La bisexualité, grande oubliée du débat sur le mariage

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai été choqué par la déferlante d’homophobie décomplexée qui a inondé les médias et Internet à l’occasion de la présentation du projet de loi sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, puis de sa discussion à l’Assemblée nationale. J’ai eu de la chance dans la vie et je ne peux pas prétendre avoir été souvent confronté à de l’homophobie directe et violente : la campagne de désinformation pure menée par les opposants au projet de loi a été la première fois où je me suis senti profondément rejeté et détesté à cause de mes attirances et de mes sentiments.

 

Mais, en tant que bisexuel, une violence supplémentaire, plus insidieuse, a été l’absence totale de la moindre mention des personnes bisexuelles dans ce débat. D’emblée, et cela même dans les propos des meilleurs défenseurs du projet (tu quoque Taubira), la loi a été présentée en termes d’ouverture du mariage à une catégorie prédéfinie de personnes qui serait « les homosexuel-le-s ». C’est comme si même les partisans du projet les plus progressistes s’étaient avérés incapables de le porter dans toute son ampleur, dans toute sa grandeur aussi : le fait qu’il ne recourt nulle part à la notion d’orientation sexuelle ou sentimentale, et raisonne uniquement en fonction du sexe des personnes à marier.

 

Je ne répèterai jamais assez à quel point cette approche est une bonne chose, et à quel point les mots sont importants : c’est bel et bien de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe qu’il s’agit, et non d’un quelconque « mariage gay ». Le droit de se marier à une personne du même sexe que soi est un droit que tout le monde va acquérir (même Christine Boutin et André Vingt-Trois, ne leur en déplaise) : ça, ça a été dit, mais personne ne semble avoir osé en tirer les (excellentes) conséquences, à savoir que toutes les citoyennes et tous les citoyens français, sans distinction d’orientation sexuelle/sentimentale, vont avoir désormais la liberté de se marier avec un autre adulte consentant sans distinction de sexe.

 

Le changement principal, le bouleversement, l’incroyable progrès est ici : la loi, techniquement, ignorera désormais le sexe de la personne avec laquelle vous voulez vous marier. Homme ou femme, ce sera le même mariage et (presque : espérons que la suite viendra) les mêmes droits.

 

Il suffit de réfléchir deux secondes pour comprendre à quel point cette loi est incroyablement favorable aux bi et favorable aussi à une conception plus fluide de la vie sexuelle et amoureuse en France. Désormais, non seulement il sera légal d’envisager un amour-toujours avec quelqu’un du même sexe dans le cadre du mariage, tout comme c’était possible jusque là avec une personne de l’autre sexe, mais il sera aussi légal de mener une vie de couple successivement avec un mari puis avec une épouse ou inversement. De plus, la progression déjà nette (même si encore très perfectible) des droits accordés aux couples de même sexe diminue le gouffre qui existait jusque là entre les deux types de couples, ce qui confère une légitimité déjà plus égale à ces deux types de vie de couple : cela réduit en partie la désagréable schizophrénie que j’évoquais parmi les difficultés rencontrés par les bi dans leurs perspectives de vie dans un précédent billet.

 

Alors, pourquoi ne pas avoir parlé ici plus tôt du mariage pour tous ? Je dois dire que j’ai l’impression de m’être fait avoir. D’avoir cédé à la pression imbécile des homophobes (lesquels sont évidemment biphobes sans le savoir puisque leur vision du monde n’inclut même pas la possibilité d’une bisexualité : je suppose qu’on doit être des espèces d’aliens pour eux), et d’avoir laissé les opposants influer sur les termes du débat, nous ramener par leurs propos à une simple défense de l’homosexualité comme on ne devrait plus avoir à en faire, contre des critiques dont l’archaïsme donnait régulièrement dans l’anachronisme.

 

Atterré par ce nivellement du débat, je me suis laissé aller à penser parfois qu’au fond on avait déjà assez de mal à parler des homos sans se faire taper sur la gueule, alors je n’allais pas « en plus » parler des bi. J’ai craint qu’une mise en avant du caractère admirablement progressiste et « bi-friendly » de cette loi ne la rende encore plus compliquée à défendre et ne fasse que donner aux opposants matière à davantage de désinformation et de propagation de clichés.

 

Il est déjà difficile d’être une minorité dans la minorité, de devoir toujours faire l’effort supplémentaire de signaler aux minorités qu’on existe aussi et qu’on aimerait bien avoir pignon sur rue, être inclus nous aussi dans la prise en compte scrupuleuse des différentes sensibilités, des différents modes de vie possibles autres qu’hétéronormés.

 

Mais pendant tout ce débat, je me suis senti littéralement nié dans ce que j’étais. Pas un mot sur la bisexualité, sur l’éventualité même de vivre une vie où l’on peut ressentir du désir et des sentiments aussi bien pour des gens de l’autre sexe que pour des gens du même sexe. Ce n’était même pas qu’on en parlait sur le mode de la critique ou de l’insulte plus ou moins déguisée, comme c’était le cas pour l’homosexualité : on n’en parlait même pas. Ce n’était pas dans les termes du débat. On ne posait même pas la question. Ni les députés, ni les sociologues ou autres universitaires que j’ai pu lire, ni les journalistes n’ont jamais inclus la bisexualité dans cette loi qui concerne pourtant les bi au premier chef… et qui concerne tous les Français dans leurs libertés.

