Deux mots sur les "Antigones", la dernière supercherie des réacs pseudo-cools

EDIT fin mai-début juin pour ajouter d’autres liens vers des articles et pages décortiquant ce « mouvement ».

Il y a quelques jours à peine a émergé un blog WordPress titré « Les Antigones », qui prétend promouvoir un mouvement « apolitique » de femmes « féministes » qui… heu… ben elles sont contre les Femen, mais en dehors de ça on sait pas trop. Oui, elles sont pas super fortiches pour se trouver une démarche autonome, en dehors de taper sur les Femen. Fumeux, mh. Mais attention, elles sont cultivées ! Elles font une référence à une figure mythologique ! à la Grèce antique ! Tout ça ! Et attention attention, elles ont tout compris au monde moderne et donc elles ont un trop super choupi logo trop design !

Hélas pour elles, le Silvius était là et n’a pas apprécié qu’on tente de lui pourrir sa mythologie. Prenez garde, j’ai dégainé Paint.

Au besoin, cliquez sur l’image pour la voir dans sa taille d’origine.Les-Antigones-BanderoleFace à ces « Antigones », j’ai envie de dire : les filles, décoincez-vous, buvez du vin, mangez de la viande crue, décoiffez-vous, remplacez-moi ces toges blanchâtres par des peaux de bêtes fraîchement écorchées, suivez ce transgenre de Dionysos, écartelez tous ces beaufs de Penthées qui essaient de se rincer l’œil en vous épiant du haut de leur pin(e), bref, relisez Les Bacchantes d’Euripide, et faites ce que vous voudrez ! ALLEZ BACCHANTES !

Qu’on s’inquiète de cette énième tentative médiatique ou qu’on s’en amuse, une chose est certaine : il est hors de question de laisser l’extrême-droite ou même les conservateurs faire main basse sur un tel classique de la littérature ou sur les références à la mythologie ou l’Antiquité.

C’est déjà très mauvais pour le pays de voir ses symboles si souvent usurpés par les extrémistes, c’est déjà consternant de voir un épisode historique comme celui de Jeanne d’Arc brandi par des histrions sournois qui n’ont certainement aucune leçon d’histoire à donner (mais beaucoup à recevoir), alors on ne va certainement pas rester les bras croisés pendant que les marketeux réacs s’ingénient à salir nos références culturelles communes en les tirant dans un sens politique qu’ils n’ont pas et ne peuvent même pas avoir (comme je l’ai montré plus haut).

Qu’on nous laisse Antigone tranquille, et stop à l’enfumage !

D’autres informations sur ce « mouvement apolitique » :

« Antigones : ces anti-Femen contre le mariage gay et la « théorie » du genre », sur le Huffington Post, le 27 mai 2013.

« Antigones : piège à connes », sur Moom light, le 27 mai 2013.

« Les Antigones… What Sophocle ? », sur Les Nouvelles News, le 27 mai 2013.

« Les Antigones. Mais pourquoi… ? », sur le blog Maelle & diction, le 28 mai 2013.

« Antigones, l’extrême-droite en robe blanche », article sur Barbieturix, le 29 mai 2013.

« Antigone doit mourir ! » – Les Antigones décryptées, billet sur La Horde, le 1er juin 2013.

Une page Facebook : « Non à la récupération d’Antigone par les réactionnaires », créée le 3 juin.

Pour finir, une blague : la famille Cussédupoulet a un fils, comment l’appellent-ils ? Hémon, bien entendu.

Dix raisons de se réjouir après le débat sur le mariage

 Notre pays ne philosophe pas assez et a une furieuse tendance à voir tout en noir. Certes, nous sortons d’un débat où la surreprésentation médiatique d’une parole réactionnaire extrémiste a consterné, lassé et plus généralement usé beaucoup de monde (et pas seulement les LGBT+++, même s’ils étaient plus directement concernés que les autres). Et je ne peux qu’approuver la position intransigeante du collectif « Oui oui oui » dans son communiqué de l’autre jour et son appel à poursuivre la lutte politique et militante.

Mais malgré cela, je refuse de céder à l’amertume. Ne voir que ce qui ne va pas, ce serait déjà accorder une victoire à nos adversaires politiques, à ces extrémistes enragés pas si nombreux que ça, qui se sont ingéniés pendant des mois à faire croire à un pays progressiste, sur le point d’adopter une belle loi, qu’il était plus réactionnaire qu’il ne l’est en réalité.

