Deux mots sur les "Antigones", la dernière supercherie des réacs pseudo-cools

EDIT fin mai-début juin pour ajouter d’autres liens vers des articles et pages décortiquant ce « mouvement ».

Il y a quelques jours à peine a émergé un blog WordPress titré « Les Antigones », qui prétend promouvoir un mouvement « apolitique » de femmes « féministes » qui… heu… ben elles sont contre les Femen, mais en dehors de ça on sait pas trop. Oui, elles sont pas super fortiches pour se trouver une démarche autonome, en dehors de taper sur les Femen. Fumeux, mh. Mais attention, elles sont cultivées ! Elles font une référence à une figure mythologique ! à la Grèce antique ! Tout ça ! Et attention attention, elles ont tout compris au monde moderne et donc elles ont un trop super choupi logo trop design !

Hélas pour elles, le Silvius était là et n’a pas apprécié qu’on tente de lui pourrir sa mythologie. Prenez garde, j’ai dégainé Paint.

Au besoin, cliquez sur l’image pour la voir dans sa taille d’origine.Les-Antigones-BanderoleFace à ces « Antigones », j’ai envie de dire : les filles, décoincez-vous, buvez du vin, mangez de la viande crue, décoiffez-vous, remplacez-moi ces toges blanchâtres par des peaux de bêtes fraîchement écorchées, suivez ce transgenre de Dionysos, écartelez tous ces beaufs de Penthées qui essaient de se rincer l’œil en vous épiant du haut de leur pin(e), bref, relisez Les Bacchantes d’Euripide, et faites ce que vous voudrez ! ALLEZ BACCHANTES !

Qu’on s’inquiète de cette énième tentative médiatique ou qu’on s’en amuse, une chose est certaine : il est hors de question de laisser l’extrême-droite ou même les conservateurs faire main basse sur un tel classique de la littérature ou sur les références à la mythologie ou l’Antiquité.

C’est déjà très mauvais pour le pays de voir ses symboles si souvent usurpés par les extrémistes, c’est déjà consternant de voir un épisode historique comme celui de Jeanne d’Arc brandi par des histrions sournois qui n’ont certainement aucune leçon d’histoire à donner (mais beaucoup à recevoir), alors on ne va certainement pas rester les bras croisés pendant que les marketeux réacs s’ingénient à salir nos références culturelles communes en les tirant dans un sens politique qu’ils n’ont pas et ne peuvent même pas avoir (comme je l’ai montré plus haut).

Qu’on nous laisse Antigone tranquille, et stop à l’enfumage !

D’autres informations sur ce « mouvement apolitique » :

« Antigones : ces anti-Femen contre le mariage gay et la « théorie » du genre », sur le Huffington Post, le 27 mai 2013.

« Antigones : piège à connes », sur Moom light, le 27 mai 2013.

« Les Antigones… What Sophocle ? », sur Les Nouvelles News, le 27 mai 2013.

« Les Antigones. Mais pourquoi… ? », sur le blog Maelle & diction, le 28 mai 2013.

« Antigones, l’extrême-droite en robe blanche », article sur Barbieturix, le 29 mai 2013.

« Antigone doit mourir ! » – Les Antigones décryptées, billet sur La Horde, le 1er juin 2013.

Une page Facebook : « Non à la récupération d’Antigone par les réactionnaires », créée le 3 juin.

Pour finir, une blague : la famille Cussédupoulet a un fils, comment l’appellent-ils ? Hémon, bien entendu.

Mariage pour tous : agissons jusqu'au bout !

Je ne sais pas vous, mais ces temps-ci, je trouve cette pseudo-Manif’ pour tous beaucoup trop remuante. Même s’ils ne sont toujours qu’une poignée, et même si je ne suis pas sûr qu’ils convainquent grand-monde, il faut s’en méfier, parce que leur mini-lobby s’est doté de tous les outils pour générer des nuages de fumée et se faire passer pour plus représentatif qu’il ne l’est. Il y a plus grave : le vote au Sénat n’est pas encore fait et il ne faudrait pas que ce sursaut des réacs fasse échouer le projet si près du but.

Alors, on va se battre jusqu’au bout pour ce projet de loi, oui ou non ?

– Ce que j’ai pour le moment, c’est la dernière pétition en date d’Allout pour soutenir le projet avant son vote au Sénat. A signer et à diffuser autour de vous si ce n’est pas déjà fait.

– Ce que vous pouvez faire aussi, c’est, comme le font en ce moment même les opposants au projet, contacter votre sénateur pour lui manifester votre soutien au projet de loi. Là, c’est sûr qu’on n’a pas encore de site zombifiant comme ce que les anti- ont mis en place, avec un fichage systématique des sénateurs, une interface infantilisante à la Google et des messages non modifiables. Par contre, vous pouvez en profiter pour vous renseigner sur votre sénateur, trouver son site et son adresse mail. Sur le site du Sénat, vous avez une page pour trouver votre sénateur. Vous y trouverez parfois directement son adresse mail. Vous pouvez aussi carrément lui envoyer une lettre à l’adresse du Sénat, c’est expliqué ici. Ça ne prend pas tant de temps que ça, c’est une démarche citoyenne et ça vous apprendra des choses sur ceux qui vous représentent. C’est aussi le seul moyen d’action directe pouvant peser sur le vote.

– Sur les réseaux sociaux, il y a en ce moment un truc qui consiste à ajouter sur son profil (parfois à la place de la photo de profil, parfois en plus) le symbole de l’Human Rights Campaign qui est utilisé en ce moment même aux États-Unis pour soutenir le mariage pour tous auprès de la Cour suprême (voyez sa page Facebook par exemple). Le site www.egalitepourtous.fr/ vous permet de générer une image de profil affichant ce symbole en surimpression sur l’image (une photo, un dessin, ce que vous voulez).

– Par ailleurs, il vaut toujours la peine de relayer des articles comme celui du « Monde » sur « la grande illusion » (qui montre que le mouvement des anti- est beaucoup moins divers et apolitique qu’il ne le prétend, et aussi qu’un tiers des associations ne sont que des coquilles vides), ou les communiqués de l’Inter-LGBT, ou les tribunes et articles du même genre sur lesquels vous pouvez tomber.

L’enfumage du plan comm’ des réactionnaires ne passera pas ! On ne lâche rien !

[Événement] Une nouvelle association bi : Bi'Loulous, en Alsace

Il y avait déjà Bi’cause à Paris depuis 1997 et France Bisexualité Info près de Lyon depuis mars 2012*. À Strasbourg existait depuis 2007 le groupe bi Ambivalences, qui en restait volontairement à une simple association de fait (sans statuts). Désormais, on comptera en France une troisième association de statut (en l’occurrence une association de droit local alsacien-mosellan, merci au Maître des bouviers pour la correction) consacrée aux bisexuels et aux pansexuels : c’est avec beaucoup de plaisir que je relaie ici l’annonce de la constitution prochaine de Bi’Loulous, association basée à Strasbourg et destinée aux bi et aux pan de l’Est de la France.

L’assemblée générale constitutive de l’association, précédée d’un apéritif, aura lieu vendredi qui vient, le 15 mars, à 20h, à La Station, qui est le Centre LGBTI de Strasbourg, au 7 rue des écrivains. Pour les informations pratiques, vous pouvez d’ailleurs aller consulter le site Web de La Station. L’assemblée constitutive dispose aussi d’un événement sur Facebook.

L’association dispose d’un forum tout neuf et d’une page Facebook, et a l’intention de à disposition de tous un maximum de documents portant sur les activités de l’association dans une volonté de transparence. Jugez plutôt d’après l’annonce faite sur l’événement Facebook :

Venez nombreux à l’assemblée générale constitutive de l’association Bi’Loulous, la seule association représentant les personnes bisexuelles et pansexuelles à l’Est de la France !

Objets de la réunion :
1) Adoption des statuts discutés
2) Signature des statuts par au moins sept membres fondateurs
3) Vote du bureau directeur

S’en suit une petite réunion des bénévoles de l’association :
1) Discussion et adoption de la charte des bisexuels et pansexuels
2) Brainstorming des activités envisageables sur l’année
3) On bouffe ! N’hésitez pas à ramener un petit quelque chose 🙂

Veuillez noter que les membres fondateurs signataires ont surtout une valeur représentative (la preuve qu’il y a assez de personnes dans l’asso) et qu’il n’y a pas beaucoup plus de responsabilités.
Les documents seront TOUS accessibles au public mais ANONYMISÉS

Pour plus d’informations, reportez-vous au forum de l’association : http://biloulous.xooit.fr/

Les statuts provisoires sont accessibles ici :
https://docs.google.com/document/d/1uLw3PLXohn4qaApK9CJEfqXZHux_shdWNmihdz49Ioo/edit?usp=sharing

Et les autres documents :
http://biloulous.xooit.fr/t4-Documents-de-fonctionnement-de-l-association.htm

J’espère que les bi et les « bi-alliés » seront nombreux au rendez-vous le 15, et je souhaite un bel avenir à cette nouvelle association, dont je tâcherai de relayer ici les activités !

______________

* Malheureusement, je commence à m’inquiéter au sujet de France Bisexualité Info, qui paraît rencontrer quelques problèmes en ce moment. D’après ce que j’ai pu lire, il semble que son président a eu maille à partir avec des homophobes locaux… Le blog de l’association, qui se trouve normalement à l’adresse http://www.france-bisexualite-info.over-blog.com/ (si vous tombez sur http://fbi.france.bisexualite.info.over-blog.fr/, sachez que c’est un ancien blog datant d’avant la création de l’association), n’est plus accessible depuis quelques semaines. J’espère que les membres de l’association redonneront rapidement signe de vie et que le site sera bientôt de retour en ligne : cette association est importante et doit poursuivre ses activités, avec tous les coups de main nécessaires si besoin.

