalité » bi, hein 🙂 Comme je le dis à la fin, il est plus que probable qu’il a simplement eu besoin de temps pour prendre de l’assurance. Ce qui me gêne dans cette histoire (et visiblement je ne suis pas le seul), c’est la façon dont cette évolution a été traitée dans pas mal de médias et reçue par pas mal de gens. Il y a eu une pression énorme pour l’obliger à trancher entre homo ou hétéro, et à partir du moment où il a lâché un « je n’aime pas les étiquettes », tout le monde a continué à l’attendre au tournant en se disant qu’il allait bien finir par se dire gay.
      Encore une fois ce n’est pas le résultat qui compte ici, c’est la façon dont on y parvient. Si tout le monde avait accepté sans problème que Mika dise « je suis sans label », je n’aurais pas eu de problèmes avec tout ça. Mais là, personne ne l’avait pris au sérieux.
      Alors d’accord, une partie des gens utilisent ce genre de déclarations comme écrans de fumée. Maintenant qu’on a cette nouvelle interview, c’est facile de justifier a posteriori la pression qu’on a mise sur Mika « puisque finalement il est gay ». Mais comment pouvait-on savoir ? Comment pouvait-on prétendre savoir mieux que lui ce qu’il était ? Pourquoi toute cette pression, tous ces commentaires narquois « on le savait déjà » ? Non, on ne le savait pas. Ou alors c’est qu’on ne l’avait pas écouté. Et pourquoi dire « il fait son coming out » ? Non, il en avait déjà fait un, là c’est son deuxième (ça doit être rude, d’ailleurs).
      Les réactions aux déclarations de Mika ne font que mettre en évidence, de façon hyperbolique et caricaturale, le genre d’oppression (et de pression) qu’on fait peser sur les gens qui refusent d’entrer dans les catégories homo/hétéros. Ça ne peut que m’inquiéter.

      @sylvainj: « Je me pose la question : se revendiquer comme bisexuel ou se revendiquer comme « sans étiquette », est-ce la même chose ? » Vaste question. Par défaut je fais la distinction (j’ai essayé de rester clair là-dessus dans l’article), parce que si les gens ont recours à des identités différentes, c’est qu’ils voient une différence. Là, ça touche aussi à la différence entre les pratiques d’une personne et l’identité sociale qu’elle a envie d’endosser. J’ai un certain nombre d’amis qui ont des pratiques de fait bisexuelles mais qui n’utilisent pas le mot « bisexualité » pour définir leur vie sentimentale/sexuelle. Ils ne sont pas non plus hétéros. Ils sont sans étiquette. Et puis il y a aussi les gens qui, volontairement, refusent les cases, avec d’excellentes raisons (c’est là qu’on tape dans le queer).
      D’accord avec toi sur la difficulté de concevoir autre chose que la monosexualité quand on n’a jamais vécu une double attirance. Ne pas savoir, ce n’est pas un problème, du moment qu’on respecte les autres… et là j’ai l’impression que ça n’a pas été le cas.

      @terence et philip : à ma connaissance, aucun homophobe ne s’est jamais fait tabasser à la sortie des bars, alors avant de parler de « haine » de la part des LGBT envers les homophobes, ça peut être cool de réfléchir deux minutes et de garder le sens des réalités… Quant à la liberté d’expression, c’est un droit fondamental, mais il y a aussi « égalité » et « fraternité » dans la devise républicaine et il y a des raisons pour ça. Et je rappelle que l’incitation à la discrimination, à la haine ou à la violence, elle, est interdite par la loi. Je ne suis pas du genre à traiter les gens de sales homophobes, parce que ça ne fait pas avancer les choses et parce qu’il y a toutes sortes de raisons pour avoir du mal à comprendre et à accepter l’homosexualité et les autres minorités sexuelles… mais rien ne justifie qu’on leur refuse leurs droits fondamentaux d’êtres humains. Sur ce, retour au sujet précis de l’article, merci.

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  8. @sylvainj: je crois qu’une partie du problème vient du fait qu’il n’y a pas de définition claire dans laquelle tous les bis se reconnaissent.