Nous avons assisté, à l’échelle du pays, au même processus qu’on peut observer tous les jours sur Internet dans les commentaires aux articles de presse : sur le nombre énorme d’internautes qui viennent lire la page, une poignée d’idiots se déchaîne en postant à tout va des propos outranciers stupides et insultants… et l’internaute moyen, cédant au pessimiste, voit cinq ou dix messages et en conclut que l’ensemble de l’humanité est horrible et détestable, sans penser aux 95% de lecteurs paisibles qui n’ont rien dit. De même, gardons-nous de nous imaginer la France comme entièrement peuplée des mêmes sinistres individus qui s’entêteront à défiler dans la rue encore aujourd’hui. Car c’est là précisément ce qu’ils cherchent à nous faire croire, en dépit des résultats de plusieurs élections, des chiffres de sondages et des multiples tribunes, avis et points de vue favorables à la loi que nous avons pu lire un peu partout.

Voici donc dix raisons pour lesquelles ce débat a bel et bien réussi à faire avancer les choses dans le bon sens et qui font de l’adoption de cette loi une victoire qu’il ne faut pas bouder.

1) La consécration du concept d’homophobie. C’est ce qu’Eric Fassin appelle « l’inversion de la question homosexuelle » dans son livre du même nom (1). Au départ, c’était l’homosexualité qui était considérée comme hors normes et les propos et actes discriminatoires à son encontre n’étaient même pas remis en cause. Désormais, c’est l’inverse, et pour de bon : c’est l’homophobie qui est hors la loi. Pour les LGBT+++ c’est une évidence, mais il faut voir que ça n’en était pas une il y a encore peu de temps.

Certes l’homophobie persiste, et sous des formes toujours virulentes, mais cette radicalisation m’a toujours semblé avoir un côté désespéré. Ce clergé qui brandit des menaces de fin du monde, ces politiques qui multiplient les déclarations-choc, dissimulent mal leur décalage complet vis-à-vis de la société française actuelle, déjà favorable à la loi depuis plusieurs années. Ce à quoi nous avons assisté, surtout dans le cas de l’Église, c’est à une manifestation de rage impuissante de la part d’anciens pouvoirs qui n’ont cessé de reculer au cours des dernières décennies, qui ont vu les rênes du pays finir de leur échapper avec les dernières élections, et hurlent leur colère à l’idée de ne plus pouvoir rien contrôler. Et de fait, leur concert si bien organisé de protestations outrancières n’a pas eu la moindre prise sur la loi concernant le mariage et l’adoption (reste à veiller à ce qu’ils n’aient pas la peau de la PMA).

 2) Une prise de conscience à l’échelle du pays. C’est la conséquence de la raison précédente : maintenant, la France entière sait à quoi ressemble l’homophobie, pourquoi on a besoin d’un mot pour ça et pourquoi on veut tellement lutter contre. Rien de plus familier ni de plus évident pour une personne homosexuelle ou bisexuelle que le concept d’homophobie. Oui mais. Là où les principaux intéressés vivent avec ce concept et connaissent l’importance de la lutte contre l’homophobie depuis des dizaines d’années, l’hétéro moyen, celui qui ne fréquente pas ou peu d’homos et ne connaît absolument rien à la communauté ou à l’histoire des luttes pour l’égalité des droits, celui-là n’avait souvent de l’homophobie qu’une image assez vague et désincarnée, au point qu’il arrivait à mes amis hétéros de hausser les épaules ou de faire des mines du genre « Tu en fais trop » quand j’employais ce terme.

Je peux vous assurer que ce n’est plus le cas maintenant. Certes, le sursaut rageur des paroles homophobes a été douloureux pour tout le monde, mais il a achevé de faire prendre conscience au pays tout entier que oui, l’homophobie existe, qu’elle est une menace réelle et qu’elle mérite d’être combattue avec vigilance. Mieux, la figure de l’homophobe a désormais rejoint les caricatures politiques et devient la risée des dessinateurs de presse et des chroniqueurs humoristiques (les mêmes qui faisaient encore des blagues douteuses sur les homos il n’y a pas si longtemps).

3) La libération de la parole des victimes. C’est une raison limitée de se réjouir, certes, mais c’est là encore une avancée réelle : les homophobes parlent et agissent, mais désormais leurs victimes parlent et agissent aussi. La progression des chiffres des plaintes et des témoignages reçus par SOS Homophobie dans son rapport 2013 appelle une double lecture, qui n’a pas échappé à l’association : cette progression n’est pas due seulement à une augmentation brute des propos et des actes homophobes, mais aussi au fait que les victimes ont davantage le réflexe de parler et de recourir aux associations qui peuvent leur venir en aide. Or le silence des victimes contribuait à faire persister des situations iniques, et briser ce silence est une condition importante pour faire changer les choses. Il est important de voir que désormais les victimes savent qu’elles ne sont pas seules et qu’elles ne doivent pas rester isolées.