"Plus gay sans mariage" : le nuage de fumée de Xavier Bongibault

Bon, pas besoin de vous redonner le contexte… Je voudrais simplement poser une question urgente.

Voilà : Xavier Bongibault, la « caution gay » des militants anti-mariage pour tous, se présente partout comme le « président de l’association Plus gay sans mariage ».

Ma question est : cette association existe-t-elle ? Si elle existe, a-t-elle une existence autre qu’administrative ? Combien d’adhérents compte-t-elle ? En dehors du fait d’avoir des adhérents, que fait-elle (en dehors de servir de caution à Bongibaut) ? Et surtout, que représente-t-elle réellement ?

Pour le moment, en tapant « Plus gay sans mariage » dans un moteur de recherche, on tombe sur un blog WordPress qui ne compte qu’un seul billet, posté en juillet 2012, qui consiste lui-même en une image contre le mariage pour tous. Si vous cliquez sur « A propos », il n’y a rien. Voilà tout ce que je peux trouver pour le moment. Les annonces d’associations parues au Journal officiel ? Rien. Le chiffre de 250 membres qu’on trouve dans deux ou trois articles sur le Web ? Je ne trouve aucune source. Tout le reste, ce sont des articles, soit sur des sites d’extrême-droite (la fachosphère, quoi), soit dans les médias.

Vous pardonnerez mon caractère terriblement sceptique. Je ne crois pas à la réalité de cette association. Je crois déjà à peine à Xavier Bongibault (à peine davantage à Frigide Barjot, d’ailleurs).

Je pense que tout le pays, y compris les médias généralistes, est actuellement victime d’une campagne de comm’ adroitement ficelée menée par une minorité d’opposants farouches et bien organisés au projet de loi, qui, en vrais petits terroristes de l’information, sont occupés depuis quelques mois à se faire passer pour beaucoup, beaucoup plus représentatifs qu’ils ne sont de la réalité du pays, et qui en profitent pour embringuer les hésitants en agitant leurs pires fantasmes, par désinformation interposée (vous savez, « parent 1, parent 2 » et autres mensonges).

Un nuage de fumée qui essaie d’allumer le feu.

Mais au bout d’un moment, il faut arrêter de tousser et dissiper la fumée.

Bien sûr, je ne dis pas qu’il n’y a pas vraiment d’opposants à cette loi dans l’opinion ; je dis qu’une petite minorité farouche déploie en ce moment une comm’ monstre pour donner à ses idées réacs beaucoup plus d’importance qu’elle n’en ont réellement dans le pays en 2012-2013.

Si, comme je le pense, cette association n’a pas vraiment d’existence, alors, à quel titre ce monsieur Bongibault se répand-il dans les médias depuis des semaines ? À quel titre est-il interviewé par tous, plutôt que… n’importe qui d’autre, en fait ? À quel titre, à part celui d’avoir été littéralement inventé en quelques semaines grâce aux efforts d’une poignée de militants et une série de soutiens ponctuels opportunistes, bien contents de compter une nouvelle faction, fût-elle fictive, parmi leurs rangs qu’ils grossissent déjà par toutes sortes de procédés douteux ?

Parce que bon, moi je fais partie d’au moins trois ou quatre associations et je peux m’arranger pour entrer au bureau d’une ou deux, si je sais que ça va me permettre d’être partout dans les journaux et à la télé du jour au lendemain…

Alors, quelqu’un a plus d’informations ? (Des vraies, je veux dire.)

Parce que bon, en l’absence d’autre chose, pour moi, Bongibault n’est rien du tout.

Il pourra être roi à la prochaine galette, s’il veut. Et encore. Il faudra qu’il trouve la fève. Sinon, nada.

Il est plus que temps que cette mauvaise farce, dont les médias qu’on croyait les plus sérieux finissent par être aussi les dupes, se termine enfin.

EDIT le 22 mars 2013 : le site du journal Le  Monde publie aujourd’hui une enquête de Samuel Laurent : « Derrière la grande illusion de la « Manif pour tous » ». Le journaliste y montre notamment qu’un tiers des associations composant la « Manif pour tous » sont des coquilles vides. Pourquoi a-t-il fallu attendre des mois pour qu’un travail journalistique sérieux soit effectué en profondeur sur ce mouvement, alors que les médias LGBT et des gens comme moi (je n’étais pas le seul, loin de là) avaient dénoncé depuis longtemps ce nuage de fumée organisé ? Enfin, mieux vaut tard que jamais…

DucDeWestminster(Illustration : De Cape et de crocs, d’Ayroles et Masbou, tome 4, page 10.)

Manifestation du 16 décembre : les bi dans le cortège !

Je relaie le communiqué de l’association bi parisienne Bi’cause en vue de la manifestation de demain dimanche 16 décembre 2012 :

Pour l’égalité maintenant, contre les discriminations tout le temps !

manifestation du 16/12 à Paris

1) Nous proposons de retrouver le cortège de Bi’Cause à 13h45 place de la Bastille angle rue de Lyon place de la Bastille, côté sud de l’immeuble de l’Opéra Bastille.Ensuite nous nous insèrerons à la place qui nous aura été conseillée par les organisateurs.

2) Voici l’extrait de messages qui circulent au niveau de l’inter lgbt. :

Pour ceux qui ont raté le collage mais qui sont intéressés : Aides en organise un le 13 décembre : contacter…

Nous ne mettons pas le nom de la personne à contacter, nous lui faisons part du mail des ami-e-s intéressé-e-s et disponibles ; prévoir un rdv au centre lgbt vers 19h jeudi 13.

Pour participer aux tractages, s’inscrire sur le doodle : http://doodle.com/g9xa3c5cvdsh62iv

3) Lundi, à la Bi’Causerie, nous avons lancé une première collecte pour contribuer à financer les affiches, tracts, locations de camion et de sono. Nous avons récolté 15,30€, ce qui est un bon début.

Nous ouvrons un « Bi’Manif-thon » : faites vos promesses de dons, et notre trésorier engagera la somme cumulée et se chargera de récupérer les fonds auprès de vous… Objectif modéré, et donc à exploser : 100 € ! à vos claviers pour répondre, si possible positivement !

à bientôt de vous lire et de vous retrouver,

l’équipe de Bi’Cause

Je vous recommande aussi la lecture de cet article sur Yagg qui rassemble beaucoup de références, d’indications et de conseils pour les manifestations, à Paris et dans toute la France. Bonnes manifestations à tout-te-s !

Rencontre avec… Nelly Ambert, présidente de l’association Bi’cause

Bi’cause est la première et la plus importante association de personnes bisexuelles en France. Née en 1995 sous le nom de « Groupe bi » avant de devenir Bi’cause en 1997, elle a son siège à Paris, au Centre LGBT Paris-Île-de-France. En dix-sept ans d’existence, Bi’cause n’a eu de cesse de faire entendre la voix des bi, tant auprès du grand public que dans les milieux LGBT.  À titre personnel, j’ai rapidement croisé Bi’cause sur mon chemin de jeune bi en pleine découverte, et je suis adhérent de l’association depuis quelques mois. Mais, finalement, je ne la connaissais pas si bien, et les interviews souvent courtes publiées dans la presse LGBT laissaient beaucoup de mes questions sans réponses.

D’où une idée un peu téméraire : et si j’interviewais des gens de Bi’cause ? C’est ainsi que la présidente actuelle de Bi’cause, Nelly Ambert, a très gentiment accepté de répondre à une interview par mail, où je l’interroge à la fois sur l’association en général et sur son parcours personnel de militante bi.

Commençons par séduire nos lecteurs : que dirais-tu aux internautes qui ne sont pas bisexuels pour les convaincre de lire cet article ?

Je leur dirais qu’ils ont des chances d’être surpris car la bisexualité est un territoire encore très méconnu. Et ils seront sans doute surpris également de découvrir que ce territoire présente des paysages assez semblables au leur.

Si tu veux bien nous en dire deux mots, quel a été ton parcours personnel en tant que bi ? Comment en es-tu venue à t’engager dans Bi’cause, puis à en devenir présidente ?

J’ai compris que j’étais bi quand j’ai découvert le mot. Je savais que je n’étais pas hétéro car j’étais un jour tombée amoureuse d’une femme. Je savais que je n’étais pas lesbienne car mes attirances allaient généralement vers les hommes. En fait je ne m’étais pas vraiment posé la question d’un positionnement dans ce domaine. Par contre j’avais résolu mon positionnement identitaire : la société vous case dans un genre : masculin ou féminin. Or, si j’acceptais mon corps tel qu’il était, mentalement j’avais grandi avec un idéal du moi masculin. A l’adolescence il m’a fallu négocier avec moi-même. Il y a eu un moment compliqué et, diplomatiquement, l’arrangement que j’ai pris avec moi-même fut de me dire que j’étais un être humain avant tout, point barre. Alors quand je suis tombée amoureuse d’une femme j’étais simplement un être humain qui tombait amoureux d’un autre être humain. C’était limpide.

C’est cette personne qui m’a fait découvrir Bi’Cause. En arrivant dans cette association, j’y ai ressenti une vraie fraternité, fait de belles rencontres qui ont compté énormément dans ma vie. L’engagement militant consiste à rendre un peu de ce qu’on a reçu, et à mettre sa petite pierre là où on voit qu’il y a encore à bâtir pour abriter les gens des intempéries. Les bisexuels sont encore bien mal perçus (mal dans les deux sens du terme). Je pense que Bi’Cause est une association qui a beaucoup à apporter pour aider à une meilleure connaissance et reconnaissance de la bisexualité. C’est aussi une association qui a un bel esprit et une déontologie. Sans militants, une association meurt, et ce serait dommage.

Comment présenterais-tu brièvement la raison d’être et les activités de Bi’cause, pour les gens qui ne connaissent pas du tout l’association ?

