Rencontre avec… Biscuit, webmestre du site bisexualite.info

Pris par mon travail, je n’ai pas encore eu le temps de consacrer un billet au déroulement de la Journée de la bisexualité, dont j’ai abondamment couvert le programme fin septembre. Sans pouvoir m’étendre beaucoup, toujours faute de temps, voici tout de même quelques nouvelles. Cette Journée a été un succès, au moins en termes d’activités associatives : j’étais à la visioconférence au Centre LGBT Paris-Île-de-France le 23, qui s’est déroulée sans anicroche et a permis des échanges passionnants entre des bi et des associations bi des quatre coins du pays. Les associations participantes sont en train de préparer un compte rendu détaillé et ces échanges vont se prolonger ces prochains mois – et, espérons-le, ces prochaines années.

Pour le moment, je vous propose de découvrir ci-dessous une interview d’un des participants à cette visioconférence : Biscuit, le webmestre du site et forum bisexualite.info. Cette interview, que j’avais préparée avec lui à la mi septembre, est la deuxième de ma série « Rencontre avec… », qui regroupe des entretiens avec des figures importantes de la communauté bi, et que j’avais inaugurée l’an dernier par un entretien touffu et très riche avec Nelly Ambert, alors présidente de Bi’cause. Bonne lecture et à bientôt pour de nouveaux articles !

BisexualiteInfoCapture

 Pour les personnes de tous les âges qui s’interrogent sur leur sexualité et leurs sentiments, Internet est devenu un moyen d’information précieux, qui constitue souvent la première étape avant même la consultation de livres ou de films ou une visite dans un lieu de sociabilité LGBT.

Or, quand on cherche « bisexualité » sur un moteur de recherche, l’un des sites en français les plus anciens et les plus notables sur lesquels on tombe est bisexualite.info, qui contient quelques pages bien faites présentant le sujet et est doté d’un forum très actif. Je dois d’ailleurs dire qu’il m’a beaucoup aidé dans les premiers temps où je découvrais ma bisexualité. J’ai donc voulu en savoir plus sur ce site et c’est ainsi que j’ai eu l’idée d’interviewer son webmestre, Biscuit.

 Pour commencer, est-ce que tu veux bien te présenter en quelques mots (voire dire un mot sur ta situation géographique, même en gros) ?

 Mon prénom est Laurent, j’ai 35 ans, et je vis dans le sud, entre Avignon et Nîmes.

 Quand as-tu créé le site et/ou son forum (car si j’ai bien compris, le forum est au moins aussi ancien que le site), et dans quel contexte ? Ressentais-tu un manque de ressources pour les bi sur Internet à ce moment-là ?

 C’était en 2004. À cette époque-là je ressentais personnellement un besoin de discuter de ma bisexualité, de me confier, de connaître les parcours d’autres bisexuels. Je fréquentais assidument les quelques forums sur ce sujet que j’avais trouvés, mais aucun ne me convenait totalement. La plupart étaient des forums gays avec dans un coin une petite rubrique réservée aux bi, qui étaient souvent malmenés par certains gays… et en toute liberté… Il y avait aussi un site purement bi aujourd’hui disparu qui avait au début des années 2000 un forum malheureusement peu actif et peu à peu abandonné.

Au final je me suis rendu compte qu’il y avait un réel vide, qu’il manquait un vrai forum bisexuel, actif, modéré, et totalement dédié à la bisexualité et aux bisexuel(le)s.

J’ai donc commencé par créer ce forum qui me manquait surtout à moi même dans un premier temps. Le lancement a pris quelques mois, le temps de faire venir du monde, puis son activité est devenue quotidienne pour ne plus jamais s’arrêter.

Ce n’était donc qu’un forum au départ, et c’est seulement quelques années plus tard que j’ai décidé de lui adjoindre une partie « site », complémentaire bien qu’anecdotique si l’on compare son contenu à l’énorme richesse accumulée sur le forum en 9 ans.