4) Une nouvelle génération de militants pour l’égalité des droits. S’il ne faut pas minimiser la violence des opposants à la loi, on ne peut pas non plus oublier si vite les très nombreux soutiens qui ont rejoint le combat en faveur de l’égalité. Pour les LGBT+++, c’est une nouvelle page de l’histoire de leurs luttes qui vient de s’écrire. Elle a été l’occasion d’une prise de conscience de la part de nouvelles générations qui ont découvert l’engagement militant, les manifestations, la bataille pied à pied dans les conversations et sur le Net. Pour beaucoup de jeunes, elle a été l’occasion de faire leur coming out et de s’engager politiquement. Pour un nombre non négligeable d’anciens, elle a été l’occasion de sortir enfin de l’ombre et du silence.

Mais nous n’étions pas seuls : de très nombreux hétéros se sont eux aussi engagés en faveur de la loi, ont publié des tribunes, ont posté des messages et des témoignages, et sont descendus battre le pavé pour refuser fermement le nivellement du débat par les extrémistes réactionnaires. J’ai ici le plaisir de parler à partir de mon expérience personnelle. En tant que bi, je n’avais jamais fait autant de manifestations en si peu de temps dans ma vie, et je les ai faites avec plaisir, parfois la rage au cœur, avec la conviction qu’il ne faut renoncer à rien. Et en tant que jeune homme, tout simplement, j’ai eu le très, très grand plaisir d’être rejoint très souvent par des amis qui s’identifiaient comme hétéros (et d’autres qui n’arboraient pas de symbole LGBT+++ évident et dont je ne demandais pas l’orientation sexuelle parce que je ne les connaissais pas beaucoup et qu’après tout ce n’était pas mon affaire). Ils étaient conscients eux aussi que cette loi ne concernait pas qu’une minorité, mais engageait les valeurs républicaines. Ils n’étaient pas directement concernés mais ont été là pour nous soutenir. Ils ont été très nombreux et nous leur devons des remerciements chaleureux.

5) Un regain d’intérêt pour le fonctionnement des institutions. Ça a été comme un cours d’éducation civique géant. Jamais depuis longtemps on n’avait suivi avec autant d’attention et de passion les travaux de l’Assemblée Nationale et du Sénat. Je pense que maintenant tout le monde est incollable sur la façon dont on légifère en France de nos jours ! On doit cela en partie aux médias (dont les médias LGBT, bien sûr, mais pas seulement) qui ont changé le parcours législatif en un véritable feuilleton. Mais on le doit aussi à un réel intérêt des citoyens pour le bon fonctionnement des institutions.

On n’a pas assez dit aussi que ce débat a montré une nouvelle proximité des citoyens avec le processus législatif. La diffusion des débats à la télévision sur LCP, la chaîne parlementaire et sur les sites de visionnages de vidéos permettait à chacun de suivre les débats en direct ou d’en revoir les moments forts : ce qu’ont dit les député-e-s peut être consulté à tout moment et ne s’oubliera pas. Le site de l’Assemblée Nationale permettait dans le même temps de consulter le projet de loi lui-même et les comptes rendus des séances. Idem pour le site du Sénat. Toutes ces pages ont été diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, nous avons été incités à témoigner directement notre soutien ou notre désaccord aux personnalités politiques impliquées dans le débat. Or ce contact plus direct avec les élus et avec les institutions dans leur fonctionnement quotidien est une excellente chose, qui fait du bien à la démocratie et qui nous rappelle que c’est d’abord ça la politique, la vraie politique.

Sans surprise, les opposants, de leur côté, ont tout fait pour faire dysfonctionner les institutions : obstruction parlementaire, perturbation des séances par des militants cachés dans le public, harcèlement des élus par mail ou violence physique… cette tactique a un nom, c’est du terrorisme. Ce recours à des moyens aux marges de la légalité, voire franchement illégaux, montre en creux le désespoir des opposants et doit nous rappeler que quand la République fonctionne bien, les droits de tout le monde peuvent avancer, réellement, pour de bon. Ce bon fonctionnement des institutions au quotidien, il ne faut pas s’en désintéresser, mais le suivre attentivement et en prendre soin : sans lui, il n’y a plus de démocratie digne de ce nom.

6) L’irruption des sciences humaines dans le débat. Lisez-vous beaucoup d’articles et de livres de sociologie et d’anthropologie ? Non ? Vous devriez, ça fait beaucoup de bien. Et depuis quelques mois, vous avez pu le faire beaucoup plus facilement. En réaction à l’enfumage des opposants qui tentaient d’effrayer le badaud à coups de « changements anthropologiques » (ce qui ne veut rien dire, pas plus que « l’aberration anthropologique » de Fillon, qui ne serait décidément pas du genre à fonder un musée au quai Branly façon Chirac et aurait plutôt sa place dans Tintin au Congo), les vrais anthropologues, comme Françoise Héritier ou Maurice Godelier, ont pris la parole pour nous parler du mariage dans les sociétés humaines et de ses métamorphoses depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Hélas, hélas pour le clergé, le mariage n’est décidément pas catholique à l’origine, et le modèle étroit et mesquin défendu par les opposants à la loi est apparu comme tel. Ce regard plus vaste dans l’espace et le temps sur ce que font les sociétés humaines n’a fait que nous faire prendre conscience encore mieux de notre liberté.