 

Au fond, ce projet de loi accorde à tous une liberté dont personne ne veut prendre vraiment la mesure. Chacun a continué à penser avec des catégories contestables et dépassées, cette bipartitition homo/hétéro si confortable pour la majorité qui se croit hétéro, si utile pour rejeter toute attirance vers le même sexe dans une altérité radicale, un autre monde. Le projet de loi, heureusement, est plus évolué que cela.

 

Cette absence complète de la bisexualité et des bi dans le débat est le dernier exemple en date, et le plus criant, de ce qu’on appelle « l’invisibilisation de la bisexualité », et que j’appelle souvent ici « invisiBIlité ». La bisexualité est là, elle concerne des millions de gens en France, même si tous ne s’en revendiquent pas comme d’une étiquette communautaire et/ou militante – ce qui ne change rien à la nécessité de prendre en compte leur sensibilité et leurs problèmes. La possibilité et même la réalité de la bisexualité, dans ses multiples nuances, est connue au moins depuis les rapports Kinsey, mais tout se passe comme si la société française ne se décidait toujours pas à la digérer.

 

Il le faudra bien, et je pense que cette loi y aidera beaucoup. On peut espérer que d’ici une ou deux générations, les catégories homo/hétéro seront enfin nuancées, au moins par ce troisième terme commode qu’est « bisexuel », voire par une palette encore plus riche. Mais comme d’habitude, rien ne changera si on ne se bouge pas, que ce soit dans les discours médiatiques et savants ou tout simplement dans la vie quotidienne.

 

Si on ne prend pas la parole au nom des idées progressistes, il y aura toujours des conservateurs, voire des réactionnaires, pour emprisonner la discussion dans des termes complètement archaïques, en décalage complet avec la réalité des vies.

 

Bref, j’ai eu tort de me taire si longtemps sur ce sujet, et j’en ai un peu honte… mais mieux vaut tard que jamais.

 

C’est pourquoi je suis d’autant plus heureux d’annoncer le sujet de la prochaine Bi’causerie à Paris, qui aura lieu ce lundi 11 mars, et qui portera précisément sur « Bisexualité et mariage pour tous » :
Cher(e)s ami(e)s, Bi’causien(ne)s,
Nous vous invitons à la prochaine Bi’causerie qui aura lieu le lundi 11 mars, à 20 h. Le thème en est le suivant :
 
La loi sur le mariage bientôt votée ? Sa place dans le mouvement général pour l’égalité des droits… Et qu’en pensent les bi-e-s ? L’adoption, la filiation, comment ? La PMA quand ? Et les trans’ ? Vastes sujets que nous aborderons lors de la Bi’Causerie du 11 mars.
 
Au Centre LGBT, 61-63 rue Beaubourg, 75003 Paris
Après 20 h, sonnez.
Métro : Arts et Métiers, Rambuteau, RER Châtelet – Les Halles Bus 38, 47, arrêt Grenier Saint-Lazare – Quartier de l’Horloge Vélib’ stations n° 3010 et n° 3014
 
à bientôt !
L’équipe de Bi’Cause

 

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28 réflexions sur « La bisexualité, grande oubliée du débat sur le mariage »

  1. Je comprends parfaitement ce que tu veux dire.
    Cependant je me pose une question : être bi est un état comme être hetero ou homosexuels. Cela ne chane rien.
    Mais quand il s’agit de se marier, il s’agit de se marier avec une personne qui civilement est reconnue d’un genre (même si la distinction homme/femme n’est pas toujours aussi simple qu’on voudrait nous le faire croire).
    Donc le mariage que tu contracte a ce moment est soit hetero (sexe différent) soit homo (même sexe). Il est techniquement impossible d’un mariage bi car cela supposerais au minimum un trouple donc la polygamie. Chose que les opposants ont utiliser comme épouvantail et que les ceux étant pour le projet ont également rejeté.
    Apte l’idée du mariage est idéalement qu’il soit le plus pérenne possible, et ma fois quand le couple ne fonctionne plus, il y a le divorce. Mais on bbepeut pas marier et divorcer en fonction de ses envie sexuelle du moment. Le mariage n’a rien a voir avec la sexualité. Il est la pour reconnaître socialement et civilement l’union de deux être lier par l’amour et cela peut importé leurs genre.
    Donc je me répète, comment d’un point de vie technique aurait-il été possible de tenir compte dans ce projet de loi de l’aspect bisexuelle?
    La seul réponse que je vois aurait été d’inclure un article de loi précisant qu’après un mariage homo ou hetero il serait interdit de contracter un mariage de l’autre type. La ça aurait été biphobe. Mais une telle chose n’est pas mentionné et donc le projet de loi reconnaît tacitement la bisexualité.

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  2. Oui c’est vrai qu’on a peu parlé des Bi (et des trans) pendant ces débats mais vous allez vous aussi bénéficier de l’ouverture du mariage donc je ne vois pas trop ou est le problème.

