Ceci n'est pas une réponse aux propos de S. Dassault sur la Grèce antique

Pour qu’une réponse soit possible, il faudrait qu’il y ait réellement un propos : il n’y en a pas. Si le ridicule tuait, les paroles de S. Dassault aujourd’hui auraient constitué la plus redoutable arme qu’il ait jamais conçue, cette fois contre lui-même.  Ce ramassis de clichés grossiers, aussitôt entré dans les oreilles de quiconque a un peu étudié l’histoire, a directement rejoint le nanar club des citations de personnalités publiques.

Qui, par ici ou ailleurs, a accordé le moindre crédit à ce tableau pompier que dressait Dassault de la Grèce antique ? Qui ne sait pas que le concept de décadence a cessé d’être considéré comme une notion valide en études historiques depuis plusieurs dizaines d’années ? Qui ignore encore que la sexualité des Grecs d’il y a 2500 ans (au bas mot) n’avait à peu près rien à voir avec celles des sociétés actuelles, et qu’on ne peut parler d’homosexualité, d’hétérosexualité, de bisexualité ou même de sexualité tout court à leur sujet qu’en prenant toutes sortes de précautions de méthode ? Qui, alors, peut encore s’imaginer qu’une comparaison avec la Grèce antique, quand bien même elle serait valide (ce qu’elle n’ait pas : c’est une estropiée, voire une mort-vivante, ce que Dassautl produit de mieux, visiblement), pourrait nous renseigner sur les conséquences possibles de l’ouverture du mariage à tous les couples, de nos jours, en France ?

Non, ce qui va suivre n’est pas une réponse : c’est un sursaut de révolte devant la logorrhée coprologique éructée par ce sinistre individu et colportée par les médias, c’est une volonté de nécessaire rééquilibrage après une pareille marée noire de stupidité dans les dernières 24 heures. Comme disait Sherlock dans l’excellente série télévisée britannique du même nom : « Silence ! Vous faites baisser le QI de toute la rue. »

Alors oui, parlons de la Grèce et de la sexualité des anciens Grecs, puisqu’il est toujours bon de se cultiver. Mais parlons-en en écoutant un spécialiste, Luc Brisson, dans un utilitaire de bonne tenue, le Dictionnaire de l’Antiquité dirigé par Jean Leclant et publié en 2005 aux Presses universitaires de France. C’est parti.

HOMOSEXUALITÉ (Grèce et Rome)

Grèce. – En ce qui concerne la Grèce ancienne, le document le plus complet et le plus éclairant sur tous les aspects de l’homosexualité reste celui d’Aristophane dans le Banquet (191 d – 192 c) de Platon.

Appréhendée en termes de pénétration phallique, la relation entre un homme et une femme ne pose aucun problème pour un mâle adulte, car la femme est mise sur un rang moins élevé que l’homme dans tous les domaines, économique, social et politique, où elle est pratiquement inexistante. De ce point de vue, les problèmes n’apparaissent vraiment qu’avec le mariage, où ils sont tous reliés à l’adultère. En effet, la relation entre un homme et une femme, lorsqu’elle est sanctionnée par le mariage, constitue l’instrument privilégié qui permet à un mâle adulte de transmettre son patrimoine « génétique », économique, social et politique. Comme l’adultère introduit un élément de brouillage dans ce système de transmission, il ne peut qu’être condamné. Il va de soi que le problème se pose en amont, avec les filles nubiles que le chef de famille doit surveiller pour éviter que le brouilage ne se manifeste avant même le mariage.

Aristophane est pratiquement le seul qui, à cette époque, évoque les rapports sexuels entre femmes. La très grande discrétion sur le sujet pourrait être expliquée par les deux raisons suivantes : on se trouve dans un monde où les documents écrits sont produits par les hommes, presque exclusivement, et il est très difficile de trouver une place à ce type de rapports dans un contexte où la sexualité est appréhendée en termes de pénétration phallique.

Les choses se compliquent dans le cas des relations entre hommes, car, avant d’évoquer un certain type d’attachement permanent entre hommes, qui correspondrait à ce que maintenant on qualifierait d’union homosexuelle, il convient de parler de ce que les Grecs de l’époque archaïque et classique appelaient paiderastia, qui obéit à des contraintes d’âge et de représentation sociale tout à fait particulières. Pour faire comprendre l’originalité de ce que l’on appelait paiderastia en Grèce archaïque et classique et qui avait presque le rang d’institution dans les milieux aisés de la société athénienne, il faut évoquer les cinq particularités suivantes :

1/ La paiderastia implique un rapport non pas entre deux adultes mâles, mais entre un adulte et un paîs. De façon conventionnelle, le terme paîs désigne un jeune mâle susceptible de devenir objet de désir sexuel pour un mâle adulte. Mais l’usage de ce terme n’est pas facile à cerner, dans la mesure où il implique une référence à une période de vie mal définie. Par paîs, on désigne un garçon qui se situe dans une classe d’âge qui commence autour de l’âge de la puberté, jusqu’à l’apparition de la première barbe ; entre 12 et 18 ans environ.