Les sociologues, de leur côté, étaient déjà là depuis un moment (on les avait pas mal entendus à propos du PACS). Mais une fois encore, ils ont été là pour pourfendre les préjugés. Outre des figures modérées mais qui ont fait preuve d’une grande honnêteté intellectuelle, comme Irène Théry, je ne peux que penser aux interventions remarquables d’un Éric Fassin, d’un flegme admirable face à des interlocuteurs éructants, et toujours là pour désamorcer les peurs et détricoter les mensonges des opposants, que ce soit sur la loi du mariage ou sur les études de genre. Il faudrait aussi dire un mot des tribunes collectives de nombreuses personnalités (comme « Non à la collusion de la haine » dans Le Monde en novembre) ou des bilets consacrés à la loi par l’imperturbable avocat maître Eolas (en trois parties : une, deux, trois).

7) Une loi bi-friendly. Je m’attarde moins sur ce point parce que j’en ai déjà parlé (par exemple là) : on a beau ne pas en parler beaucoup, la loi qui vient de passer est beaucoup plus qu’un simple « mariage gay ». Elle confère de nouveaux droits à tout le monde, sans recourir à la notion d’orientation sexuelle. Et c’est très important, parce que, de ce fait, elle est autant ouverte aux monosexualités (les personnes attirées par un seul sexe : homos et hétéros) qu’aux sexualités non monosexuelles, qu’on s’identifie comme bisexuel-le ou comme pansexuel-le. C’est une loi non pas seulement gay-friendly mais LGB-friendly. D’autres combats restent à mener, comme la PMA et la reconnaissance des droits des trans, mais c’est déjà un progrès notable (et même en avance sur la visibilité actuelle des bi dans les médias).

8) Enfin une loi de gauche ! Là, on ne peut s’en réjouir que si on est de gauche, forcément. Mais enfin tout de même. Pour une fois, les choses ont été claires : c’était une loi de gauche. Dans le débat, les positions de la gauche et celles de la droite étaient diamétralement opposées (malgré quelques efforts louables mais bien trop rares de la part de quelques élu-e-s de droite). Nous avons vu s’affronter une gauche progressiste et une droite désespérément conservatrice, voire réactionnaire. Les différences radicales entre le PS et l’UMP sont apparues, tant sur la loi elle-même que sur les valeurs qui la sous-tendent. Difficile de penser qu’il n’y a pas de différence entre gauche et droite après ça ! Par ailleurs, ce débat a été un vrai baptême du feu pour toute une nouvelle génération d’élu-e-s de gauche, parmi lesquels la moindre n’était pas Christiane Taubira, à qui nous devons quelque chose de très important qui est une nouvelle rhétorique de gauche puissante et humaniste, comme il faut en avoir davantage si nous voulons vaincre les forces réactionnaires qui tentent en ce moment de tirer le pays vers le bas. C’était de la belle rhétorique de gauche : il en faudra encore, et pas qu’un peu. C’était une loi de gauche : il faut maintenant en réclamer d’autres.

9) La chute des masques à l’extrême-droite. Ouais, je suis d’accord, la parole décomplexée de l’extrême-droite n’est pas exactement une bonne nouvelle. Mais quand on y réfléchit deux minutes, sur le plan stratégique, tout est loin d’être perdu. Souvenez-vous : il y a peu de temps encore, l’extrême-droite et en particulier le FN se prétendaient gay-friendly. Ce n’était qu’un moyen d’exploiter les préjugés des gens en leur faisant croire que les homophobes sont nécessairement les étrangers (en particulier les gens du Proche-Orient, et en particulier les gens de confession musulmane, naturellement…). Il fallait vraiment être naïf pour se faire avoir par cette ficelle rhétorique grossière. Mais à force de lisser son discours, Marine Le Pen avait réussi à se refaire une respectabilité. Toute cette subtilité a volé en éclats pendant le débat sur le mariage. Marine Le Pen, soit qu’elle tombe le masque, soit qu’elle ait été dépassée par les éléments les plus réactionnaires de son parti, n’a plus pu entretenir l’illusion et s’est engagée à fond contre le mariage, au côté du GUD, de Civitas et des mouvances les plus violentes.  Le fond ressort, et il est fangeux. Or, plus la fange est visible, plus on la repère. J’espère que certains gros malins tentés par l’extrême-droite se rendent mieux compte d’à qui ils ont affaire après ça.