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  3. Si je comprends bien, ça veut dire que les gays et les députés qui ont porté la loi sont « bi-phobes » ?
    Parce que s’il y a eu absence des bisexuels dans le débat, à qui la faute hormis les porteurs de la loi et les associations les soutenant ?

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  4. je vais m informer des rapports kinsey pour mieux comprendre la bissexualite , habitant paris avec plaisir et interet je me serai rendu a la bi causerie
    par exemple ,un homosexuel tombe amoureux d un bissexuel
    quelle va etre l issue de la rencontre amoureuse pour l homosexuel, un choix s imposera pour le bissexuel
    j ai l impression qui n est que subjective que le bissexuel restera tjs attire par l homosexuel mais q u en definitive il demeurera fidele a son ier amour son epouse et de ce fait l homosexuel en patira …

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  5. @ Compréhension et Parres : Hum, visiblement vous avez encore en tête pas mal de clichés sur les bi… La bisexualité n’est pas nécessairement incompatible avec la vie en couple exclusif ou avec la monogamie !
    Les modes de vie et les types d’union possibles sont multiples… comme chez les homos ou les hétéros, finalement. L’orientation sexuelle et l’exclusivité du couple sont deux choses différentes, aucune orientation sexuelle n’implique nécessairement un mode de vie donné. (Si vous voulez, dire qu’un bi aura forcément envie de vivre en trouple, c’est un peu comme penser qu’un homo va nécessairement rechercher des coups d’un soir…)
    Je vous conseille d’aller lire une page sur les idées reçues concernant les bi, par exemple ici :
    http://www.bisexualite.info/index.php?option=com_content&view=article&id=49&Itemid=54&0f5515d2094863707306425dc2368c9e=2be9704656a0bc5f3cf5b02d90ac2fe4
    et éventuellement le début de mon grand article « Dans la peau d’un bi » :
    http://biplan.yagg.com/2012/01/30/dans-la-peau-dun-bi-1-de-2/

    @ Compréhension : Pour ce qui est du projet de loi, il tient déjà compte de toutes les orientations sexuelles et sentimentales possibles (c’est d’ailleurs pour ça que je le qualifie de « bi-friendly »). Mais il faut faire attention aux mots : un mariage entre personnes de même sexe n’est *pas* un mariage homosexuel, car les deux personnes composant le couple ne sont pas nécessairement toutes les deux homosexuelles. De même, un mariage entre personnes de sexes différents n’est pas nécessairement hétéro, puisque les deux personnes du couple ne sont pas forcément hétéros toutes les deux. Il y a déjà plein de bi mariés à des gens de sexe différent !

    @Nileju : Le problème est surtout dans la façon dont le débat a été mené dans la presse et à l’Assemblée : là où la loi aurait pu être une occasion d’aborder enfin les sexualités et les vies amoureuses de façon moins binaire auprès du grand public, la comm’ très primaire des opposants a placé les LGBTI+++ en position de défense et a reconduit la vieille opposition homo/hétéro sans nuances. Je suppose que, comme le dit clavar, c’est aussi un échec de la communauté bi, qui n’est sans doute pas assez montée au créneau, mais cela montre surtout qu’il y a encore un gros travail à faire pour déraciner cette binarité homo/hétéro qui écrase toute la richesse des vies réelles des gens… et les rend aveugles à leur propre liberté. (A cause de ça, combien de gens va-t-on encore voir arriver sur les forums bi, complètement déboussolés et alarmés parce qu’ils se découvrent attirés par quelqu’un du même sexe alors qu’ils se croyaient hétéro ou inversement ?)

    @ clavar : Effectivement vous n’aviez rien compris ^_^’ Je ne critique pas du tout le projet de loi, au contraire, je chante ses louanges. Je dis simplement qu’on aurait pu parler des sexualités et des vies amoureuses de façon beaucoup plus nuancée qu’en termes d’opposition homo/hétéro, et que la comm’ réac des opposants à la loi a contribué à niveler le débat et à renforcer l’invisibilité habituelle des bi.
    (Ah, et inutile de mettre le mot « biphobe » entre guillemets, c’est un vrai mot qu’on peut vraiment utiliser…)

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  6. Je me répète : oui un mariage est soit homosexuel, soit hétérosexuel.

    Il ne s’agit pas de savoir qu’elle est l’orientation sexuelle des gens, où sinon tous les mariage jusqu’a présent dont un des deux membres est un bi ou homo refoulé n’aurait pas été des mariages tout court.

    J’ai l’impression malheureusement que des aspects techniques doivent échapper a beaucoup de gens.

    C’est comme un peu comme les voitures : tous le monde dis j’ai 250 cv sous le capot, on l’accepte car ça fait partie de l’esprit collectif, mais le cheval vapeur n’est plus une unité reconnue. On utilise bien le terme de puissance en Watt.
    Ici le mariage techniquement sera soit homosexuel (deux contractant de même sexe) soit hétérosexuel (deux contractant de sexe différent). Point.
    Il n’y a aucunement un jugement de valeur. C’est pour cela que le texte s’appel bien mariage pour tous, pour ne pas laisser cette possibilité de jugement de valeur.