2/ L’apparition du duvet sur les joues d’un garçon représente le sommet de son attrait sexuel qui dure jusqu’à l’arrivée de la première barbe. À une époque charnière, un jeune garçon peut dans la relation sexuelle tenir le rôle actif et passif, mais avec des partenaires différents. Un homme fait qui continue de tenir un rôle passif dans une relation homosexuelle est toujours moqué ; ce qui semble avoir été le cas notamment pour Agathon, en dépit de sa célébrité, comme on verra.

3/ Comme elle est limitée à une période de la vie et comme elle n’est pas associée à une inclination pour un individu en particulier, la paiderastia n’est pas exclusive ; on attend des mâles adultes qu’ils se marient, après avoir tenu un rôle passif dans le cadre d’une relation homosexuelle, et alors même qu’ils y tiennent encore un rôle actif. Il n’en reste pas moins que dans le cadre de la paiderastia, l’erastés (l’amant) était souvent un homme relativement jeune, entre vingt et trente ans, qui n’était pas encore marié ou dont l’épouse était très jeune. De plus Aristophane, dans son discours (189 c – 293 d) insiste sur l’existence de rapports très puissants et qui duraient longtemps entre des individus de même sexe ; Agathon et Pausanias en sont de bons exemples.

4/ Même lorsque les relations pédérastiques sont caractérisées par un amour et une tendresse mutuels, une asymétrie émotionnelle et érotique subsiste que les Grecs distinguent en parlant de l’éros de l’amant et de la philia de l’aimé. Cette asymétrie prend sa source dans la division même du « travail sexuel ». Un jeune garçon (paîs), qui n’est pas mû par un désir passionné comme l’est son amant, ne doit donc pas jouer un rôle sexuel actif ; il ne doit pas rechercher l’orgasme en faisant pénétrer son pénis dans un orifice du corps de son amant, auquel cette jouissance est réservée. En ce domaine, il sembe qu’ait été tenue pour particulièrement respectable l’insertion par l’amant de son pénis entre les cuisses du jeune garçon, plutôt que dans son anus ou dans sa bouche, l’acte le plus réprouvé. Cette pratique sexuelle préservait en fait l’intégrité physique de l’aimé ; encore convient-il de reconnaître qu’il s’agissait là d’un comportement public (en acte et en parole) et que rien ne permet de savoir ce qui se passait dans l’intimité, au lit ou ailleurs.

5/ Le mâle le plus âgé est qualifié d’erastés, alors que le plus jeune est appelé son erômenos (le participe présent passif de erân) ou son paidika (un pluriel neutre qui signifie littéralement « ce qui concerne les jeunes garçons »). Le langage amoureux, que l’on trouve dans la littérature grecque d’un certain niveau et chez Platon en particulier reste toujours pudique, mais le lecteur ne doit pas se montrer dupe. Des termes comme hupourgeîn « rendre un service » (Banquet, 184 d) ou comme kharizesthai « accorder une faveur » (Banquet, 182 a, b, d, 183 d, 185 b, 186 b, c, 187 d, 188 c, 218 c, d) doivent être interprétés en un sens fort : le service attendu, la fabeur demandée par le mâle plus âgé équivaut, en fin de compte, à un contact physique menant à une éjaculation, même si, suivant le contexte, un sourire ou un mot agréable peuvent suffire. La société encourageait les entreprises de séduction menées par l’erastés, mais ne tolérait pas celles menées par l’erômenos. Un homme plus âgé, poussé par l’amour, poursuivait de ses avances un plus jeune qui, s’il cédait, était amené à le faire par l’affection, la gratitude et l’admiration, sentiments que regroupe le terme philia ; le plaisir ne devait pas être pris en compte dans son cas.

Il est surprenant de constater que le modèle hiérarchique fondé sur la différence d’âges a gouverné aussi longtemps la qualification de toutes les relations entre mâles en Grèce ancienne. Ce modèle semble avoir perduré depuis l’époque minoenne jusqu’à la fin de l’Empire romain occidental. L’Iliade ne dit pas explicitement qu’Achille et Patrocle entretenaient des relations amoureuses, mais reste assez vague sur le sujet pour que tous les auteurs de l’époque classique puissent affirmer que c’était le cas. Voilà pourquoi on a voulu rattacher la paiderastia à un rituel d’initiation évoqué par Strabon (X, 4, 21).