10) Le sursaut des croyants progressistes. Qu’on en a entendu, des propos réacs, de la part des représentants religieux et surtout (très loin devant les autres) de la part du clergé catholique ! Qu’ils ont été prompts à monter au créneau ! Avec quel bel ensemble ! Avec quelle organisation légionnaire ! Avec quels moyens financiers ! Avec quels alliés reluisants (ah, Civitas) ! À les entendre, toute la chrétienté était d’accord avec eux pour réserver la famille aux papas et aux mamans, pour tout repeindre en bleu et en rose avec des mamans légèrement moins grandes que leurs maris, bref, pour réclamer un monde parfait. Hélas ! Ils avaient malencontreusement oublié de demander l’avis des ouailles, et pas mal de brebis ont bêlé de travers. Voyez les articles sur Marianne, sur Le Monde, les tribunes publiées par des associations comme Nous sommes aussi l’Eglise et l’hebdomadaire Témoignage chrétien ; il y a même eu un site ApostasiePourTous… Ils avaient aussi oublié que, d’après une enquête de l’IFOP en août dernier, 45% des catholiques pratiquants étaient favorables au mariage pour tous : de quoi fissurer la « légitimité » du clergé antimariage.

Là encore, l’écart entre la com’ des opposants et la réalité est abyssal, pour ne pas dire caricatural. Les protestations et le ras-le-bol des chrétiens pro-mariage se sont fait entendre crescendo au fil du débat, et des associations chrétiennes pro-mariage étaient présentes dans les manifestations pour la loi. Gageons que beaucoup de croyants n’auront pas apprécié de voir leur parole et leur existence même niées par leurs représentants au sein de leur Église. Cela donnerait-il lieu (enfin) à un sursaut des chrétiens progressistes face à un Vatican et à un clergé français toujours aussi en décalage avec la société actuelle ? Ce sera à eux de jouer, mais les tensions au sein des institutions catholiques n’ont pas fini de grimper.

Voilà donc dix raisons de ne pas se croire « vaincus », comme le dit trop vite le collectif Oui oui oui (qu’aurait-il dit si la loi n’était pas passé, je me le demande). Certes, il y a encore un long et rude combat à mener, certes les réactionnaires sont virulents et ne doivent pas être sous-estimés… mais nous ne devons pas leur laisser le monopole des termes du débat, ni celui des généralités.

Il ne faut pas avoir peur de dire : nous avons gagné. Il ne faut pas avoir peur de dire : c’est l’aboutissement de plus d’un siècle de lutte pour l’égalité des droits, et ce n’est pas terminé. Il ne faut pas avoir peur de dire : nous continuerons à nous battre pour les valeurs républicaines.

Et, je le répète encore, il ne faut pas se laisser miner par la com’ des réactionnaires. Les chiens aboient, le char de la Marche des fiertés passe.

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(1) Éric Fassin, L’Inversion de la question homosexuelle, Paris, Éditions Amsterdam, 2005.

Merci la France !

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Hier 17 mai 2013, la loi ouvrant le mariage civil et l’adoption aux couples de même sexe a été promulguée.

Ainsi, depuis hier, en France, tout citoyen ou toute citoyenne peut, dès sa majorité, se marier avec un citoyen ou une citoyenne ayant aussi atteint sa majorité.

Ce droit, nous l’avons toutes et tous, quelle que soit notre orientation sexuelle et sentimentale supposée.

De ce fait, non seulement les personnes qui s’identifient comme homosexuelles ou bisexuelles pourront épouser des conjoints du même sexe au même titre que les personnes s’identifiant comme hétérosexuelles épousent des conjoints de sexe différent,

mais personne ne se trouve enfermée dans une quelconque catégorie, qu’il s’agisse d’hétérosexualité, d’homosexualité, de bisexualité ou de tout autre concept déterminant les goûts et les attirances d’une personne.

Ainsi, tout homme tombant amoureux d’un homme et désirant fonder une famille avec lui, toute femme tombant amoureuse d’une femme et souhaitant fonder une famille avec elle, tous pourront le faire, et cela quelle que soit leur histoire personnelle et leurs relations amoureuses et sexuelles passées.

Si vous vous pensez homosexuel-le et que vous souhaiter épouser votre conjoint-e, c’est désormais possible. Si vous tombez amoureux/se de quelqu’un de l’autre sexe, vous pouvez aussi vous marier et avoir des enfants. Réciproquement, si vous vous pensiez hétérosexuel-le et que vous tombez amoureux/se de quelqu’un du même sexe, vos perspectives d’avenir n’en sont pas bouleversées et la légitimité de votre union sera la même aux yeux de la société civile.

C'est une vieille affiche, mais je la remets parce que j'aime beaucoup cette image.
C’est une vieille affiche, mais je la remets parce que j’aime beaucoup cette image.

Cette loi est un grand progrès pour les droits humains en France. Ce n’est pas tous les jours qu’une loi à la fois aussi simple et aussi puissamment symbolique est adoptée dans notre pays, alors vous me pardonnerez, j’espère, d’élever un peu le ton et d’être solennel et patriotique, pour une fois.