    De plus, qu’amène le fait de vouloir spécifier mariage bisexuel car un des deux contractant est bisexuel ?
    Une des bases même du mariage est la fidélité. Du moment qu’on se marie avec un genre on s’exclut toutes relations conjugale externe homosexuelle ou hétérosexuelle. Donc a ce moment la relation est soit hétérosexuelle, soit homosexuelle. Si elle continue a être bisexuel avec un autre partenaire cela n’est plus un mariage.

    Seul cas possible que je vois si deux personnes se disent sans genres et décide de se marier, mais pour cela faudrait que l’état reconnaisse légalement les gens sans genre et là c’est un autre débat.

    Je rajouterais en plus, je n’ai aucun cliché particulier sur les bi, ni les hétéro ni les homos.
    Je pars du principe qu’il y a des coincés, des saintes-nitouches, des ouverts, des pervers, des dépravé dans tous les « catégories ». On peut être homo et très pieux (beaucoup de prêtre) et être hétéro et le pire pédophile (marc dutroux). Chacun a une orientation sexuelle, mais après les comportements sexuels ne sont pas lié a l’orientation.
    Donc quand je lis que soit disant j’ai encore beaucoup de clichés sur les bis je me sens agresser à mon tour et je répliquerais en disant qu’a ton tour tu as également beaucoup de cliché sur les homos et ce qu’ils pensent des bis.

    Ce qui m’insurge le plu finalement est le fait de vouloir classé les gens dans une case. On est aujourd’hui homo, hétéro ou bi, mais peut être demain serons-nous autre?
    Je crois avant tout dans l’humain et sa capacité a s’adapter en fonction des ses expériences vécues. On cherche a mettre les gens dans une case et quand ils y sont ils n’ont plus le droit de bouger.
    Cela est valable pour toutes les catégories. Aujourd’hui homo et un jour je tombe amoureux d’une femme? alors bi? Ou juste humain et le droit d’aimer qui je veux sans me mettre dans une case.

    Pour terminer tu t’auto cite pour référence, désolé mais d’un point de vue académique cela n’est pas crédible même si je suis sur que ta réflexion personnelle est bien écrite et intéressante. Quand je dis pas crédible je précise le fait de s’auto cité, pas ton texte qui a certainement toute sa crédibilité.

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  7. Extra :

    Je rajoute un autre commentaire, pour préciser mes propos. Il s’agit bien de propos purement technique. Et non philosophique.

    Sur l’aspect technique, quand le mariage homosexuel (technique) ou hétérosexuel (technique) sont égaux, les mariages où un des contractants est bi sont automatiquement inclus et traité de manières égales.
    D’ou le non-sens à mon avis de vouloir poser par exemple la question de la filiation ou pma pour les bis.
    Si les bi sont marié selon un mariage hétérosexuel, ces droits ils les ont déjà, et s’ils sont marié selon un mariage homosexuel, il faut se battre pour les avoirs. Vouloir demander en extra un mariage spécifique bis n’apporterais rien.
    En effet, si les contractants sont bisexuels, mais de sexe différent et on précise dans le contrat cela amènerais à catégoriser ces personnes et potentiellement leurs enlever des droits.
    Ou alors dans le cas contraire s’ils sont de même sexe et qu’on spécifierais bi sans leur données les même droits qu’aux couple homosexuel serait discriminatoire, ainsi que les cas où on leur donnerais plus de droit.
    Comme ce projet de lois vise a supprimer les inégalités, et celles-ci se trouvent dans les mariage techniquement homosexuel, il est trivial que le débat se fait exclusivement sur ce point. Les autres cas étant alors de facto régler d’office.

    Un projet de loi se veut technique. Il s’agit qu’il soit applicable sur le plan juridique de manière clair et précise avec certains points que le législateur peux laisser a l’appréciation d’un juge. Or laisser des notions de sentiment a l’interprétation d’un juge cela me semble risqué sur tous les poins

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  8. @ Compréhension : Vos propos « techniques » ne le sont pas du tout : ils sont mal informés, que ce soit sur les mots employés par la loi ou sur ce que je dis dans mon billet ci-dessus.
    – Ils sont mal informés sur le contenu de la loi, car la loi n’emploie *jamais* de référence à une orientation sexuelle/sentimentale quelconque. Elle pense uniquement en termes de sexe des personnes à marier. Il n’y a donc pas de mariage homosexuel, ni de mariage hétérosexuel, ni de mariage bi : il n’y a que des mariages entre personnes du même sexe ou bien entre personnes de sexes différents.
    Je pense que le malentendu vient du sens à donner aux adjectifs « hétérosexuel » et « homosexuel ». Ces adjectifs se réfèrent à une orientation sexuelle exclusive. Ils ne sont *pas* des synonymes pratiques de « de même sexe » et de « de sexes différents ». Dans le texte de loi, le mariage homosexuel n’existe pas, le mariage hétérosexuel non plus.
    – Vos arguments sont aussi mal informés sur ce que je dis dans l’article. Je n’ai jamais (*jamais*) demandé à ce qu’on commence à parler d’un quelconque « mariage bi ». Ce que je veux, c’est qu’à l’occasion du débat sur cette loi, on parle non pas seulement en termes d’hétéros/homos, mais en termes de sexualités en général, y compris de bisexualité (ou de pansexualité, d’ailleurs). Autrement dit, qu’on arrête de faire croire aux gens que le monde se compose de deux catégories étanches qui seraient les hétéros et les homos, alors que la réalité est beaucoup plus nuancée.
    Enfin, pour ce qui est des références que je donne, ce ne sont pas des références académiques, de toute façon, sinon je n’aurais pas écrit le billet et les commentaires de la même manière (et je fais notamment référence à l’un de mes propres articles parce que c’est plus pratique que de tout réexpliquer ici).