En dehors de la satisfaction du désir sexuel et de la recherche d’une certaine affection, d’une certaine tendresse, à quoi pouvait bien servir la paiderastia en Grèce ancienne ? Alors que le mariage constitue l’institution privilégiée qui permet à un mâle adulte de transmettre son patrimoine « génétique », économique, social et politique, les relations entre un adulte et un adolescent ne peuvent assurer la transmission que d’un patrimoine économique, social et politique. Il semble en effet que, dans l’Athènes classique, les relations sexuelles entre un adulte et un adolescent aient eu directement ou indirectement un rôle social, l’adulte ayant pour tâche de faciliter l’entrée de cet adolescent dans la société masculine qui dirigeait la cité sur le plan économique et politique. La paiderastia avait donc un rôle social et éducatif. De là découlent toutes ces remarques et tous ces développements sur l’utilité (khreia) de la relation homosexuelle, que l’on trouve chez Platon notamment dans le Phèdre et dans le Banquet.

On notera que la relation du poète Agathon avec Pausanias (deux personnages qui jouent un rôle considérable dans le Banquet de Platon) et qui dure une trentaine d’années est férocement attaquée par Aristophane dans ses Thesmophories. Il est difficile de trouver plus de violence verbale dans l’expression de l’homophobie. L’une des caractéristiques du discours homophobe est la constitution, dans le théâtre et chez les orateurs, du personnage-repoussoir du kinaidos, le « mou passif », par excellence opposé à l’image glorieuse de l’hoplite. En somme, en Grèce ancienne, l’homophobie n’exprime pas le refus d’une relation entre hommes. Elle sanctionne le refus de respecter des règles qui ont pour but dernier le renouvellement de l’espèce et le maintien des bases de la citoyenneté que représentaient la possession d’un domaine et l’obligation d’être soldat.

Rome. – Pas plus qu’en Grèce, l’opposition homosexualité/hétérosexualité n’a cours à Rome, car les pratiques sexuelles entre individus ne sont pas perçues comme un domaine autonome détaché du champ social. Il n’y a pas de la sexualité sans rapport de domination et la nécessité de cette inégalité. À Rome pourtant, un citoyen romain, adulte ou adolescent, devait toujours se garder de tenir dans une relation sexuelle un rôle passif, qui se trouvait donc en toutes circonstances réservé à un non-citoyen. Dans ses Controverses, Sénèque raconte qu’un affranchi auquel on reprochait d’avoir accordé ses faveurs à son maître fut ainsi défendu par son avocat : « La passivité sexuelle [impudicitia] chez un homme libre est un crime, chez un esclave une obligation, chez un affranchi un service. » Plusieurs exemples dans la littérature (voir par exemple le Satiricon de Pétrone) montrent que les maîtres usaient souvent de ce droit et que la conscience sociale acceptait la chose sans trop de problème.

Dans le monde romain, les relations entre femmes donnent lieu à davantage de représentations qu’en Grèce, mais contrairement au discours grec d’avant notre ère elles ne relèvent pas pour autant de l’érotisme : reléguées dans le domaine de l’obscénité, elles ne sont jamais, sous aucune de leurs formes, considérées comme moralement acceptables. De ce fait, le discours romain présente ces relations comme appartenant à une catégorie rare et inédite, très différente des catégories sexuelles par lesquelles les Anciens se représentaient habituellement les rapports érotiques.

=> BROOTEN, B. J., Love, Between Women, Chicago, The Chicago Univ. Press, 1996. – CALAME Cl., L’Éros en Grèce antique, Paris, Belin, 2e éd. 1996. – DOVER K. J., Greek Homosexuality, Londres, Duckworth, 1978 ; trad. fr. S. Saïd, Grenoble, La Pensée sauvage, 1982. – FOUCAULT M., Histoire de la sexualité II, Paris, Gallimard, 1984. – HALPERIN D. M., One Hundred Years of Hoosexuality, New York – Londres, Routledge, 1990. – PATZER H., Die Grieschische Knabenliebe, Wiesbaden, Steiner, 1982. – SERGENT B., L’homosexualité dans la mythologie grecque, Paris, Payot, 1984, repris avec un autre texte in Homosexualité et initiation chez les peuples indo-européens, Paris, Payot, 1996.

Luc BRISSON

Renvois : Banquet (Grèce) ; Éros ; Érotisme (Grèce) ; Sumposion.

Jean Leclant, dir., Dictionnaire de l’Antiquité, Paris, PUF, 2005.