    Je pense que la plupart des homos se retrouvent dans « homme qui aime les hommes » et « femme qui aime les femmes ». Mais si certains bis peuvent se définir par « qui aime les hommes ou les femmes », pour une partie d’entre nous cela ne correspond pas à ce que l’on vit, parce que, justement, le point principal c’est qu’on ne fait pas de distinction de genre aussi marquée. D’où la valse des étiquettes, queer, pansexuel, bi…

    Et merci pour cet article Silvius, il exprime très exactement ce que j’ai ressenti en lisant toutes ces réactions dans la presse.

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  9. Il y a, au sein de la rédaction de Têtu.com, un ou plusieurs puants abrutis.
    Illustration sur ce sujet :
    « Il y a les coming out surprenants […] et puis il y a les autres, plus hésitants, plus laborieux, comme celui de Mika. Après s’être longtemps défini comme bissexuel, le chanteur assume enfin pleinement et publiquement sa sexualité!
    Dans un grand entretien accordé à TÊTU en 2009, le créateur de Grace Kelly avouait se sentir «constamment harcelé par la presse» sur la question de sa sexualité. Et quand on lui posait directement la question de son orientation sexuelle, il bottait en touche: «Au-delà de savoir si je suis homosexuel ou hétérosexuel, je préférerais qu’on aborde le concept de genre dont on ne parle pas assez à mon avis. (…) Je ne veux pas me limiter à une question aussi arbitraire, je veux conserver ma liberté.» À 29 ans, Mika s’est enfin libéré. »

    Ouahh ! Comme on est content ! Il « assume enfin » ! Il « avoue » ! Il est « enfin libre » !

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  10. Pour ma part, je trouve que cet article pue.. vous vous mordez la nouille pour des broutilles : que Mika soit hétéro, bi ou gay, on s’en bat royalement les steacks. Depuis quand les attirances sexuelles déterminent une personne ? On a enfin réussi à faire comprendre aux gens qu’un être humain ne s’identifie pas seulement grace à son job, ce qu’il fait dans la vie.. et il faudrait aussi remettre les pendules à l’heure sur la sexualité.
    Ce type chante bien, il sort des disques et s’il a envie de se taper une grand-mère après sa tournée, il n’y a rien dans la loi qui lui interdit si mamie est conscentante. J’en viens donc à la conclusion ; laissez pèter les gens (et surtout.. surtout, ne rentrez pas dans leur jeu !)

    Exit les prises de tête. Plus vous apporterez de l’importance à ce genre de détails (et d’interviews à la c. que personne ne lis sérieusement) et plus les choses bloqueront, plus on développera des polémiques-ras-la-moquette, que-guerre des idéaux qui ne débouchent sur rien et tout l’attirail. Pourtant, être ambigûe et sous-entendre des choses, c’est l’apanache des journaleux, que ce soit politique ou le reste. On sous-entend que Sarko est un bizness-man qui s’en met plein les fouilles et que Hollande ne fout rien. Et ça énerve les gens qui lisent les articles.

    Bref, rien de nouveau sous le soleil. Pas de quoi fouetter un chat.

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    1. @Gaga : Heu, je suis pas journaliste, moi, c’est un blog ici… faut lire les chapeaux au-dessus des articles.
      http://biplan.yagg.com/a-propos/
      Et je ne suis pas entièrement d’accord avec toi.
      Je suis d’accord sur le fait que l’orientation sexuelle-sentimentale de Mika ou d’un chanteur en général, on s’en fiche. Ou plutôt, dans l’idéal, dans quelques années, ça pourra n’avoir plus d’importance.
      Mais ce que j’essaie de montrer dans ce billet, c’est que la façon dont elle est traitée dans les médias et reçue par les gens révèle pas mal de choses, pas toutes spécialement glorieuses par rapport à l’image de tolérance universelle qu’on se colle un peu trop facilement dans la communauté LGBT. Ça vaut la peine de s’y arrêter une minute, à mon avis.
      Après, tu as le droit de trouver que ça tient du détail. Mais souvent, les discriminations, les mécanismes insidieux du genre sexisme, homophobie, occultation de la bisexualité, etc. se logent dans les détails de ce genre…