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  9. Article intéressant, Silvius, qui démontre l’absurdité de penser sexe comme élément constructeur de l’être humain avec son lot d’étiquettes (hétéro, homos, bi, intersexes, trans… ) découlant du fait que nous est imposée la notion que le sexe fait le genre.
    Indirectement, tu démontres l’importance de l’identité de genre et sa suprématie sur le sexe (aux non avertiEs : sexe est à prendre comme référence au sexe génital et non au sexe plaisir).
    Pour rappel définition de l’identité de genre (Principes de Jogjakarta) :
     »L’identité de genre est comprise comme faisant référence à l’expérience intime et personnelle de son genre profondément vécue par chacun, qu’elle corresponde ou non au sexe assigné à la naissance, y compris la conscience personnelle du corps (qui peut impliquer, si consentie librement, une modification de l’apparence ou des fonctions corporelles par des moyens médicaux, chirurgicaux ou autres) et d’autres expressions du genre, y compris l’habillement, le discours et les manières de se conduire. ».

    Certes, présentée comme tu le fais, Silvius, cette loi donne le sentiment d’être ouverte à touTEs, du moins pour les étiquettes homos, hétéros et bi. De même elle apportera une (parmi tant d’autres) discrimination de moins aux trans mariéEs qui sont encore à ce jour obligéEs de divorcer pour obtenir un changement d’état civil.

    Mais il serait bon de ne pas oublier une autre minorité dans la minorité : les intersexes qui, exceptés à vouloir se fondre dans la normalité de deux seuls genres (homme et femme), se retrouvent excluEs de la possibilité de se marier si ils/elles refusent de se genrer dans la norme.

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  10. Je crois qu’il y a une grave confusion entre  » mariage homosexuel  » et  » mariage D’homosexuel « . Compréhension a parfaitement raison, un mariage hétérosexuel peut être un mariage d’hétéro, de bi, d’homo ou de deux parmi ceux-là.

    Les termes de  » mariage homosexuel  » et  » mariage hétérosexuel  » ne sont que la qualification du mariage lui-même et non de l’orientation sexuelle des contractants. Un mariage homosexuel pourra très bien être un mariage DE bisexuels.

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  11. Je pense que nos propos se rejoignent sur plusieurs point et que c’est plus un problème de ressentit.
    Comme je l’ai dis, la notion de catégorie est un non-sens absolu. Selon moi, il n’y a pas d’un coté les hétéro et de l’autre les homo.
    Il y a une palette large et continue qui va de l’homo « pur » a l’hétéro « pur ».
    Seulement j’insiste sur le fait que le mariage reste un contrat entre deux personne que l’état n’autorise qu’entre deux personne d’un genre définie précis.
    Il ne reconnait que les hommes et les femmes.
    De facto, il y a des droits et obligations différentes selon les unions de tel couples : 2 genre, une union = 3 types de combinaisons possible. Selon les combinaisons choisies il y a 2 type de mariage définies. Et bien deux, puis-ce que les droit ne sont pas identique (notamment pour la pma par exemple, mais cela est un autre débat qui va venir dans futur potentiel)
    je l’ai appelé mariage homosexuel, car le terme homosexuel veut bien dire de même sexe et mariage hétérosexuel de sexe différents. Je n’invente rien la.
    Après que pour des raisons éthiques, philosophique ou autres on y associe d’autre définition ça m’est égal. Mais dans ce cas précis j’emploie les termes dans leurs sens premier découlant de leur racines étymologique.

    Le débat c’est axé sur le fait d’autoriser les combinaisons de deux genre identique. Même si les dérapage ont été nombreux de la part des opposants, le problème reste finalement d’autoriser le mariage aux couples de même sexe : dis mariage homosexuel.

    Dans l’ensemble je suis contre ce terme également, car pour moi il n’y a pas a avoir d’un coté le mariage hétéro et de l’autre le mariage homos avec des différences rien que dans la nomenclature.

    Le mariage est un contrat entre deux personnes consentantes et s’aimant. Point. Le reste s’agissant du genre des contractants, de leur orientations ou autres l’état n’a pas a légiférer plus. Le combat doit s’axer a mon sens sur ce niveau et pas savoir si une case a été oublié ou pas.

    Pour ma part, je ne pense pas la communauté gay est meilleur que les autres, ni les communauté bi ou hétéro. Chacun vit sa vie et tisse ses liens sociaux. Vouloir monter les bi, les hetero ou les homo un contre l’autre c’est juste jouer le jeux de l’opposition.