Le débat qui a précédé cette loi a été riche, mais a donné lieu de la part de la frange extrémiste de ses opposants à un déchaînement de violence verbale et physique peu compatible avec les valeurs de notre République. Beaucoup de gens en ont souffert, et je ne parle pas seulement d’homosexuels ou de bisexuels, mais aussi de nombreux citoyens favorables à cette loi d’égalité.

La pire arme de l’intolérance, de l’obscurantisme et de la démesure est sans aucun doute le sillage de consternation et d’effarement dont ils se drapent comme d’un nuage empoisonné face aux gens intellectuellement honnêtes. La Pythie de Delphes, en son temps, disait : rien de trop. Sophocle, dans Œdipe roi, mettait en garde le héros contre l’aveuglement de sa colère par l’intermédiaire du Chœur : « La démesure enfante le tyran ». Des millénaires plus tard, Michel Audiard, dans Les Tontons flingueurs, résume admirablement leur pensée : « Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît. »

Face aux outrances des réactionnaires extrêmes, face à l’enflure des propos de personnalités politiques irresponsables qui ne sont pas à la hauteur de leurs mandats, il est toujours tentant de céder à l’abattement ou de sombrer dans l’amertume ou le cynisme. Certains, les moins maîtres de leurs passions, cèdent à l’impulsion animale qui consiste à répondre à la violence par la violence et à l’intolérance par l’intolérance, sans se rendre compte qu’en recourant à des procédés pareils pour imposer leurs valeurs, ils les renient eux-mêmes en croyant les défendre.

La meilleure stratégie face aux excès reste la mesure, qui n’est pas la faiblesse. La modération, la persévérance, la discussion argumentée et ferme, le respect des lois et un minimum de réflexion sur les principes qui les fondent, sans oublier la bonne transmission du savoir, voilà ce qui nous fera vaincre les haines et ouvrir les esprits. Dans bien des cas, ce sont les préjugés, l’ignorance ou la paresse intellectuelle qui font le lit de l’intolérance : c’est contre cela qu’il faut lutter, sans jamais réduire la lutte à un affrontement manichéen entre bons et mauvais citoyens. Tout le monde peut comprendre. Avec le temps, j’ai bon espoir que tout le monde comprendra à quel point cette loi est une bonne chose.

Mais avant toute stratégie, ce à quoi il ne faut jamais renoncer, c’est à la confiance et à l’optimisme à propos des Français et de la France. Prendre les gens pour des imbéciles, croire qu’on ne sera pas capable de faire quelque chose, c’est y renoncer avant même d’avoir essayé. On disait il n’y a pas si longtemps qu’impossible n’était pas un mot français. J’aimerais retrouver plus souvent cet état d’esprit dans la société actuelle, au lieu de cette complaisance dans le défaitisme qui ne nous avance à rien et nous entretient dans une mauvaise image de nous-même.

Alors, maintenant que la victoire est là, mettons de côté les péripéties de la lutte, oublions juste un moment tout ce qu’il reste encore à faire, et poussons un cri de joie longtemps attendu, comme l’autre jour  dans le XIVe arrondissement à Paris, après l’adoption définitive du texte à l’Assemblée nationale. YA-HOU ! Pas toujours facile quand on a peu d’occasions de yahouter. Refaisons-le : YAHOUUUUUUU !!!

Le fait est là. Nous l’avons fait ! Notre pays, notre peuple en est capable ! Nous pouvons, quand nous le voulons, être fidèles aux grandes valeurs qui ont fait notre fierté dans l’Histoire, et qui la feront encore, si nous nous en donnons les moyens.

Il n’y a pas d’avenir sans vision de l’avenir, sans volonté de construire une République encore plus républicaine et une société meilleure. Les rêves sont les fondations des réalités de demain, et c’est pour cela que nous avons besoin d’oser espérer, d’oser rêver, d’oser même l’utopie, et d’oser agir pour des causes en apparence perdues d’avance. La politique, loin d’être une sorte de jeu creux ou d’éternelle déception d’un « Tous pourris » simplement faux (car les personalités politiques de bonne volonté existent et agissent autant que les autres), est la condition indispensable à la construction de cette société meilleure.

S’en désintéresser, c’est laisser le champ libre aux forces réactionnaires, c’est laisser le terrain aux extrémistes et aux grandes gueules vaines. Et il est hors de question, en ce qui me concerne, que je laisse ce terrain aux réactionnaires, tout comme il est hors de question que je leur laisse le monopole des symboles de la France, du drapeau français, de Marianne, et de cette devise républicaine à laquelle ils ne comprennent rien. La liberté, l’égalité et la fraternité, c’est maintenant, et c’est en agissant maintenant que nous les assurons pour l’avenir.

Alors, j’ai envie de dire : Marions-nous ! Adoptons ! et… faisons encore de la politique !