Bi’Cause se donne pour missions, dès son origine, plusieurs domaines d’intervention qui sont listés dans les statuts : favoriser l’émergence d’une identité bisexuelle, développer les rencontres entre bisexuel/les, informer sur la bisexualité, aider et soutenir les bisexuel/les, notamment contre la biphobie, développer la connaissance de la bisexualité, contribuer à la lutte contre le sida et les maladies sexuellement transmissibles.

Pour remplir ces missions, Bi’Cause peut avoir recours à plusieurs modes d’intervention :

1) participations à des évènements (Printemps des associations, UEEH [Universités d’été euroméditerranéennes, NdS], salons Rainbow Attitude, Marches des Fiertés…) ou productions d’évènements (organisation en 2001 du premier Forum des Bisexualités à Paris, depuis 2009 célébration de la Journée Internationale de la  Bisexualité, à venir en décembre 2012 au Centre LGBT une table ronde sur le thème de l’accueil des bi dans les associations LGBT…),

2) production de contenu revendicatif ou de prévention (le Manifeste français des bisexuelles et des bisexuels, Fêter le corps et continuer à vivre) ou publication de ressources qu’on lui fait parvenir sur le site internet,

3) intervention dans les structures LGBT dont nous sommes membres et partenariats interassociatifs,

4) organisation d’activités régulières de convivialité et de réflexion.

La création de Bi’cause a révélé un mal être de beaucoup de bi, et l’association a parfois dû leur fournir quasiment une assistance psychologique. J’ai découvert moi-même l’association par l’intermédiaire des « Bi’envenues », les réunions mensuelles où les personnes qui se découvrent bi, qui ont des doutes sur leur sexualité et qui se sentent perdues peuvent venir discuter.

Comment se déroulent ces réunions d’accueil concrètement ? Comment vous y prenez-vous, et quelles autres actions avez-vous entreprises dans ce domaine ?

En effet. L’association dans l’esprit des fondatrices était d’abord revendicative : il s’agissait d’affirmer l’existence de la bisexualité comme une orientation à part entière, pas moins légitime et respectable que les autres. Mais la fondation du groupe, puis de l’association, a révélé la situation de détresse dans laquelle se trouvaient un grand nombre de bisexuels, niés ou rejetés et désorientés dans un monde très binaire dans ses structures et n’acceptant pas la possibilité d’une troisième voie ou plus « entre » l’hétérosexualité et l’homosexualité. Bi c’est une orientation sexuelle voire une identité mais ce n’est pas un mode de vie. Il y a 36 000 façons de vivre en étant bisexuel. Les moments d’accueil et de convivialité que propose Bi’Cause sont importants car ils permettent les échanges de témoignages et de se rendre compte de cette  réalité. Ces moments de discussions, d’écoute avec d’autres, peuvent aider à mieux se situer, se comprendre, ou à se sortir d’une impasse intérieure. C’est aussi retrouver un espace de fraternité bienvenu dans un monde d’incompréhension parfois brutale.

Nous avons deux temps de convivialité dans le mois dont l’un s’appelle justement la Bi’envenue et l’autre la B.I.P. (Bi Important Person). Nous avons aussi la Bi’envenue de Noël et la galette de janvier, une fois l’an. Plus un ou deux pique-nique aux beaux jours. Certaines années des randonnées mensuelles en Île-de-France ont été proposées le week-end. C’est pas mal de pouvoir varier les occasions et lieux de convivialité car la parole se libère différemment selon les contextes. Nous répondons aux propositions lancées par les adhérents. Nous avons en ce moment des demandes et idées de sorties culturelles. Par ailleurs un certain nombre d’adhérents qui habitent en Île-de-France ou même en province nous ont exprimé leur souhait d’activités de convivialité en journée pour pouvoir y participer plus facilement.

Parlons de la biphobie. C’est une forme de discrimination encore très mal connue, non seulement auprès du grand public, mais même dans les milieux LGBT. Quel est l’intérêt d’avoir un mot spécifique pour la cerner ? En quoi consiste-t-elle et quelles formes prend-elle ?

L’intérêt d’un mot spécifique c’est d’abord la non occultation de l’orientation de la victime, quel que soit le fait de discrimination. Car certains faits peuvent s’apparenter à une réaction de nature homophobe, il n’en demeure pas moins que l’orientation exacte de la victime est la bisexualité, pas l’homosexualité. Ensuite l’intérêt de mettre un mot sur une chose, est d’en poser clairement l’existence et à partir de là d’en étudier les contours. Il y a quelques années les lesbiennes ont tenu à montrer qu’il y avait une spécificité de la lesbophobie par rapport à l’homophobie et l’utilité d’un mot pour le marquer, de la même façon il y a une spécificité de la biphobie et l’utilité de ce mot pour le marquer.

La spécificité la plus importante de la biphobie consiste en la négation même de son objet : c’est d’affirmer que la bisexualité n’existe pas, qu’elle n’est qu’une phase, une aberration temporaire et en aucun cas une orientation réelle et stable. Cela se traduit, au plan identitaire, par une négation de la personne finalement, qui est en soi très violente et perturbante.

Ensuite, il y a divers clichés peu flatteurs et sources de rejets tels que « un bi sera forcément infidèle en amour, inconstant dans ses attachements, un bi n’est pas fiable, un bi est instable etc. ». Un autre aspect c’est la sursexualisation de la personne bisexuelle qui peut entrainer, selon les cas, du rejet ou une projection sexuelle agressive de la part d’autrui, réactions qui sont tout autant génératrices d’atteintes à l’intégrité de la personne.

Ces clichés sont bâtis sur des raisonnements pseudo-logiques qui paraissent évidents à ceux qui les pensent alors qu’ils sont en réalité totalement spécieux et ne tiennent pas la route. Mais ils ont la vie dure, et font la vie dure aux personnes bisexuelles.

En dehors de la biphobie, quels problèmes rencontrent les personnes qui s’identifient comme bi dans la vie ?

En dehors de la biphobie directe et immédiate ce sont les personnes qui ont nié une partie d’eux-mêmes, influencées par un entourage ou une société qui leur a martelé qu’on est soit homosexuel soit hétérosexuel et qui ont fini par s’engager dans un chemin de vie qui ne leur correspondait pas réellement – en se trompant donc sur elles-mêmes et en trompant involontairement aussi leurs relations ou conjoints – qui éprouvent un jour ou l’autre des difficultés dans leur existence. Parce que tout ce qu’on refoule au lieu de le vivre en son temps et naturellement, resurgit un jour avec une violence décuplée qui peut avoir les mêmes effets sur la vie qu’on a commencé à construire que l’ouragan sur la Nouvelle Orléans. C’est parfois lumineux et libérateur pour la personne, mais cela peut s’accompagner également de souffrance, et ce n’est pas non plus sans dommages ni dégâts collatéraux.  C’est pourquoi il est absolument essentiel que la bisexualité, dès l’adolescence, soit présentée comme un possible. La société et le système éducatif ont une responsabilité à prendre là-dedans car il y a des enjeux humains à court, moyen et long terme. Un bi contrarié cela a des implications plus dramatiques qu’un gaucher contrarié.

Quels sont les principaux obstacles et difficultés que rencontre Bi’cause pour mener son action ?

la principale difficulté que rencontre Bi’Cause pour mener son action réside à mon sens dans les bis eux-mêmes. Nous nous sommes rendu compte avec surprise qu’il y a beaucoup de personnes bisexuelles qui s’investissent dans les associations LGBT mais qu’elles n’osent pas s’y exprimer pour y faire progresser la cause bi. Beaucoup ont intériorisé les clichés et la mauvaise appréciation dont font l’objet les bisexuels et taisent leur bisexualité voire essaient de s’en démarquer plutôt que de l’assumer. De peur d’être directement stigmatisées et rejetées, elles se retranchent dans ce qu’une récente étude a nommé « le placard bi ». Cela n’aide malheureusement pas à développer une fierté identitaire et leur isolement contribue à maintenir cette situation au lieu d’aider à améliorer la condition des bis en travaillant tous en commun à changer la façon de voir des gens.

Par ailleurs le panel des personnalités et des modes de vie des personnes bisexuelles est multiple et cette diversité est clairement ressentie par les personnes bi qui n’aiment pas les cases. Certaines contestent le terme de bisexuel, qui leur paraît trop « sexualisé », préférant « bigenre », d’autres voudraient lutter pour leur affirmation en dehors de toute catégorisation : être humain avant tout.

Or, si l’on veut avoir réellement une force d’information, de conviction et de revendication, il faut se regrouper, et la forme associative est par ailleurs la plus efficace pour cela. Bi’Cause est une association qui a accueilli dès le départ un ensemble de personnes très bigarré et c’est ce qui lui a permis de mettre au point un texte revendicatif, le Manifeste français des bisexuelles et des bisexuels, qui rend compte de la multiplicité bisexuelle tout en dégageant une racine identitaire commune et fière d’elle-même.

Le manque d’investissements militants pour la cause bisexuelle gêne énormément l’action de Bi’Cause d’un point de vue logistique : moins il y a de soldats, moins on peut être présents sur les fronts. Nous recevons à la fois des témoignages d’encouragement et de remerciements pour les actions que nous parvenons à mener, mais parfois aussi des témoignages de déception sur celles que nous n’avons pas faites. Bi’Cause est une association dont la portée historique et les missions sont grandes et pour laquelle l’attente des gens est grande mais qui reste petite par le nombre de ses membres actifs. Et actuellement nous sommes trop peu pour être présents partout où il le faudrait dans l’idéal. Nous avons besoin d’adhérents et de militants.