    Il y a 8 mia d’etre humains. Point. Après savoir qu’il y a 4 mia de femmes dont 200 mio se disant lesbiennes, 400 mio bisexuelle, 4 mia d’homme avec 300 mio d’homo et 600 mio de bi ca amène quoi? Donné plus de droit a certain qu’a d’autre? non! (chiffre au pif)

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  12. Extra :

    Que l’on débate de manière général de la bisexualité est parfaitement justifié et normal.
    Je suis d’avis que pour beaucoup de monde, il y a une négation de la bisexualité et il est important de lutter contre.

    Cependant, d’ou vient notre malentendu a mon avis, je ne vois vraiment pas en quoi le débat du mariage est une occasion en plus de mettre ce débat?
    Ce débat doit avoir lieux (a mon avis) chez un public jeunes déjà (théories des genres à l’école par exemple). En débat public de tous les jours. Mais l’y associer au mariage pour tous je ne vois pas l’intérêt.

    De plus, le débat doit être étendu a mon avis aux personnes « sans » genres, les trans et autres. Mais ce débat la n’a de nouveau rien a voir avec le mariage.

    La suite logique serait de reconnaitre les personnes sans genres dans l’état civile (comme en Australie par exemple) et d’adapter des lois similaire pour les trans de ce qui s’est fait en Argentine. La loi pour le mariage s’y appliquant après de manières tacite une fois que la notion de genre est supprimé.

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  13. Je suis très d’accord avec Compréhension, sauf sur le point « mariage bi » et « fidélité ».

    Vous dites que la bisexualité est oubliée du débat. Qu’auriez vous souhaiter pour qu’elle ne soit pas oublié ?
    Certes, elle est oublié par les homophobes, mais je doute que ce soit ce dont vous vous plaigniez. J’ai l’impression qu’elle ne l’était pas dans les arguments pour, puisque l’on parle de personne ayant un enfant dans un couple héterosexuel, puis l’élevant en couple homosexuel. Donc probablement une personne bi (même si ça peut aussi être quelqu’un qui a caché son homosexualité et s’était « forcé » comme ça arrive encore)

    Il me semble jusqu’à présent clair que si l’on qualifie un mariage d’héterosexuel ou d’homosexuel, cela indique simplement et étymologiquement (et non pas « techniquement ») que les deux marié(e)s sont de sexe différent/du même sexe.
    Je n’ai jamais vu personne jusqu’à présent qui considérait que ça indiquait l’orientation sexuelle des époux(ses).
    Ou alors, il faut considérer qu’un mariage d’un gay et une lesbienne serait un mariage homosexuel (ce que C. Boutin avait fait pour expliquer que les homos ont le droit de se marier, mais qui me semble quand même totalement absurde)

    D’ailleurs, j’ai l’impression que tous les commentateurs sont d’accord dessus, la loi ne qualifie pas les mariages, et ne parle jamais d’orientation sexuelle. Il s’agit de la « loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe », et j’aurai du mal à comprendre de reprocher d’abréger six mots en deux et au lieu de dire tout le temps « couples de personnes de même sexe » dire « couples homosexuels ».

    @comprehension j’ai du mal à comprendre votre « Si elle continue a être bisexuel avec un autre partenaire cela n’est plus un mariage. »
    Il y a des couples ouverts, qui décident ensemble de pouvoir faire des choses à 3 ou plus, ou chacun de son côté. Ca ne créé pas le divorce pour autant. Et quoi qu’il en soit ça peut être avec n’importe quel genre.

    P.S. je vais regarder le reste du blog, que je viens de découvrir, ça a l’air clairement intéressant. Et accessoirement, j’aime beaucoup EGS, dont je crois que votre avatar est le chat 🙂

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  14. Les promoteurs du « mariage pour tous » ont oublié d’utiliser la réalité bi dans leurs argumentaires. C’est bien dommage. Le débat, y compris à l’Assemblée Nationale, a toujours admis comme vérité première et irréfragable (par les « pro » et les « anti ») que l’hétérosexualité et l’homosexualité sont des orientations ad vitam. Toute personne normalement constitué et qui reconnait l’existence des bi (c’est pas gagné ! Y compris chez les LG.) sait bien que ce n’est pas vrai.
    Bien sûr qu’il y a des femmes et des hommes qui sont un jour en couple hétérogenré et dans un couple homogenré un autre jour ; pourquoi accorder des droits à un moment et les refuser ensuite alors que ce sont les mêmes personnes ?
    Les débats à venir sur la PMA, la GPA et l’adoption pourraient être l’occasion d’une autre approche dialectique car ce que l’on reproche (honteusement) aux LG concernant ces trois sujets c’est bien qu’ils sont une menace pour les institutions et la stabilité de la société. C’est parfaitement idiot bien sûr mais on peut argumenter par des exemples (qui existent sans doute) mettant en scène des bi : un couple homogenré, naguère chacun dans des couples hétérogenrés, décide d’adopter, de pmater ou de gpater, ce qu’ils/elles avaient déjà fait précédemment avec tous les agréments légaux (heu… ah, non… pas gpater. C’est interdit.), se voit refuser le même droit qu’elles/ils avaient déjà obtenu. Pourquoi ? Pour quelles raisons ? Ce sont les mêmes personnes qui vivent de le même façon, dans la même catégorie socio-éco, etc !
    En plus de passer les bi à la trappe, on s’est refusé à les utiliser comme levier argumentaire à la logique raisonnante puissamment convaincante.

