Décollage

Bonjour à toutes et à tous ! Je suis Silvius, et ceci est le Biplan, un blog où je vais tâcher de publier (régulièrement, si possible) des actualités en rapport avec la bisexualité, des billets sur la culture bi, ainsi que des réflexions personnelles sur la bisexualité (et probablement quelques domaines voisins).

Photographie en noir et blanc d'un homme qui s'envole accroché à un planeur biplan.
Planeur biplan dans les années 1920, Philadelphie, États-Unis.

Pourquoi la bisexualité ? Parce que je suis un bi, un jeune homme bi pour être un peu plus précis, et qu’il m’a semblé qu’il n’y avait pas assez de blogs spécifiquement consacrés aux bi sur Yagg. Je connais l’excellent blog de Prose, et il y en a certainement d’autres, mais je pense qu’à l’heure actuelle les bi en tout genre ne sont pas assez vus, et il est temps qu’on les voie – et qu’on les écoute. Or donc, les bi existent, la preuve, en voici encore un (de là à dire qu’ils « poussent de partout, comme des pâquerettes »…). L’avantage de ce blog, c’est que, moi qui me contentais jusqu’à présent de relayer à la rédaction de Yagg des actus bi qui n’étaient pas publiées, je vais pouvoir les relayer ici, moi-même, ce qui ne m’empêchera pas non plus de râler contre la place largement insuffisante consacrée aux bi dans les médias LGBT généralistes que sont Yagg et Tetu.com (je ne connais pas assez les autres pour en parler). La part d’actualité bi que contiendra ce blog viendra combler une absence coupable, mais qui doit cesser. (Rassurez-vous : je critique déjà, mais Yagg a aussi des qualités à mes yeux… sinon, je n’y ouvrirais pas un blog !)

Un deuxième élément m’a incité à lancer ce blog : pouvoir parler au titre d’homme bi, par distinction avec les femmes bi. Non que j’attache une importance démesurée à mon genre (je me soucie beaucoup plus d’être humain que d’être un homme), mais il faut croire que cette sorte de chose compte aussi pour se situer, se construire une identité. L’association Bi’cause a été créée par un groupe de femmes (même si j’y ai aussi croisé des hommes et des transgenres). Sur le forum du site Bisexualite.info, il y a beaucoup de femmes (même s’il y a aussi des hommes). A un moment donné, j’ai ressenti – de façon purement subjective, donc, car je n’ai aucune donnée rigoureuse pour étayer cette impression – un manque d’une parole d’hommes bi. Ou alors, c’est peut-être tout simplement un besoin de réfléchir un peu sur ce que c’est qu’être un homme bi de nos jours, par rapport à la vision de la masculinité que renvoient la culture dominante hétérosexuelle d’un côté et la culture gay de l’autre. Dans la mesure où je ne me reconnais complètement dans aucune des deux, il ne sera pas mauvais de se demander un peu ensemble ce que c’est qu’UN bi.

La troisième chose qui m’a incité à lancer ce blog, c’est l’envie de partager ce que je connais de la culture bi, et de contribuer à en construire une. Elle existe déjà (le titre du documentaire d’Arte La bisexualité, tout un art ? est très parlant là-dessus, même si les bi sont loin d’être tous artistes, bien sûr) mais elle peine encore à prendre conscience d’elle-même comme telle et à être employée par les bi comme moyen de se construire une identité et de s’y retrouver dans la vie. Il y a plusieurs raisons à cela, dont la moindre n’est pas (encore une fois) l’occultation aussi tenace qu’agaçante de la part de la bisexualité dans la culture, tant par l’hétérocentrisme que par la culture gay et lesbienne (eh oui, hélas). Verlaine ? Bisexuel, et pas seulement par vitrine comme on pourrait le croire (ses poèmes pornographiques, qui ne recherchent pas exactement le consensus au sens décent du terme, ont beau s’intituler Hombres, ils contiennent pas mal de mujeres aussi). Les personnages principaux des Chansons d’amour de Christophe Honoré ? Bisexuels, mais le mot a rarement été prononcé. Jack Harkness, de Doctor Who et Torchwood ? Pansexuel (il vous aime même alien) mais j’en ai lu parler comme d’un personnage gay, par confusion facile avec l’acteur qui l’incarne, John Barrowman. En dehors de ces références communes, sur lesquels un regard bi supplémentaire ne peut pas faire de mal, je vais parler aussi tout simplement de livres, de films, de sites web, etc. proprement bi, pour autant que je les connaisse assez pour ça.

Le tout nécessairement dans le désordre et posté dans le temps que me laissera le reste de ma vie, c’est-à-dire dans une sacrée pagaille. D’où le nom de « biplan » donné à l’appareil : pas seulement un plan bi (qui soit autre chose qu’un plan B, pour une fois) mais plus techniquement un appareil encore neuf, bricolé, pas encore très sûr, quasiment occupé à s’inventer en même temps qu’il vole, avec tous les cahots, les trous d’air et les frayeurs que ça peut occasionner. Lunettes steampunk recommandées.

Et enfin « biplan », aussi, parce qu’en devenant bi (ou en me découvrant bi, comme vous voudrez) j’ai eu l’impression de déployer une deuxième paire d’ailes que je ne me connaissais pas, et de m’envoler d’un coup. Effrayant, exaltant, intimidant… il se trouve que le militantisme bi en France n’est pas beaucoup plus vieux, à son échelle, que moi à la mienne. En tout cas, le vol ne fait que commencer. Donc, bi’envenue, comme ils diraient à Bi’cause !

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