Bi’cause ne s’occupe pas uniquement des intérêts des personnes bisexuelles. Vous prenez aussi part à l’Existrans (manifestation annuelle contre la transphobie et pour les droits des trans, chaque premier week-end d’octobre). Et vous vous engagez régulièrement dans la prévention et la lutte contre les IST : Bi’cause a notamment publié en 2004 un guide de prévention très complet, « Fêter le corps et continuer à vivre », qui peut être utile à tous, puisqu’il aborde un grand nombre de pratiques.

Peux-tu nous en dire plus sur cette volonté de s’associer à d’autres actions ?

Cette volonté a été présente dès le début. La prévention et la lutte contre les MST figure dans nos statuts. Nous avons une grande fraternité avec les personnes trans car la bisexualité est aussi préoccupée par les questions relatives au genre. En novembre nous défilons aussi pour soutenir la Marche contre les violences faites aux femmes. Il se trouve que c’est aussi dans les gènes de Bi’Cause qui a été fondée par des féministes. Nous nous associons aux actions menées par la communauté LGBT, notamment en ce moment celles qui concernent les droits au mariage et à la parentalité, car elles sont également les nôtres, dans la mesure où les personnes bisexuelles peuvent être appelées à connaître des situations de vie non hétérosexuelles et donc être victimes de la même privation de droits que les personnes non hétérosexuelles. Mais au-delà d’intérêts communs, dans tous ces domaines évoqués, il s’agit pour nous avant toute chose de revendiquer une société égalitaire et juste avec tous, point, et de lutter contre les abus engendrés par une culture hétérosexuelle machiste dominante et discriminante. C’est quelque chose de tout simplement fondamental.

Bi’cause est basée à Paris, et jusqu’à récemment il n’y avait aucune association spécifiquement bisexuelle en France hors de Paris (cette année est apparue France Bisexualité Info, à Lyon, et il y a un groupe bi à Strasbourg, Ambivalence, mais il n’est pas constitué en association). Que penses-tu de cette situation et comment vous y prenez-vous pour faire bouger les choses ?

Il est très important que les personnes bisexuelles osent passer le pas de la visibilité, et se regroupent. L’étude menée sur l’orientation sexuelle des français par l’IFOP et Têtu en 2011 a tout de même montré une proportion presque équivalente de personnes bisexuelles et de personnes homosexuelles (3% et 3,5%) dans la population. Or les bi sont très isolés et très invisibles, ce qui ne favorise pas la mise en place d’une solidarité. La province en plus pâtit du phénomène de microcosme social qui stigmatise toute personne qui ne serait pas dans la norme. C’est difficile.

Il nous est arrivé d’être en contact avec des personnes souhaitant créer un groupe bi en se mettant sous le parrainage de Bi’Cause. Nous ne poussons pas à la création « d’antennes de Bi’Cause », car nous sommes plus dans une logique de fraternité, quand celle-ci peut avoir lieu, que dans une logique de parrainage mais nous sommes néanmoins ouverts à ce genre de demandes, pourvu que ces personnes soient dans la même voie éthique que Bi’Cause. Jusqu’à présent aucun de ces projets n’a malheureusement été poursuivi par leurs initiateurs, tant il se révélait difficile de fédérer un mouvement auprès des bi de leur région.

Faire bouger les choses n’est pas évident. En pratique nous ne pouvons rien initier, nous pouvons juste accompagner de loin. Il est indéniable que Bi’Cause a derrière elle quinze ans d’approfondissement de la question bisexuelle et que ce qui est sorti de ce travail peut aider, notamment le Manifeste français des Bisexuelles et des Bisexuels. Mais, pourvu qu’on respecte la propriété intellectuelle de Bi’Cause sur les documents qu’elle a produit, nous les avons mis à disposition en format pdf afin qu’ils puissent servir à un plus large public.

Par ailleurs, nos actions envers les bis de province sont limitées par nos moyens logistiques qui, en l’état actuel des adhérents, ne sont pas à leur maximum et nous le regrettons. Il ne faut surtout jamais perdre de vue que les groupes ou les associations ne sont pas des entités mais des personnes. Il y a quelques mois nous avons été contactés par le groupe de Strasbourg pour renouveler une Bi’Causerie organisée par une de nos membres mais c’était compliqué matériellement, pour elle comme pour nous, et nous n’avons pu donner suite.

Par contre deux des membres du C.A. ont pu se rendre à la Marche des Fiertés à Auxerre le 23 juin pour représenter la visibilité bisexuelle au-delà de Paris et dans un contexte politique délicat. Et le fait que nous soyons là a eu un impact positif puisque du coup le président de la Coordination Interpride a consacré une partie de son discours de fin de marche aux personnes bisexuelles.

Dans la même idée, nous espérons des actions que nous menons au sein des structures LGBT et auprès des associations LGBT qui, elles, ont des relais en province, qu’elles améliorent la connaissance, la considération et la prise en compte des personnes bisexuelles au-delà de l’Ile de France. Car s’il n’existe pas de groupe ou d’association bi en province, il existe des Centres LGBT, il existe des antennes SOS-Homophobie, il existe la Fédération LGBT [qui coordine notamment les Centres LGBT, NdS], la Coordination Interpride, qui sont susceptibles de relayer en province les initiatives et réflexions pour la défense et la connaissance de la bisexualité.

Quels sont les réussites de l’association à ton avis ? A l’inverse, vous est-il arrivé de tenter quelque chose qui s’est révélé ne pas fonctionner ou n’aboutir à rien ?

La première réussite de Bi’Cause c’est sa longévité. Ce n’est pas évident de faire vivre une association. Il y a des reliefs, des années plus difficiles, d’autres plus porteuses. Le secret de la réussite est de continuer à être présent et puis parvenir à rebondir et saisir les opportunités au bon moment. Il y a eu des années où Bi’Cause a tourné avec seulement deux ou trois personnes à la manœuvre. Il est certain que nos actions ont été moins nombreuses mais nous avons maintenu toutes nos activités régulières. Actuellement l’équipe n’est pas grosse mais extrêmement active, et il y a un contexte favorable au niveau LGBT qu’il faut absolument saisir. Nous répondons aux sollicitations des autres associations pour intervenir sur la question bi ou nous allons vers elles. Nous nous investissons encore davantage dans les structures LGBT. Nous venons d’être élus au C.A. du Centre LGBT.

Au plan des actions, il y en a pas mal à mettre à l’actif de Bi’Cause, sur quinze ans, des petites ou de plus grandes, il ne faut pas négliger le travail de fourmi, moins spectaculaire mais essentiel aux grandes constructions. La plus grande réussite de Bi’Cause c’est peut-être le fameux Manifeste français des bisexuelles et bisexuels. C’est un texte fondamental pour l’affirmation et la dignité de l’identité bisexuelle. Et nous avons régulièrement des retours positifs sur ce texte. Les personnes bisexuelles s’y reconnaissent et il a une vertu de réassurance.

Une autre réussite de Bi’Cause c’est la reconnaissance des bisexuel-le-s qu’elle a obtenue, et obtient par un travail continu, auprès des institutions LGBT.

Il y a des choses que nous avons lancées qui n’ont pas marché, oui. Par exemple nous avions lancé auprès de nos adhérents un questionnaire sur les mots, images, symboles qui pour eux correspondraient à la bisexualité, pour renouveler notre logo. Nous avons dû recevoir six réponses. Nous avons aussi lancé pour le calendrier bisex’style 2012, dont l’idée venait d’un de nos adhérents, un appel à photos. Encore moins de retours. Mais nous avons néanmoins édité notre calendrier bisex’style avec une superbe phrase de Simone de Beauvoir. Et peut-être que dans quatre ans le calendrier photos aura plus de succès.

Nous avons parfois du mal à mobiliser l’envie des gens. Nous ne sommes pas assez marketing et fun sur notre évènementiel, je pense.

Pour en revenir à une question plus personnelle : quel impact a eu ton activité associative dans ta vie ? Je suppose que cela prend beaucoup de temps. Qu’as-tu l’impression d’avoir retiré de cette expérience ?

L’impact dans ma vie a été notamment de faire mon coming out auprès de mes parents, parce qu’à force de leur dire que j’étais indisponible à cause de mes obligations associatives et de faire des circonvolutions verbales pour en parler sans rien en révéler, j’en ai eu assez et j’ai abattu les cartes. Ca été une très bonne chose car ils l’ont très bien accepté et maintenant me soutiennent dans cette cause. C’est un plus pour mon harmonie personnelle.

Cela prend beaucoup de temps, oui, et il y a forcément des sacrifices. J’ai mis de côté ma vie artistique par exemple, et la fatigue est là. Il en est de même pour les autres membres de l’équipe de Bi’Cause actuellement et il faut leur rendre hommage. Il y a tellement de choses qui se mettent en place en ce moment et qui sont très importantes. Il faut être sur beaucoup de fronts. Il est certain qu’on ne peut pas maintenir ce rythme dans une vie sur beaucoup d’années, c’est pourquoi il est très important d’être plus nombreux pour que chacun ait une moindre charge, et qu’il y ait une relève régulière, que chacun sacrifie un peu de temps, comme il peut. Car la cause vaut le coup. Enfin moi je le crois.

Penses-tu que la vision des bi a évolué, dans le milieu LGBT et dans la population en général, depuis que Bi’cause existe ?

Oui, c’est évident pour le milieu LGBT de l’Ile de France dans lequel nous évoluons. Parce que nous pouvons faire de la pédagogie mais aussi, par notre présence, nos échanges, nos collaborations, démystifier ce bi qui reste tout de même globalement invisible à la majorité des associations LGBT.

Nous essayons d’avoir le même impact sur la population, mais le contexte est plus complexe et n’a pas la même dimension. Nous tâchons d’être de bons relais. Nous étudions en ce moment les possibilités de creuser deux champs d’intervention que nous n’avons pas trop approfondis jusqu’ici et où nous avons constaté de gros manques dans la prise en compte voire l’acceptation de la bisexualité : le champ scolaire et celui de la santé (psychologues notamment).