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  15. C’est une blague ? Ridicule ! Le bi peut se marier s’il est dans une relation hetero et le pourra dans une relation homo. Faut arrêter les conneries maintenant ….

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  16. @sylvius faut comprendre que les hétéros n’ont pas la moindre idée de tous ce que tu racontes, ils ne ce sont jamais posé de question sur leur sexualité ou sur leur genre, ils ne font pas la distinction entre pédés, gouines, bi et trans, ils ont déjà bien du mal à comprendre l’homosexualité, alors la bisexualité… Et je crains qu’avant qu’ils ne commencent à s’intéresser à la bisexualité il va falloir leur faire comprendre l’homosexualité. Tout ne se fait pas en un jour, il faut procéder par étapes, non pas parce que les hétéros sont des abrutis, mais parce que ça ne les intéressent pas.
    Surtout que pendant les débats ceux qu’on a entendu c’était des opposants homophobes donc encore pire.

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  17. merci pour cet éclairage sur la bisexualité (qui ne se limite pas, on a bien compris, à la sexualité, mais englobe l’attirance amoureuse).

    Ceci dit, le projet de loi (que je soutiens évidemment) élargit le mariage aux personnes de sexe différents (terme que je préfère à opposés ;-), et non aux personnes de genre différent ; c’est bien de sexe à l’état civil qu’il s’agit.

    En 2011, une transgenre (pour la petite histoire : opérée, mais n’ayant pas bénéficié de changement d’état civil) a pu épouser sa compagne, une femme cisgenre, démontrant pr là que c’est le sexe à l’état civil qui est (était bientôt) le critère du « mariage hétérosexuel » de papa…

    Autre réflexion. Deux de mes amies, femmes transgenres, se sont mises en couples ; elles se sont pacsées, puisque de sexe masculin à l’état civil, elles ne pouvaient pas se marier… Aux yeux de de l’état civil français, contre l’évidence amoureuse, affective sociale et même corporelle, il s’agissait d’un couple de gays. Quelques semaines plus tard, l’une des deux femmes transgenres obtient son chnagement d’état civil ; les mêmes personnes deviennent, aux yeux de l’état civil, un couple hétérosexuel et auraient pu se marier… Quelques mois plus tard, la seconde obtient son changement d’état civil : les mêmes deviennent aux yeux de l’état civil un couple de lesbiennes, et elles ne peuvent plus se marier 🙂 Couple de « gays », couple « hétéro », couple de lesbiennes enfin : en quelques mois, ce couple de lesbiennes transgenres peut ou ne peut pas se marier. Pour les transgenres, comme pour toutes les autres personnes (bi compris), le mariage ouvert à tous les couples débouchera sur une simplification juridique. C’est une vraie avancée.

    Reste à voter d’autres lois pour le changement d’état civil libre et gratuit en mairie, pour les droits du genre, l’accès des lesbiennes à la pma et l’égalité de tous les couples et de tous les enfants devant la loi, toutes choses non prévues par le projet de loi Tabira.

    En mai-juin, lors des marches, on saluera une avancée et, dans le même mouvement, on réclamera l’égalité totale des droits. Vite et pour tous les LGBT, bi et transgenres compris, sans oublier les intersexes comme l’a très justement rappelé Delphine !

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  18. Super article, comme d’habitude. Bon courage avec ceux qui ne comprennent pas ou lisent mal.
    Un mariage homo ou hétéro ça m’a toujours fait rire. Petit cours de grammaire : l’adjectif, ici épithète il me semble, se rapporte au nom auquel il est accolé. Depuis quand un mariage a-t-il une orientation sexuelle?
    Je vous laisse méditer là-dessus, apparemment certains en ont besoin…

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  19. Je suis contente que tu ais écrit cet article, qui exprime bien certaines réflexions que je me suis faites ces derniers mois, sans trop oser les mettre en ligne (je voyais venir à l’avance certains commentaires……).