Mise à jour le 11 : à lire aussi sur le sujet, un article de Camille Pollet sur son blog de Rue89 « Échos d’histoire » : « À propos de « décadence » : les Grecs n’étaient ni homos ni hétéros ». (Ce à quoi on pourrait ajouter : ni bisexuels. Si tentant que ça puisse paraître de profiter de l’occasion pour faire de la récupération militante, on ne peut qu’admettre, en toute rigueur, que les vies sexuelles et sentimentales des anciens Grecs n’avaient qu’assez peu de points communs avec ce qu’on appelle aujourd’hui « bisexualité ». Voyez à ce sujet le livre d’Eva Cantarella Selon la nature, l’usage et la loi : la bisexualité dans le monde antique, Paris, La Découverte, 1991, qui parle dans son introduction des précautions à prendre en manipulant ces concepts.)

Publicités

4 réflexions sur « Ceci n'est pas une réponse aux propos de S. Dassault sur la Grèce antique »

  1. Mes salutations à tous les amis de yagg; voilà je viens de lire ce texte de Luc Brisson et ma foi j’ ai appris beaucouip de choses en ce qui concerne l’ homosexualite dans la grece ancienne ainsi qu’à l’antique Rome.j’en deduit que c’est depuis l’avenement des religions monotheistes que l’homme a commencé à regresser et à devenir homophobe tout simlement. sinon coment se fait il que de nos jours et dans des pays de democratie on rencontre encore des partis et forces politiques d’envergures se dresser contre la volonte des personnes LGBT de s’unir par le mariage.Les religions n’ont apporte à l’humanite que e l’intolerence ,des intrdits et des supercheries.

    J'aime

    1. Attention, on ne peut pas opposer les « gentilles religions polythéistes antiques » et les « méchants monothéismes » comme si les premières avaient été uniquement LGBT-friendly et les secondes uniquement homophobes : les choses sont bien plus compliquées. Et de manière générale, même si je comprends que les attaques d’une partie des représentants religieux contre les droits des LGBT sont exaspérantes, nous ne devons pas non plus céder à la tentation de l’intolérance. Il y a des religieux tolérants, il y a des croyants homos ou bi. Les choses peuvent s’améliorer si on laisse leur chance aux croyants les plus progressistes. Ce n’est pas en tenant des propos réducteurs du type « Les religions sont que des méchantes » qu’on va aider tout le monde à s’entendre : c’est faux et ça a vite fait de conduire à la haine antireligieuse, qui ne mènera nulle part non plus.

      A tous : il y a un très bon article sur un blog de Rue89 à propos de la sexualité en Grèce ancienne, j’ai ajouté le lien à la fin de l’article, ci-dessus. Je vous en recommande la lecture : c’est une interview très claire (peut-être même plus que l’article de Luc Brisson) et qui couvre les principaux aspects du sujet.

      J'aime

  2. @oulounice1958 Euh… j’ai surtout l’impression que tu as (très) mal compris ce texte… déjà, parce que non, si on le lit attentivement, on comprends que l’homosexualité telle que nous la concevons maintenant était très rejetée à l’époque: Les propos d’Aristophane contre Agathon et Pausanias. Et comme le dit Silvieus et les spécialistes de l’antiquité, la notion d’homo-, de bi- ou d’hétérosexualité ne sont pas pertinentes pour parler de la situation antique.

    Comment peut-on ne serait-ce que concevoir que ces rapports dans l’antiquité se rapprochent un tant soi peu de l’homosexualité telle qu’elle a été définie au XIXème siècle jusqu’à nos jours? Il me semble que ce n’est pas la relation sexuelle qui fait l’orientation sexuelle mais le désir et l’amour: Une configuration où SEUL un aristocrate peut être actif avec SEULEMENT un jeune aristocrate de moins de 18 ans qui doit lui être passif, je ne vois pas du tout en quoi c’est progressiste, désolé. Faut arrêter de croire que parce que c’est deux hommes ensemble vu de l’extérieur que la société était plus open, hein…

    Les rapports de nature homosexuelle dans l’antiquité sont très codifiés: il s’agit de conventions sociales.
    Et donc postuler que cette convention sociale est plus progressiste que celles induites par les religions monothéistes c’est du foutage de gueule à mon avis: il aurait peut-être été utile de préciser que dans la Grèce et la Rome antique, il y avait l’esclavage, et que les relations maitres/esclaves se faisaient dans un rapport passif/actif, et que le consentement des esclaves, on se doute bien que ça devait être optionnel.
    On peut aussi parler de la misogynie institutionnalisée, qui n’a pas forcément quelque chose à enviée à celle des monothéismes…

    Donc bon, quand je lis « Les religions n’ont apporte à l’humanite que e l’intolerence ,des intrdits et des supercheries » en sous entendant « les monothéismes », ça me fait bien rire: comme si la religion des Grecs et des Romains était tolérante et ne comptait pas d’interdits qu’on juge à notre époque liberticides?! (à moins que l’on considère l’esclavage et le mariage forcé comme des choses top moumoutes…)(ça n’excuse pas l’intolérance et les interdits des monothéismes, mais au moins merci de se passer des comparaisons stupides à deux francs!)

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s