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  11. J’avais du mal à mettre des mots sur toute cette histoire avec Mika, son traitement par les médias et les réactions des gens (LGBT ou non).
    Je suis contente que tu ais écrit cet article, car il décrit exactement ce que je ressentais sans réussir à l’exprimer clairement.
    J’apprécie aussi que Yagg l’ait mis en avant. Je pense que c’est un bon exemple de ce à quoi on se retrouve souvent confronté en tant que bi. J’espère que ça fera réfléchir du monde 🙂

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  12. Article très intéressant mais je rejoins @Numa Numantius pour dire que les deux déclarations de Mika sont très différentes. Ce qui est dommage, cependant, c’est de voir que certain-e-s se « réfugient » dans la bisexualité pour ne pas dire qu’ils-elles sont homos. Et du coup, cela rend très difficile le coming-out des bis.

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  13. « Les gens changent. Le temps existe. La nature d’une personne n’est pas gravée dans le marbre. »

    Le probleme de ne pas considerer la nature d’une personne comme gravée dans le marbre, qu’elle puisse changer, est justement qu’il y a des facteurs ou des événements qui puissent la faire changer.

    Cela malheureusement rend la theorie de « On n’est pas né gay/bi, on le devient » a peu près valide. Ou plutot que meme si on nait gay/bi, on peut devenir hétéro.

    Si on ne considere pas « qu’il a toujours été gay devant Dieu, de toute éternité, sans évolution possible. » alors il n’est pas gay « naturellement », il l’est parce que son style de vie ou ses rencontres ou ses experiences l’ont change de bi a gay. Et dans ce cas qu’est ce qui empecherait de penser que son passe l’avait change d’hetero a bi ? :/

    Personnellement je trouve que meme si c’est faux, il vaut mieux au moins officiellement dire que oui c’etait un gay qui s’ignorait, car il est deja suffisamment difficile de convaincre les gens qu’etre bi ou gay est normal si c’est naturel et inchangeable, alors pensez donc leur expliquer que ce n’est pas un choix mais que des experiences peuvent le faire changer « d’avis »…

    Je ne defend pas l’homophobie ou la biphobie ou autre, mais autant eviter de leur donner des arguments… 😦

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  14. encore une manifestation de l’outing implicite
    une personne qu’elle soit hétéro bie ou gay/lesbienne
    n’a aucune obligation marquée dans le marbre de le dire
    en quoi ça fait avancer les choses
    j’aime mika pour ce qu’il est mais ce qu’il fait de lui sexuellement
    c’ezst sa vie intime
    et je m’en fous
    et la biphobie de la part des gays et lesbiennes est hélàs encore de mise
    faut arreter de croire que homo egale mec ou nana cool et tolerant faux
    ya son armee de cons
    globalement foutons la paix à nos vies intimes et nos culs

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  15. @silvius : tu parles du « genre d’oppression (et de pression) qu’on fait peser sur les gens qui refusent d’entrer dans les catégories homo/hétéros ».

    Mais c’est plus compliqué que ça : en réalité, avant (ou en parallèle de) cette pression-là, il y a une autre pression : celle qui pousse à cacher qu’on est gay, lesbienne ou bi.

    Et, dans le cas de Mika, il est clair, si l’on s’en tient à ses propres propros, qu’il a été victime de cette seconde pression : cacher son homosexualité, et ne pas pouvoir parler (même d’un mot), à l’inverse de toutes les stars hétéros dans les magazines people, de sa vie sentimentale, amoureuse, etc.

    Dans ton raisonnement, tu as l’air de dire qu’il était libre en parlant de son refus des étiquettes, et qu’il a été victime d’une pression qui l’a obligé à dire qu’il est gay.

    En réalité, c’est l’inverse : il était prisonnier d’une pression homophobe et biphobe latente, qui l’a poussé à dire « je n’aime pas les étiquettes » pour éviter de dire qu’il est gay, et maintenant il se sent libre de parler de son orientation sexuelle (il se dit dorénavant « à l’aise avec sa sexualité »).