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  20. @Le Biplan : j’apprécie tes approches réflexives qui sont à la fois rentre dedans de clarté et ceci tout en douceur. Je ne suis pas toujours d’accord sur tout mais dans l’ensemble, tes textes font beaucoup de bien. En grande partie car tu as à coeur de proposer des opinions sur le monde des Ni homo, ni hétéro, et que ca reste encore très rare aujourd’hui. Même si je n’aime pas l’idée de communauté, je crois que le groupe disparate des BIS a la chance d’avoir la liberté d’être une part des deux bords, il en devient alors un monde à part, exempté de ces questions rigoristes.
    Le « pas d’accord sur tout » c’est car je rêve personnellement d’en arriver à un stade où l’appellation, la classification communautaire Hetero, Homo ou Bi deviendrait obsolète. Où on serait Soi, en harmonie avec ses envies et ses réalités propres, s’en avoir à rassurer ses interlocuteurs quant au camp auquel on appartient.
    Je me suis toujours vécu Humaine. L’esprit avant tout. En vieillissant, je deviens la femme que mon corps et mes expériences me permettent d’apprivoiser.
    Je prends plaisir à déconstruire des attitudes dites masculines ou féminines, liées à mon côté dit gay ou hétéro. J’essaye d’aimer avec sincérité et sans modèle des êtres, hommes ou femmes qui acceptent toutes mes facettes. Et ca a pris des années.
    Il y a en effet toujours toutes ces tentations de l’Autre, le complètement différent de celui à qui l’on se consacre, si on est en relation. Me concernant, j’ai rencontré mon grand amour, après 10 ans de vie amoureuse chaotique (de deux bords, vécu de façon déroutée bien sûr). C’est une femme, je suis une femme. Nous sommes un couple. Homo ? Seulement s’il on s’en tient à une définition d’ordre anatomique. Pour le reste, j’oublie son sexe. Comme je ne réalise plus qu’elle me parle en anglais, puisqu’elle est américaine. C’est.. fluide. Puis j’ai des envies d’hommes régulières, parfois assouvies, et comprises par ma blonde, tout comme je lui laisse cette liberté d’en aimer d’autres par passage. Sommes nous bi ? nous ne nous posons pas la question, la sexualité et les sentiments sont trop complexes pour être catégorisés à mon sens. C’est un choix personnel, et je ne crois pas qu’on puisse dire que notre ouverture sexuelle explique cette façon de faire. Ce sont les commentaires extérieurs qui me rappellent que je devrais rassurer en m’affichant gay. Quand j’annonce que ceci ne fait pas de moi une lesbienne, je trouve souvent de la perplexité chez mes interlocuteurs. Et presque une condescendance sourde accusante. Car je me décale de toute revendication, et c’est presque comme récolter le fruit des combats des homos, sans légitimité. Alors que je me sens de tous les combats pour la liberté d’être mais bien au delà des questions d’orientation. Je milite pour qu’on cesse de me demander d’afficher quoique ce soit. Je milite pour qu’on cesse de découper des camps en refusant l’idée même de vagabondage. qu’on comprenne enfin que certains en on rien à secouer de savoir ce qu’ils sont.
    Merci de m’avoir lu, pardon pour le découpage sûrement décousu, j’avoue que juste écrire tout ça fit beaucoup de bien.

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  21. Je suis bi : pour moi je suis homo et hetero. Je ne me sens pas oubliée dans le mariage pour tous puis que je pourrais épouser quelqu’un du même sexe que moi si je suis en couple avec une femme. J’ai défilé en tant qu’homo et hetero car je crois que nous sommes tous nés libre et égaux, et aussi pour que moi toute entière aie les mêmes droits. Bien sûr les bi sont souvent niés puisque quand nous sommes en couple : pour les autres nous sommes devenus hetero ou homo alors que nous sommes restés bien sûr bi. mais pour le mariage j’étais à ma place en tant que bi dans les manifs et heureuse d’y être.

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  22. Je pense que les bi sont passés sous silence parce que la loi mariage pour tous est défendue avec une rhétorique stéréotypée qu’ils mettent à mal.

    J’explique : il y a un échange que j’ai vu 100 fois sur les commentaires du Huffington Post :
    « Non au mariage homo ! Ils ont choisi de vivre pas comme les gens normaux, ils assument ! »
    « Parce que tu crois qu’on choisit de vivre en étant méprisé et persécuté par toute la société ? »

    Le problème, c’est qu’un bi, d’une certaine manière, a le choix, justement. Je veux dire qu’il peut renoncer à une liaison homo parce qu’il veut vraiment se marier, et donc concrétiser par mariage une liaison hétéro de second choix.

    Que ce soit bien clair, ce n’est pas ce que je défend. Je suis d’accord, chacun doit pouvoir épouser son véritable amour, et si les bis le choisissent dans un éventail plus large, tant mieux pour eux.

    Mais ce que je pense, c’est que peu d’hommes politiques oseraient afficher ouvertement cette position, et préfère défendre les purs homos qui ne peuvent pas DU TOUT se marier sans cette loi.

    Encore heureux que personne n’ait non plus le mauvais goût de proposer un amendement anti-bi du genre « une personne divorcée ou veuve d’un mariage homo ne peut contracter de mariage hétéro, et vice-versa ». (avis : celui qui pense que cet amendement serait une bonne idée sera enfermé dans un placard, attaché à une chaise, devant une télé diffusant tous les épisodes de Friends en rapport avec Carol en continu).

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  23. @biplan

    effectivement, merci pour cette expression libre. les bissexuels, la bisexualité ne sont, n’est effectivement pas montée au créneau en temps voulu.

    mais, cela a été quasi impossible de toute façon, vu comment les politiques de gauche comme de droite ont préféré encadrer le débat dans le très binaire « homophobe-homophile ».

    ceci étant fait, il ne restait plus que des failles pour la liberté d’expression qu’à la hauteur de la droite, c’est à dire, entre homosexualité, pédophilie, zoophilie et polygamie.

    autant dire que j’ai préféré l’or du silence, à l’argent de la parole. de toute façon, j’y ai gagné en écoute et en compréhension.

    et du coup, je serai peut-être plus sensible à ce qui se dit sur votre blog.

    cordialement.

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