Vive la République, vive la France, vive nous les Français (un peu d’autocongratulation ne fait pas de mal ^_^) !

Et surtout, vive la cause des droits humains, vive la lutte pour le bien-être de l’humanité !

NOTE : Si vous n’étiez pas passé-e ici depuis un moment, n’oubliez pas de consulter aussi mes annonces d’événements pour la fin mai, à Paris, Strasbourg et Amiens !

[Événements] La fin mai sera riche en débats et rencontres bi, à Paris, Strasbourg, Amiens

La mi-mai sera active, entre la Bi’causerie de Bi’cause demain lundi 13 et le débat interassociatif sur la biphobie mercredi 15 au soir, où seront notamment présentés les résultats de l’enquête sur la bisexualité. Et à la fin du mois, à Strasbourg, ce sera la nouvelle assemblée constitutive de l’association des bi de l’Est, Bi’loulous. Plus de détails ci-dessous :

Lundi 13 mai 2013, Paris : Bi’causerie (je sais, je préviens super tard, désolé…)

Où ? Quand ? Lundi 13 mai, de 20h à 22h, au Centre LGBT Paris Ile-de-France, 61-63 rue Beaubourg, 75003 Paris.

Quoi ? Communiqué de Bi’cause :

Lundi 13 mai a lieu une Bi’Causerie « à ne pas rater », avec l’intervention du centre de santé Au Maire Volta.

Cet organisme, situé à toute proximité du centre lgbt, inséré dans une politique active de santé de la Mairie de Paris, mène une activité généraliste et spécialisée dans pas moins de 8 domaines.
Il s’adresse tout particulièrement aux personnes lgbt en difficulté, peut notamment prendre en charge plusieurs aspects de santé des personnes trans’, et possède un solide réseau pour aiguiller et aider les personnes en souffrance psychologique..
Y a-t-il des questions/problématiques de santé spécifique à la bisexualité ? Des approches particulières du corps médical par rapport aux personnes bi ? Ce peut être un thème abordé lors de la réunion.
Enfin Bi’Cause a déjà développé les contacts avec ce centre en mettant à disposition des manuels de prévention, dont nos interlocutrices diront leur mode d’utilisation. Plus globalement, nous souhaitons développer le travail en commun.
La Bi ’Causerie de lundi prochain s’intègre dans cette perspective.

Mercredi 15 mai 2013, Paris : débat interassociatif sur la biphobie et présentation des résultats de l’enquête sur la bisexualité

Où ? Quand ? Mercredi 15 mai 2013, de 20h à 23h, à La Mutinerie, 176-178 rue Saint-Martin 75003 Paris.

Quoi ? Je relaie l’annonce faite sur le site de SOS Homophobie :

Débat biphobie à la mutinerie

A l’occasion de la sortie des premiers résultats de l’Enquête nationale sur la bisexualité menée par SOS homophobie, Le MAG Jeunes LGBT, Bi’Cause et Act-Up Paris, présentation/débat + soirée à la Mutinerie.

L’évènement sur FB: https://www.facebook.com/events/152871094885729/

Tous les évènements SOS homophobie dans le cadre de la journée IDAHO: http://www.sos-homophobie.org/journee-contre-l-homophobie

Vous voulez plus de détails sur le programme ? Ça tombe bien, il y en a sur l’événement Facebook, mais comme tout le monde n’a pas à être sur Facebook, je relaie les détails ici aussi :

Le 23 septembre dernier, à l’occasion de la Journée Internationale de la Bisexualité (JIB) a débuté la première grande enquête nationale sur la bisexualité. Portée par le MAG jeunes LGBT, SOS homophobie, Bi’Cause et Act Up, elle a pour but de dégager les représentations supposées et/ou réelles de la population française ou habitant en France sur cette orientation sexuelle longtemps laissée à la marge des études statistiques. C’est donc pour pallier un manque flagrant d’informations, que les quatre associations se sont donné pour mission de faire paraître un rapport sur le sujet.L’étude s’appuie sur un questionnaire en ligne et en version papier traversant en 10 questions des thématiques variées : visibilité des bisexuel-le-s dans l’espace médiatique et dans l’entourage, discriminations, relations amoureuses/sexuelles, stéréotypes…
Le questionnaire a été renseigné par plus de 6000 répondant-e-s durant deux mois et a fait l’objet d’un micro-trottoir à Besançon, Marseille, Montpellier, Nantes, Paris, Strasbourg.Le MAG jeunes LGBT, SOS homophobie, Bi’Cause et Act Up-Paris vous donnent rendez-vous à la Mutinerie le 15 mai prochain pour les premiers résultats de l’enquête et vous invitent à prendre part à une présentation/débat autour de ces résultats, synthétisés dans une brochure qui sera distribuée lors de la soirée. [En attendant le rapport qui sortira à la rentrée prochaine]
La présentation aura lieu vers 19h et sera suivie de deux dj sets :
• Jennox [Barbi(e)turix]
*** www.barbieturix.com ***
• Jasmin de Nimbocatin [LaMainCollectif]
*** www.lamaincollectif.wordpress.com ***