Quels sont les principaux chantiers et projets de Bi’cause en ce moment (pour ceux dont tu peux déjà parler) ?

Le principal chantier en cours, qui va se déployer sur plusieurs mois mais qui n’occulte pas tous les autres, c’est l’enquête bi, que nous menons conjointement avec SOS-Homophobie, Le Mag-Jeunes LGBT et Act Up. L’enquête est consultable sur cette page et a une présentation et un espace commentaires sur le blog dédié et sur la page Yagg.

Qu’est-ce qui manque à Bi’cause aujourd’hui à ton avis ?

Ce qui manque à Bi’Cause : des personnes qui aient envie de s’investir dans l’une ou l’autre des actions que nous avons évoquées, l’éventail est vaste pour que chacun y trouve à employer ses qualités selon ses goûts, ses compétences et sa personnalité : militantisme ou convivialité, réflexion/écriture ou actions de terrain ou encore optimisation de la com’, avec un choix très ouvert de domaines d’intervention possibles : éducation, monde du travail, lutte contre les stéréotypes et la biphobie, santé, culture… Il y a beaucoup à faire.

Pour terminer, que dirais-tu à quelqu’un qui ne connaît pas du tout le milieu LGBT pour le convaincre de venir à une réunion de Bi’cause ? Et que dirais-tu à un non bi pour le convaincre de venir ?

Je dirais ce qu’on m’a dit un jour : viens c’est une association très sympa et ouverte à tous, pas seulement aux personne bisexuelles, dans laquelle il n’y a pas de prosélytisme, pas de sectarisme, pas de jugement, mais du dialogue et beaucoup de personnalités différentes.

Merci beaucoup à Nelly Ambert d’avoir pris le temps de répondre à ces questions !

Mariage pour tous : le cardinal André Vingt-Trois prône la "bisexualité"

La communication est un art difficile, et une parole étourdie a vite fait de faire sombrer dans l’absurdité de longs efforts de réflexion subtile (ou non). En témoignent les propos surprenants tenus samedi par le cardinal André Vingt-Trois lors d’un point presse pendant la Conférence des évêques de France, à Lourdes, et rapportés le jour même par L’Express. Donnant à tort et à travers son avis sur un sujet qui ne concerne pas plus que ça l’Église, à savoir le projet d’ouverture du mariage civil et peut-être de l’adoption aux couples présents et futurs formés par des personnes du même sexe, André Vingt-Trois a en effet affirmé à plusieurs reprises un lien étroit entre le mariage et la, je cite, « bisexualité ».

En réponse à une première question sur les accusations d’homophobie portées contre l’Église, M. Vingt-Trois a répondu derechef : « Je ne vois pas en quoi le fait de dire que le mariage ne peut se constituer sans la bisexualité, est homophobe.  » Un peu plus tard, à propos de la parentalité, il a affirmé : « Je ne connais pas aujourd’hui de procédé pour faire naître des enfants en dehors de la bisexualité ».

Propos qui plongèrent mes amis et moi-même dans un état de stupéfaction lexicale. Convaincus que nous ne pouvions pas avoir bien compris, tant ces paroles contredisaient si entièrement le reste des déclarations cardinalices, nous empoignâmes aussitôt nos dictionnaires, en quête du sens technique ou peu connu dans lequel ce mot pouvait avoir été employé. Car il était évidemment inconcevable que M. Vingt-Trois associât bel et bien l’attirance pour les deux sexes avec le fondement même du mariage et de la reproduction tels que les conçoit l’Église.

André vs. Robert

Recherche condamnée à demeurer aporétique, car j’eus beau tourner et retourner le mot dans tous ses sens, je n’ai rien trouvé qui puisse donner sens aux paroles du dignitaire papal. Voici l’avis du Grand Robert (2001) sur la question :

BISEXUALITÉ [bisɛksɥalite] n. f. — 1894, in D. D. L. : de bisexuel, d’après sexualité.

♦ 1. (Bot., zool.). Caractère des organismes (plantes et animaux) bisexués. Bisexualité biologique.

♦ 2. Psychol. Caractère constitutionnellement bisexuel des tendances psychiques de l’individu humain (→ Ambivalent, cit. 1). → Hermaphrodisme. Conséquences psychologiques de la bisexualité.

Cit. 1 : Bisexualité psychique à dominante monosexuelle sur une sexualité physiologique fermement arrêtée : ainsi peut-on qualifier l’équilibre normal de l’être humain. — E. MOUNIER, la Relation sexuelle, tiré du «Traité du caractère» (1948), in Dr Willy, la Sexualité. t. I, p. 43.

Cit. 2 : Notion introduite par Freud en psychanalyse sous l’influence de Wilhelm Fliess : tout être humain aurait constitutionnellement des dispositions sexuelles à la fois masculines et féminines qui se retrouvent dans les conflits que le sujet connaît pour assumer son propre sexe. — J. LAPLANCHE et J.-B. PONTALIS, Voc. de la psychanalyse, art. Bisexualité.

♦ 3. Rare. Caractère d’une personne bisexuelle (3.), de relations bisexuelles.

CONTR. Monosexualité, unisexualité.

Le premier sens donné par le Robert renvoie au fait de posséder les deux sexes à la fois (l’adjectif « bisexué » y est défini en page suivante comme « Qui possède les deux sexes »). Il s’agit du sens le plus ancien du mot, synonyme d’hermaphrodisme. C’est par exemple en ce sens qu’il est employé dans le livre de Luc Brisson Le Sexe incertain. Androgynie et hermaphrodisme dans l’Antiquité (Paris, Belles Lettres, 1997), où l’auteur étudie des figures comme Tirésias (qui, d’homme, devient femme pendant quelque temps) ou Hermaphrodite (à la fois homme et femme, à l’origine du nom commun).

Le deuxième sens, qu’une personne bisexuelle qui a un peu lu connaît souvent, renvoie à la psychanalyse freudienne et se rattache directement au premier sens : c’est la bisexualité psychique qui, dans la pensée de Freud, caractérise les débuts de l’élaboration du psychisme de tout individu. C’est aussi ce concept qui fait le lien entre le sens ancien du mot et son sens le plus récent : l’idée de Freud, dans une pensée qui ne dissocie pas l’identité sexuelle et l’orientation sexuelle, est qu’on ne peut expliquer une attirance sexuelle pour une personne du même sexe qu’en supposant chez l’individu désirant la présence de caractéristiques relevant du sexe opposé (un homme qui désire un autre homme ne peut le faire selon Freud que parce qu’il est un peu femme). On sait d’ailleurs à quel point ce concept est peu apprécié des minorités concernées et même des chercheurs qui ont pris la peine d’étudier la question sans préjugés.

Le troisième sens, c’est celui qui figure dans l’acronyme LGBT : la bisexualité comme attirance d’un individu pour des personnes des deux sexes, par distinction avec la monosexualité qui désigne les attirances pour un seul sexe (hétérosexualité ou homosexualité). Pour le Grand Robert, en 2001, il s’agissait encore d’un sens rare : c’est dire à quel point le concept de bisexualité était encore peu connu en France en dehors des personnes concernées et de quelques chercheurs (la thèse d’anthropologie de Catherine Deschamps consacrée aux bisexuels avait été soutenue en 1999). C’est dire aussi à quel point les choses ont changé en dix ans, puisqu’on trouve désormais une large bibliographie, incluant des ouvrages grand public et de multiples articles de presse, où le mot est employé dans ce sens.

Échec

Le caractère récent de l’évolution du mot explique naturellement que, lorsqu’on lit les interviews de quelqu’un comme André Vingt-Trois, il vaille mieux le faire dictionnaire en main : il avait peu de chances d’employer le mot dans le même sens que les bisexuels eux-mêmes. Le problème, c’est qu’aucun autre sens du mot ne fonctionne non plus. André Vingt-Trois ne place évidemment pas l’androgynie au fondement du mariage, pas plus que la bisexualité psychique. Ce qu’il dit ne veut littéralement rien dire.

Ce qu’il aurait voulu dire, en revanche, est clair pour tout le monde : il aurait voulu dire qu’il ne concevait pas le mariage en dehors de l’implication de personnes des deux sexes. Dans sa deuxième réponse, il faisait allusion au fait que la reproduction humaine implique nécessairement un binarisme sexuel, une distinction entre deux sexes différents (pas un, pas trois, pas quatre ou cinq) qui doivent tous les deux être impliqués pour donner naissance à un petit humain. Notez au passage qu’il associe étroitement mariage et reproduction, ce qui n’est de fait plus le cas depuis un bon moment dans la société française (les couplés non mariés peuvent avoir des enfants sans se faire montrer du doigt dans la rue et les couples mariés sans enfants ne sont pas publiquement conspués non plus — toutes évolutions là aussi relativement récentes, puisqu’elles ont surtout eu lieu pendant le siècle dernier si je ne me trompe, mais enfin ça ne date pas de l’année dernière non plus, quand même).

Le problème, c’est qu’André Vingt-Trois n’a tout simplement pas employé le bon mot, et que cette impropriété fait sombrer ses paroles dans l’aberration la plus complète : il a l’air de dire le contraire de ce qu’il a voulu dire. C’est très amusant, parce qu’il montre par cette erreur qu’il ne connaît tout simplement pas son sujet, qu’il emploie les mots un peu au petit bonheur la chance. Si j’étais indulgent ou paranoïaque, je penserais qu’il fait exprès de tout mélanger pour faire peur aux gens, et de fait il le fait dans la plupart de ses propos (par exemple en brandissant le spectre du « parent 1, parent 2 » — oui, oui, nous avons vu la série Le Prisonnier, nous aussi, et nous non plus, Monsieur Vingt-Trois, nous ne voulons pas être des chiffres mais des hommes libres — ou encore en essayant de faire gober aux gens qu’on va mentir aux enfants, leur faire croire que deux hommes peuvent avoir un enfant ensemble, exagération grossière, mais après tout il paraît que plus le mensonge est gros mieux il passe). Mais je crois que ce n’est même pas le cas ici. C’est juste qu’il n’y connaît rien, qu’il dit n’importe quoi, et qu’il se rend ridicule. Échec critique.