    Moralité : le coming-out de Mika est une bonne nouvelle pour tout le monde, car il montre une personnalité médiatique de plus qui ne craint pas d’afficher sa sexualité différente de la norme hétéro. Quant à la bisexualité, je pense qu’il regrette à présent d’avoir employé ce terme alors qu’il ne le concerne pas, selon toute apparence.

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  16. Merci pour cette article ! Oui vous avez raisons on s’en fou de son orientation sexuel. Mais les amalgames que les différents articles sur le coming-out de Mika on générez portent préjudice aux Bi ! (Et je n’accuse pas Mika)

    Au moins cela permet d’ouvrir un début de débat sur la stigmatisation des Bi’ encore trop contenu à l’étiquette futur gay/gay refoulé.

    Encore merci.

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  17. @sylvainj et les autres:

    « Je me pose la question : se revendiquer comme bisexuel ou se revendiquer comme « sans étiquette », est-ce la même chose ? »

    La réponse est non. La bisexualité est une identité sexuelle, au même titre que l’hétéro- et l’homo- sexualité. A ce titre, c’est une « étiquette », tout autant que les deux autres. Il y en a pleins d’autres: queer, pansexuel(le), asexuel(le), …
    ET, par dessus tout ça, il y a ceux qui se revendiquent « sans étiquette », qui sont encore différents. Parmi ces derniers, il y en a sûrement qui ne sont attirés que par ceux de leur sexe, d’autres par ceux des deux sexes. La question pour eux n’est pas « par qui sont ils attirés », il s’agit juste d’un rejet, d’une négation des codes établis, des cases, des étiquettes. Ils disent juste « ma sexualité n’a pas a être définie, elle est ce qu’elle est, je la vis comme je la vis, il n’y a pas à mettre de nom dessus. Point. »

    Moi par exemple, je suis bisexuelle. Je le dis, je définis ma sexualité comme ça. Je m’approprie cette étiquette. Je ne la refuse pas, elle me va bien.
    Du coup, je vois mal comment on peut m’assimiler à quelqu’un qui se revendique sans étiquette, puisque JUSTEMENT, toute notre démarche est opposée.

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  18. Un problème lié à l’identité bisexuelle est le rapport au polyamour ou à l’infidélité. Il est compliqué d’expliquer que l’on est amoureux d’une personne, en couple et bisexuel. Le partenaire définit aux yeux des autres un choix arrêté : on est hétéro ou homo ou éventuellement en transition ou encore un gay refoulé qui se case avec une fille pour faire comme tout le monde. C’est aussi stupide que de dire que si on aime une blonde, on ne peut pas être attiré par une rousse …
    La vraie difficulté dans ma manière de vivre ma bisexualité, c’est l’infidélité car je suis attiré par les deux sexes à la fois et que cela est nécessaire à mon équilibre. J’imagine que c’est le cas de beaucoup de bis …

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  19. @mands, de beaucoup peut-être (je n’en connais pas suffisamment), mais pas de tous les bi. Il m’est arrivé d’être en couple et quand c’était le cas je n’ai jamais eu aucun manque vis-à-vis de la personne de sexe opposé à celle avec qui j’étais. (cela ne m’empêchait pas non plus de regarder les autres femmes ou mecs, évidemment, mais ça n’allait pas plus loin et je n’en étais pas moins équilibré)

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  20. @alexdj : ben oui, c’est pour ça que je parlais de ma bisexualité. Je pense qu’il y a autant de bisexualité de que de bisexuels. Je ne trouve pas la mienne particulièrement facile à vivre. Je suis une sorte d’échangiste qui s’interdit de tomber amoureux de plusieurs personnes à la fois.

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  21. En attendant ça fait le bon dos du cliché des homos qui jouent avec l’étiquette bi parce que ça leur permettrait d’atténuer leur « part homosexuelle » qui représente en fait tout le gateau, comme pour s’en excuser… 😦

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