Vendredi 24 mai 2013, Amiens : Conférence-débat : « Ni homo, ni hétéro : Bisexuel-le-s », par la délégation régionale SOS Homophobie Picardie

Où ? Quand ? Vendredi 24 mai 2013, de 18h30 à 20h30, à l’Amphitéâtre Jean Cavaillès – Cloître Dewailly 12, rue Frédéric Petit 80000 AMIENS.
Quoi ? Cette conférence-débat est organisée par la délégation régionale SOS Homophobie de Picardie, sur laquelle vous trouverez plus d’informations sur le site de SOS Homophobie. Je relaie la description de l’événement trouvée ici dans leur programme :

Conférence-débat : « Ni homo, ni hétéro : Bisexuel-le-s »

Ni hétéro, ni homo, ils sont bi ! Souvent mis de coté, ils sont eux aussi victime de discrimination. Venez en débattre autour des résultats de la première enquête sur la biphobie en France. Débat en présence de l’association « Bi’Cause » Tous les évènements SOS homophobie dans le cadre de la journée IDAHO: http://www.sos-homophobie.org/journee-contre-l-homophobie

Lundi 27 mai 2013, Strasbourg : assemblée constituante de l’association des bi de l’Est, Bi’Loulous

Où ? Quand ? Lundi 27 mai 2013de 20h30 à 22h30 au Centre Lgbti Alsace, 7 Rue des Écrivains, 67000 Strasbourg.

Quoi ? J’avais relayé à la mi mars l’annonce de la création de Bi’Loulous, association basée à Strasbourg et destinée aux bi de l’Est de la France. Une première assemblée constituante n’avait malheureusement pas attiré assez de monde pour que l’association puisse être fondée juridiquement (selon les lois locales, il faut un minimum de 7 personnes pour créer une association). Mais nos Bi’Loulous ne se découragent pas et ont d’ores et déjà prévu une nouvelle tentative. Son succès dépendra de la bonne diffusion de cette annonce d’événement, alors n’hésitez surtout pas à la relayer autour de vous, de vive voix, par mail et sur les réseaux sociaux, forums, etc. !

Je relaie le communiqué de Bi’Loulous :

Venez nombreux à l’assemblée générale constitutive de l’association.

Objets de la réunion :
1) Adoption des statuts discutés
2) Signature des statuts par au moins sept membres fondateurs
3) Vote du bureau directeur
4) Lancement de l’association (discussion et adoption de la charte des bi et pan, brainstorming des activités envisageables sur l’année, etc.)

=> N’hésitez pas à remplir le questionnaire prévu à cet effet !
https://docs.google.com/forms/d/1snp8jsQQYEcb9JOjOxVIVYwm_eGrJSsRhfCi66iYDag/viewform

6) On bouffe ! N’hésitez pas à ramener un petit quelque chose 🙂

L’événement dispose d’un événement Facebook.

Voyez aussi le site de l’association Bi’loulous et sa page Facebook.

Lundi 27 mai 2013, à Paris : Bi’causerie au Centre LGBT (thème à venir)

Où ? Quand ? Lundi 27 mai 2013, au Centre LGBT Paris Ile-de-France 61-63 rue Beaubourg, 75003 Paris.

Quoi ? La Bi’causerie de fin de mois, dont le thème exact est encore à préciser.

Jeudi 30 mai 2013, à Paris : Bi’envenue de Bi’cause

Où ? Quand ? Jeudi 30 mai 2013, au Banana café, 13 rue de la Ferronnerie, 75003 Paris. Rendez-vous au piano bar en sous-sol.

Quoi ? La Bi’envenue mensuelle de l’association Bi’cause est une rencontre conviviale destinée à permettre aux nouvelles et nouveaux venus de découvrir l’association et de discuter de la bisexualité. Si vous n’avez jamais osé venir à une réunion de Bi’cause avant, c’est fait pour vous !

Un mois de mai riche en événements pour les bi, donc !

Et au fait, si vous êtes une femme et que vous avez (ou avez eu) des relations sexuelles/sentimentales avec des femmes, que vous vous sentiez bi, lesbienne ou autre, n’oubliez pas de remplir l’enquête de SOS Homophobie qui vous est destinée !

EDIT : Et en plus de ça, vous avez de la lecture, puisque, pour la première fois cette année, le Rapport sur l’homophobie de SOS Homophobie inclut une section à part entière consacrée à la biphobie, à sa définition et au recensement de ses différentes formes. Avec en plus des explications très claires de Nelly Ambert en encadré. Nous devons un double merci à SOS Homophobie : merci pour votre travail annuel toujours aussi précieux, et merci pour les bi !