Les mots sont importants, le mariage pour tous est un droit nouveau pour tous

La morale de cette anecdote ? À trop parler à tort et à travers, les esprits bornés finissent par se prendre les pieds dans leur propre langue.

Mais il y en a une deuxième, sur laquelle je n’insisterai jamais assez : les mots sont importants. Le mot « bisexualité » a des sens précis, et tout le monde (même un cardinal, la preuve) a intérêt à ce que les mots soient employés dans leur sens juste. La bisexualité, ce sont les sens qui figurent dans les dictionnaires. Pas juste « truc avec deux sexes ». De même, quand le projet de loi parle de couples de même sexe, il ne parle pas de couples homosexuels, et parler de « mariage homosexuel » ou de « mariage gay » au lieu de « mariage pour tous » ou « d’ouverture du mariage aux couples du même sexe », cela implique déjà des choix importants sur le fond du débat, précisément parce que le projet de loi ne parle pas d’homosexuels mais de citoyens français, quelle que soit leurs vies sexuelles, sentimentales, etc. Et c’est une excellente chose. C’est précisément grâce à cela que c’est un vrai projet de loi républicaine et non une rustine taillée sur mesure à la demande de lobbies, comme les anti-mariage tentent de le faire croire. C’est grâce à cette prise en compte du seul sexe des individus, sans recours au concept d’orientation sexuelle, que tout le monde, oui, tout le monde pourra bientôt se marier avec qui il voudra, homme ou femme, peu importe si vous vous pensiez homo, hétéro, bi, pan, queer, indécis, pas concerné, ou ce que vous voulez.

C’est aussi cela qui rend ce projet de loi potentiellement beaucoup plus subversif à l’égard de la conception traditionnelle de la famille que ce que raconte André Vingt-Trois, qui n’est même pas capable d’imaginer qu’un homme puisse, d’ici peu, avoir la liberté de se marier avec une femme, puis de divorcer et d’épouser plus tard un homme (ou inversement), d’avoir des enfants dans ces deux familles successives, etc.

L’ouverture du mariage à tous les couples d’adultes consentants, c’est la fin de la schizophrénie pour les personnes bisexuelles, qui pourront envisager toute relation avec les mêmes droits et la même sérénité ; mais c’est aussi et surtout une liberté considérable accordée à tous : celle de tomber amoureux de tout adulte et de pouvoir envisager de fonder une famille avec la personne que l’on aime, quel que soit son sexe. Cette loi consacre le fait que les relations, y compris les relations amoureuses, conjugales et familiales, se nouent entre des personnes et non entre des sexes. Alors, ne laissez pas les conservateurs et les ignorants perpétuer cette bicatégorisation stupide homo/hétéro qui enferme les gens dans des cases et qui leur fait oublier qu’eux aussi ont le droit de tomber amoureux et d’épouser un homme ou une femme… et expliquez autour de vous à quel point cette loi est un progrès pour tous les citoyens, sans distinction d’orientation sexuelle. Épousez qui vous voudrez !

Les événements prévus pour la Journée de la bisexualité 2012

MISE À JOUR LE 23 SEPTEMBRE : Belle journée de la bisexualité à tou-te-s ! N’oubliez pas d’en parler autour de vous, de remplir et de diffuser le questionnaire en ligne, et, si vous voyez les équipes associatives en action, de leur parler et de les prendre en photo pour qu’on en ait des souvenirs à mettre en ligne ! J’ai ajouté un début de revue de presse dans la section « Internet », des détails sur les événements ailleurs dans le monde, ainsi qu’un communiqué de l’association bi lyonnaise France Bisexualité Info qui regrette de ne pas avoir été davantage associée aux actions de ce week-end malgré ses demandes : j’attire encore une fois l’attention sur cette toute jeune association motivée et énergique, qui relaie d’ailleurs beaucoup d’articles via son blog. Gageons que la coopération entre associations saura s’améliorer d’ici à l’an prochain.

MISE À JOUR LE 22 SEPTEMBRE (3e MàJ) : ajout dans la partie Internet : le comité ILGA Europe, branche européenne de l’International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association, a publié vendredi 21 septembre un communiqué de soutien à l’occasion de la Journée de la bisexualité. + Ajout du lieu du Pot de Bi’cause dimanche 23 (réservé aux adhérents et participants à l’enquête bi). + SOS Homophobie PACA a mis en ligne les premières photos des équipes en action avec le questionnaire bi à Marseille, sur l’événement Facebook dédié. Sur Internet, le questionnaire en ligne avait été rempli par 2000 personnes environ samedi 22 au matin : n’hésitez pas à le remplir et à le diffuser !

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La Journée de la bisexualité, le 23 septembre, approche à grands pas ! Le 23 même, mais aussi les jours précédents et suivants, divers événements sont organisés en France et dans le monde à cette occasion. Alors, qu’est-ce qui se prépare, où, comment, par qui, et comment participer ou donner un coup de main ?

Je vais tâcher de regrouper dans ce billet toutes les informations que j’aurai d’ici le 23, ce qui signifie aussi que cette page est susceptible d’être mise à jour au fil du temps. Et si vous avez eu vent de quelque chose qui n’est pas sur cette page, ce serait massivement chou de votre part de me la relayer pour que je l’ajoute !

À Paris

– Le samedi 22 et le dimanche 23 septembre (matin et après-midi) aura lieu une action commune organisée par les associations Bi’Cause, SOS Homophobie, le MAG Jeunes LGBT et Act-Up. Un questionnaire sur la bisexualité, mis au point par ces associations, sera proposé au public dans plusieurs endroits (rues, places, centres commerciaux…) par des équipes de deux ou trois personnes. Exemples d’endroits où vous pourrez les voir en action à Paris : à Beaubourg (centre Pompidou), au Luxembourg, à la Défense, dans les marchés d’Aligre et de Place Monge. Les résultats seront ensuite dépouillés et les premiers résultats seront publiés rapidement. Pour cette action, ces associations recherchent toujours de bonnes volontés, pour s’intégrer aux équipes chargées de faire remplir le questionnaire dans les rues, ou bien pour dépouiller les résultats en fin d’après-midi

Si vous êtes intéressé-e, envoyez un mail à Bi’cause à : association_bicauseAROBASEyahoo.fr

Pour passer par le MAG, l’adresse à utiliser est administrateur04AROBASEmag-paris.fr

– Le dimanche 23 à 18h au centre LGBT Paris-Île-de-France aura lieu un pot organisé par Bi’cause destiné aux adhérents de l’association et aux personnes qui auront participé aux équipes de diffusion du questionnaire. Le lieu est encore à préciser pour le moment.

À Strasbourg

– Le samedi 22 et le dimanche 23 septembre (matin et après-midi), une équipe devrait faire remplir le questionnaire sur la bisexualité réalisé conjointement par quatre associations LGBT ou bi (détails ci-dessus dans « À Paris »). Si ça vous intéresse, contactez les associations concernées via leurs sites web.

– Le groupe bi AmBIvalence, contacté, m’a indiqué qu’un événement était organisé à titre privé le 23 (MàJ : c’est sur leur agenda ici où ils expliquent pourquoi c’est organisé en privé). Je n’ai pas eu de détails, mais, si ça vous intéresse, vous pouvez les contacter via leur site web.

À Besançon

– Le samedi 22 et le dimanche 23 septembre (matin et après-midi), une équipe devrait faire remplir le questionnaire sur la bisexualité réalisé conjointement par quatre associations LGBT ou bi (détails ci-dessus dans « À Paris »).

À Nantes

– Le samedi 22 et le dimanche 23 septembre (matin et après-midi), une équipe devrait faire remplir le questionnaire sur la bisexualité réalisé conjointement par quatre associations LGBT ou bi (détails ci-dessus dans « À Paris »).

En Provence-Alpes-Côte d’Azur

Le samedi 22 et le dimanche 23 (matin et après-midi), la délégation PACA  de SOS Homophobie souhaite également proposer au public le questionnaire sur la bisexualité (cf. ci-dessus « À Paris »). Je relaie l’appel à bonnes volontés : « Nous souhaitons mettre en place des équipes à Nice, Marseille, Aix, Avignon et Montpellier. Vous pouvez vous manifester par retour de mail en indiquant dans quelle ville vous voulez nous rejoindre. » Si vous êtes intéressé-e, envoyez un mail à sos-pacaAROBASEsos-homophobie.org ou allez sur la page Web de la délégation PACA.

À Marseille

Samedi 22 septembre, rencontre-débat « Comment lutter contre la biphobie » organisée par la délégation PACA de SOS Homophobie à partir de 19h au bar “le WAAW”, 16 rue Pastoret, Marseille 6ème. Je retransmets la suite de l’annonce : « Et toute la soirée, nous rencontrerons et présenterons l‘association SOS homophobie aux nouvelles et nouveaux. Évidemment, touTEs les militantEs et sympathisantEs seront bienvenuEs pour ce débat et cette réunion de rentrée.  » L’événement est annoncé sur le site de la délégation et a aussi une page sur Facebook pour ceux qui y sont. MàJ le 22 : la page Facebook arbore désormais quelques photos des équipes en pleine action avec le questionnaire !

Sur Internet : sites relais et revue de presse

J’ai donné ci-dessus les liens vers les sites des associations organisant des événements IRL. Il faut signaler que le site Internet de Bi’cause, après une petite panne, a changé d’adresse ces derniers jours : il se trouve désormais à l’adresse bicause.webou.net.

Sur Twitter, il y a les comptes des associations françaises, principalement le Twitter de Bi’cause, mais aussi celui de SOS homophobie et de sa délégation en PACA, celui du MAG et celui d’Act Up Paris, ou bien le hashtag général #Bisexualité. Mais ce serait bien de se mettre d’accord sur un hashtag commun propre à l’événement pour en parler, du genre #Bi2012, histoire que chacun retrouve facilement tout ce qui se dit dessus.

Le questionnaire sur la bisexualité peut être rempli en ligne sur cette page du site de SOS Homophobie, et dispose d’un blog Yagg ici. Voyez aussi le communiqué de presse interassociatif pour le lancement du questionnaire. MàJ : le samedi 22 au matin, environ 2000 personnes avaient rempli le questionnaire en ligne. L’information est aussi relayée sur divers sites, dont celui des associations LGBT de Toulouse et Sida Info Service.

Le comité ILGA Europe, branche européenne de l’International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association, a publié vendredi 21 septembre un communiqué de soutien à l’occasion de la Journée de la bisexualité.

La presse en ligne parle de la Journée de la bisexualité 2012. La presse LGBT, d’abord : « Des associations interrogent : « Pour vous, la bisexualité, c’est quoi ? » sur tetu.com (article du 20) ; « Journée de la bisexualité » sur Zagay (le 21 septembre). Mais aussi la presse généraliste : l’Indépendant du Midi évoque l’événement à Montpellier (article du 20 septembre).

Synchronisation des associations Paris-province : une organisation à parfaire. Dans un communiqué du 22 septembre, l’association bi lyonnaise France Bisexualité Info regrette de n’avoir pas été assez associée à l’enquête sur la biphobie, malgré de nombreuses prises de contact réalisées avec les associations qui l’organisent. Un couac regrettable, peut-être à mettre au compte de la constitution encore toute récente du site en association (elle a été créée en mars, j’en parlais là), qui fait qu’elle est moins connue que Bi’cause. Rappelons-le : Bi’cause n’est plus la seule association bi en France ! Il y a France Bisexualité Info à Lyon, et le groupe AmBIvalence à Strasbourg (qui a fait le choix de rester pour le moment un groupe informel de fait, sans se constituer en association). Je ne doute pas qu’une meilleure synchronisation entre les actions des associations bi et LGBT sur l’ensemble du territoire ne tardera pas à se mettre en place.

Ailleurs dans le monde

Si vous êtes hors de France ou que vous connaissez des gens qui sont hors de France à ce moment-là, sachez qu’il y a pas mal d’événements organisés un peu partout dans le monde. Le nom anglais de la Journée de la bisexualité utilisé au Royaume-Uni est le « Bi Visibility Day » (la « Journée de la visibilité bisexuelle ») ; aux États-Unis, c’est le « Celebrate Bisexuality Day » (« Journée Célébrez la bisexualité »).

Le site september23bi.org se propose de regrouper les événements organisés à cette occasion. Bon, dans les faits, c’est un site maintenu par le magazine britannique Bi Community News, et ce sont les événements britanniques qui sont le plus détaillés, mais on trouve aussi des événements dans plusieurs autres pays du monde (voyez ci-dessous). Sur les réseaux sociaux, on trouve la page Facebook correspondante Bi Visibility Day et plusieurs événements anglophones, ici ou par exemple.

Au Royaume-Uni, où la communauté bi est nombreuse et active, de très nombreux événements ont été organisés, à Salford, Edimbourg, Londres, Brighton, Birmingham, Bristol, Cardiff, Nottingham, Sheffield, Winchester, Wolverhamption et Manchester.

Au Danemark, les bi de Copenhague se sont retrouvés au siège de LGBT Danmark pour une soirée dîner-DVD autour du film allemand 3 (Tom Tykwer, Allemagne, 2010).

Aux États-Unis, des événements ont été organisés à Princeton, Boston, New York, Los Angeles, Chicago et St-Paul (Minnesota). Outre le site september23bi.org indiqué plus haut, vous trouverez des informations sur le blog de l’association BiNet USA. À Berkeley, les législateurs ont officiellement adopté le 23 septembre comme Bi Visibility Day (articles sur un blog du Los Angeles Times et sur le San Francisco Chronicle) : c’est la première ville du pays à donner une reconnaissance légale à cette journée.

En Australie, la radio Joy FM, diffusée à Melbourne, a accordé un temps d’antenne à des interviews de bi parlant de leur coming out, en association avec l’organisation Bi Alliance.

Et vous ?

Si vous êtes une association, une institution, un média, si vous tenez un blog, si vous êtes Yaggeur ou Yaggeuse, si vous avez un profil sur Facebook, Twitter, etc., qu’allez-vous faire à cette occasion ? Et même si vous n’êtes rien de tout ça, d’ailleurs ? Ça peut être l’occasion d’en parler avec des ami-e-s ou des proches, ou d’organiser une soirée DVD avec un film parlant de bisexualité, ou de faire écouter aux gens des chansons de bi, ou alors, si vous avez la flemme d’être sociable, de rester au chaud et de vous documenter sur le Web… quels sont vos projets ?

Encore une fois, n’hésitez pas à corriger et à compléter les annonces d’événements, je mettrai l’article à jour !

Les bi américains dénoncent le "problème bi" de Google

Tout a commencé le 18 juillet, lorsque Faith Cheltenham, la présidente de l’association bisexuelle américaine BiNet USA, a publié sur le blog « Gay Voices » du Huffington Post un article intitulé « Google’s Bisexual Problem ». Elle s’y étonnait de l’étrange traitement réservé par le moteur de recherche Google aux mots-clés concernant la bisexualité (« bisexuality », « bisexual », mais aussi les mots français).

On n’est pas aidés

Le moteur de recherche de Google, dont on connaît l’ascension fulgurante due à ses performances hors du commun, possède deux outils qui font beaucoup pour sa rapidité et qui ont été repris par pas mal d’autres moteurs. L’un, intitulé « Auto Completion », affiche des suggestions automatiques chaque fois que l’internaute commence à taper un mot dans le formulaire de recherche (par exemple, si vous tapez « lesb », vous devriez avoir droit à des suggestions comme « lesbienne » ou « lesbianisme »). L’autre, plus récent, intitulé « Instant Search », opère sur les systèmes les plus rapides et consiste pour Google à commencer à proposer des résultats avant même que vous n’ayez terminé de taper les mots-clés de votre recherche. (Ce truc doit être un gouffre à énergie terrible, mais ce n’est pas le sujet.)

Or Faith Cheltenham s’est rendue compte d’une chose curieuse : lorsqu’on commence à taper des mots comme « bisexual » ou « bisexuality », aucune suggestion ne s’affiche et Google ne commence pas à faire la recherche. Elle a mis en ligne une vidéo Youtube  montrant la différence. J’ai moi-même fait le test avec les mots français « bisexualité » et « bisexuel » : mêmes absences de suggestions et de résultats instantanés.

Ce détail est moins anodin qu’il n’en a l’air. Lorsque vous cherchez quelque chose sur Google, vous avez l’habitude d’avoir l’impression que plein de gens avant vous ont déjà cherché les mêmes choses, et la recherche automatique vous montre dès le départ qu’il y a bel et bien plein de résultats sur le sujet en question. Mais si vous ne voyez pas la moindre suggestion s’afficher ? Vous aurez l’impression que personne ne cherche ça d’habitude. Idem pour l’absence de résultat : cela donne l’impression qu’il n’y a rien à trouver.

Ces deux impressions sont évidemment fausses. Mais elles ne sont pas dénuées d’impact potentiel sur les utilisateurs. On connaît le contexte actuel, très crispé, aux États-Unis sur la question du suicide chez les jeunes appartenant aux minorités sexuelles. Cheltenham estime (à juste titre, je trouve) qu’une telle différence peut renforcer le malaise des internautes mal dans leur peau et qui tenteraient de chercher des informations sur la bisexualité sur Internet. Elle rappelle en particulier le rapport alarmant publié en mars 2010 par la San Francisco Human Rights Commission, Bisexual Invisibility: Impacts and Recommendations, qui indiquait qu’une femme bi sur deux et un homme bi sur trois auraient envisagé ou tenté de se suicider, soit des taux supérieurs à ceux observés chez les homosexuel-le-s (eux-mêmes supérieurs à ceux observés chez les hétérosexuel-le-s). On sait d’ailleurs que c’est la même chose au Royaume-Uni. (En France, à ma connaissance, il n’y a pas encore eu d’étude à ce sujet…)

L’accès aux sources d’information sur la bisexualité est donc porteur d’enjeux cruciaux, et un « détail » comme celui-ci peut être lourd de conséquences, disons, dérangeantes. Et comme Google n’est pas exactement un petit moteur de recherche obscur que personne n’utilise…

Il y a donc deux choses alarmantes dans le « problème bi de Google ». La première, c’est qu’on s’explique mal l’absence de suggestions automatiques pour l’auto-complétion des mots-clés et pour les résultats de la recherche instantanée. Pourquoi diable cette différence dans les paramètres du moteur de recherche ? La seconde, ce sont les conséquences de cette différences pour les utilisateurs.

En réponse, Google fait des yeux de Bam… bi

Faith Cheltenham indique qu’en 2010, année où Google a commencé ce blocage, le Google Help Desk avait indiqué que cette différence était « un bug » qui « allait être réparé ». Mais au printemps 2012, rien n’avait bougé. D’où nouvelles démarches de Cheltenham, qui a obtenu le 2 juin cette réponse d’un porte-parole de Google :

« As you say, we’re strong LGBT supporters. Sometimes perfectly good search terms can trip up our algorithms that decide whether to show instant results. This can happen when our automatic filters detect a strong correlation on the (unfiltered) Internet between those terms and pornography. The effect varies from term to term, and keep in mind we handle billions of queries each day, 16 percent of which are new to us each day, across 146 languages. But we appreciate your feedback — it’s this kind of case that motivates us to keep working on our algorithms so we can get people the information they need as quickly as possible. » – Google Spokesperson, July 2nd 2012

Je traduis :

« Comme vous le dites, nous sommes fortement engagés en faveur des LGBT. Parfois, des termes de recherche parfaitement valides peuvent faire s’emmêler les pinceaux à nos algorithmes qui décident s’il faut ou non montrer des résultats instantanés. Cela peut arriver lorsque nos filtres automatiques détectent une forte corrélation sur l’Internet (non filtré) entre ces termes et la pornographie. L’effet est variable selon les termes, et gardez en tête que nous gérons des milliards de requêtes chaque jour, dont 16% sont nouvelles pour nous chaque jour, en 146 langues. Mais nous apprécions vos retours : c’est ce genre de cas qui nous motive à poursuivre notre travail sur nos algorithmes afin de pouvoir procurer aux gens les informations dont ils ont besoin aussi rapidement que possible. – Porte-parole de Google, 2 juin 2012

Google sollicite donc notre compassion : il est vrai qu’ils n’ont jamais mis en avant la rapidité et la fiabilité de leurs résultats, ni leur capacité en tant qu’entreprise à être meilleurs que les autres, et que ce n’est pas du tout comme ça qu’ils ont accédé à leur position dominante actuelle sur le marché. Il est vrai aussi qu’ils ont peu de moyens, peu d’employés et que deux ans est un délai bien court pour corriger un « bug ». On imagine les algorithmes animés d’une vie propre, dans les tréfonds des lignes de code, échappant peu à peu au contrôle des informaticiens, tels des raptors à Jurassic Park. Encore quelques messages comme ça et ils vont nous refaire Ghost in the Shell.

Bref, en ce qui me concerne : excuses non acceptées, capitaine Google.

Quant à l’argument de la pornographie, il me laisse plus que sceptique. Expliquez-moi comment le terme « bisexualité », associé à une orientation sexuelle qui commence à peine à faire un peu parler d’elle, pourrait être davantage associé à la pornographie que des mots comme « gay » ou « lesbienne » ou que les contenus pas spécialement labellisés avec des termes LGBT ? Y a-t-il donc une telle quantité de contenu pornographique spécifiquement labellisé comme « bisexuel » sur le Web ? Ou alors c’est ça, la matière noire de l’univers ? Sérieusement…

Mais au fond, ce n’est même pas à moi de chercher d’où peut provenir le problème : c’est aux équipes de Google de le faire. Le fait est qu’il y a un problème et que ce problème entraîne une inégalité de traitement entre les différentes orientations sexuelles sur le moteur de recherche Google.

De quoi écorner l’image impeccablement LGBT-friendly que s’est construite l’entreprise auprès du grand public.

Le coup de grâce ? En 2010, le problème concernait aussi un autre mot : « lesbian ». De plus en plus embêtant. Sauf que, toujours selon Cheltenham, le mot « lesbienne » a été débloqué depuis… mais pas les mots-clés concernant la bisexualité. Décidément, les voies des algorithmes sont impénétrables. De quoi se demander si Google ne se moque pas un peu du monde (et des bi en particulier). Et de quoi donner envie de recourir plutôt à d’autres moteurs de recherche, par exemple ceux qui n’emmagasinent pas les données des utilisateurs, comme Ixquick ou Duckduckgo.

Les bi persistent, et demandent à signer

La communauté bi américaine n’a pas l’intention d’en rester là, et c’est pourquoi une pétition a été lancée sur Change.org : « Google’s Technical Staff: Stop blocking the word « bisexual » from instant search results ».Pas besoin d’être américain pour signer, naturellement !

Je traduis le texte de la pétition si vous ne lisez pas l’anglais :

« Aux équipes techniques de Google : cessez de bloquer le mot « bisexuel » dans les résultats des recherches instantanées

Google a été un partisan de longue date des combats menés pour l’égalité des LGBT. Bloquer ce terme ne dénote pas une volonté d’inclusion et permet à un mythe répandu sur la bisexualité – selon lequel elle n’existerait pas réellement – de persister.

En tant que membre de la communauté bisexuelle, cela me choque personnellement. J’ai été l’objet de beaucoup de préjugés et de stéréotypes. Bloquer l’accès à l’information ne fera que perpétuer la biphobie.

Ou bien imaginez des adolescents et des adultes qui pensent qu’ils pourraient être bisexuels et qui se tournent vers Google pour chercher des informations. Que trouveraient-ils ? Qu’est-ce que cela leur ferait croire ?

 Imaginez aussi : vous êtes un parent dont l’enfant vient juste de faire son coming out en tant que bisexuel. Vous vous tournez vers Google pour chercher des informations sur la meilleure manière de soutenir votre fils ou votre fille. Néanmoins vous vous heurtez à des barrages routiers qui limitent ce que vous trouvez. Qu’éprouveriez-vous dans une pareille situation ?

 Je pense que Google a la responsabilité de refléter pleinement son soutien à la communauté LGBT et de faire avancer notre égalité avec les autres. Avec ce blocage toujours en place, ce n’est qu’une égalité partiale qui est reflétée.

 En signant cette pétition, vous demandez à Google de refléter de façon plus complète son engagement à soutenir la communauté LGBT. »

Notez que la pétition se concentre sur la contradiction entre le discours officiel de Google (qui se présente comme pleinement LGBT-friendly) et la réalité des paramètres de son moteur de recherche.

Affaire à suivre : j’espère que cette affaire fera encore parler d’elle, et que Google sera contraint de réagir. Ces algorithmes qui deviennent incontrôlables même pour les experts de Google, c’est tout de même flippant.

Quand l'Armée du Salut vous vire parce que vous êtes bi

Danielle Morantez, ancienne employée américaine de l’Armée du Salut à Winooski, dans le Vermont, a été employée par l’organisation pendant deux mois. Tout allait bien et ses employeurs lui témoignaient toute leur satisfaction pour son travail. Le vendredi 20 juillet dernier, elle émet des inquiétudes à propos du contenu du livret de l’Armée du Salut concernant l’orientation sexuelle et les discriminations à l’emploi, et fait son coming out en tant que bisexuelle dans le même temps. Le lundi, l’Armée du Salut la licencie et lui intime l’ordre de quitter les lieux. Motif : « sa position et ses positions personnelles ne s’alignent pas à 100% avec les valeurs de l’Armée du Salut ». Morantez se retrouve avec une petite fille de trois ans qu’elle peut à peine nourrir ; sans emploi, sa situation devient catastrophique.

Ce n’est pas la première fois que l’Armée du Salut se distingue par ses positions et ses propos discriminatoires envers les minorités sexuelles. Il y a un mois, un représentant australien de l’Armée du Salut, employé de longue date par l’organisation, avait déclaré publiquement que l’idée selon laquelle les gays doivent mourir faisait partie de la « doctrine chrétienne » de l’Armée du Salut. L’organisation avait présenté ses excuses à la communauté LGBT.

Danielle Morantez a lancé une pétition sur le site Change.org (elle a déjà recueilli plus de 50 000 signatures ; l’objectif est de 75 000).

Le texte complet de la pétition en anglais :

The Salvation Army fired me for being bisexual. I can barely afford to feed my child because I lost my job. I need your help so this never happens to anyone else ever again.

When most Americans think of the Salvation Army, they think of the group’s ubiquitous holiday red kettles and bell ringers. But there’s a dark side behind the smiles: the Salvation Army has a long history of attacking the civil rights of lesbian, gay, bisexual, and transgender people. Just last month, for example, the Salvation Army in Australia was forced to apologize after an official said that the belief that gays must die is part of the group’s “Christian doctrine.”

And now, this: the Salvation Army fired me from my job – the sole means of support for my husband and and my three-year-old daughter — because of of my sexual orientation.

For the first two months that I worked for the Salvation Army, everything went well. I doubled the number of clients the Salvation Army was able to serve on a daily and weekly basis, and I streamlined the group’s social services programs. My supervisors gave every indication that my work was exemplary.

But last Friday July 20, I raised concerns about sections in the Salvation Army employee handbook relating to sexual orientation and employment discrimination, and came out as bisexual in the process. On Monday, the Salvation Army fired me and ordered me escorted off the premises.

In my exit interview papers they claimed the reason for my termination was because my « personal beliefs and position do not 100% align with the values of the Salvation Army. »

My sexual orientation had absolutely no bearing on the job I did or the quality of my work, yet for the Salvation Army, it was reason enough to fire me. The Salvation Army – an organization that claims to be “Doing the Most Good” – chose to harm me and my family simply because I had the courage to be honest.

Firing someone for their sexual orientation is not “good,” it’s wrong. This needs to stop. Join me by signing this petition asking the Salvation Army to end employment discrimination against lesbian, gay, bisexual, and transgender people now!

After you sign my petition, please read more about my story at Truth Wins Out.

Rappelons qu’en France l’Armée du Salut est considérée par le gouvernement, outre son statut de congrégation religieuse à mission spirituelle (c’est un organisme protestant), comme une fondation à mission sociale reconnue d’utilité publique, et compte plus de 2000 employés. (Voyez son article Wikipédia.)

Le site officiel anglophone de l’organisation indique, sur la page « Mission » : « Its mission is to preach the gospel of Jesus Christ and to meet human needs in his name without discrimination ». Sur le site francophone, la Charte déontologique de la Fondation (ici en pdf) affirme : « La Fondation exerce toute son action sans tenir compte de critères religieux, raciaux, ou autres formes de discrimination. »