 Le site donne dans le simple et efficace : peu de pages, mais toutes présentant des aspects importants du sujet, de la définition de la bisexualité à la prévention des MST en passant par la dénonciation des clichés ou l’histoire du drapeau bi… Ce qui est plus surprenant, c’est le fameux test de Vieznick. Là je crois qu’il faut que tu expliques 🙂

 Ah oui… ce truc là… 😉

En fait je voulais simplement proposer un test ludique sur la question « Suis-je bi ? », une alternative aux tests classiques que l’on peut trouver ici et là sur la toile et qui ne me semblaient pas toujours adaptés à la réalité. J’ai donc écrit ce test, c’était d’ailleurs plutôt amusant, et je l’ai soumis à quelques membres du forum. Je l’ai ensuite publié, mais il restait à lui trouver un nom… Pas question de lui donner mon nom à moi, et difficile de lui trouver un nom « percutant » et qui signifie quelque chose. Je me suis du coup inspiré du nom propre d’un acteur de série, aucun rapport avec la bisexualité, mais je trouvais que ça « sonnait », un peu comme un pseudonyme que j’aurais pris juste pour faire plus sérieux…

Là où ça devient marrant, c’est qu’un jour France 5 consacre une de ses émissions à la bisexualité, et affiche en bandeau pendant une interview « on trouve sur internet le test de Vieznick pour savoir si l’on est bi » ou quelque chose comme ça. La consécration ! 🙂

 Le site donne l’impression d’un engagement militant clair, et contient quelques liens vers le site de l’association bi parisienne Bi’cause. Te considères-tu comme un militant bi ? Quels sont tes rapports avec les associations bi et les associations LGBT en général ?

 Je n’ai hélas que très peu de relations avec les associations LGBT. J’ai eu l’occasion de rencontrer les dirigeants d’une asso avignonaise LGBT qui déploraient l’absence totale de « B » et de « T » dans leur structure. Je crois que c’est hélas une réalité pour beaucoup d’associations LGBT, qui sont en pratique essentiellement gays.

J’ai aussi rencontré quelques membres de Bi’cause quand j’en ai eu l’occasion. J’ai eu avec eux des discussions très intéressantes, mais ma situation géographique ne me permet pas vraiment de militer sur le terrain. De ce fait, je ne suis membre d’aucune association et ne participe quasiment jamais à des actions de terrain.

Je me définis tout de même comme militant à travers mon engagement quotidien sur mon forum.

 Le forum est une partie très active du site. Comment a-t-il évolué depuis son lancement ? As-tu ajouté ou supprimé des sections et pourquoi ?

 Il a assez peu changé en fait. Il s’est énormément enrichi simplement par les contributions des participants au fil des années, mais dans sa structure, il est presque le même que dans ses premiers jours.

À une époque il comportait une rubrique réservée aux « anciens », mais c’était très compliqué d’établir une règle claire et qui convienne à tout le monde pour décider qui avait accès, ou pas, à cette section. Au final, cette partie « privée » est morte faute de participants, et j’ai fini par la supprimer.

 Parlons un peu des aspects techniques. Cela a-t-il été difficile de créer le site en termes d’hébergement, de conception des pages, d’habillage, etc. ? Comment fonctionne l’hébergement du site et combien te coûte-t-il ?

 Lorsque j’ai créé le forum (en 2004) je me suis servi du déjà célèbre et incontournable moteur phpBB, alors en version 2. J’ai simplement retravaillé son apparence pour le personnaliser, puis ajouté quelques fonctionnalités la plupart sous forme de MODS. Il était au départ hébergé chez Free, qui était le seul à l’époque à permettre de faire tourner gratuitement un tel forum.

Le forum grandissant, j’ai vite été coincé par les limitations d’un hébergement gratuit, et un des membres (Xender, également modérateur pendant plusieurs années) m’a proposé d’héberger gratuitement le forum ainsi que les quelques pages html qui composaient le site à ce moment là sur son serveur dédié.

Quelques années plus tard, le forum devenant encore plus « gros », Xender m’a demandé quelles solutions (délestage ?) on pouvait trouver afin de limiter la croissance du site. Ne voulant supprimer aucun contenu, et souhaitant au contraire proposer de nouveaux services (nouveau moteur – Joomla! – pour la partie site et hébergement des pièces jointes par exemple), j’ai préféré acheter à mes frais un hébergement et le faire évoluer selon mes besoins. Parallèlement, j’ai mis en place sur le site des liens vers deux sites de rencontre en marque blanche, afin de financer ces frais.

À ce jour, le site et le forum sont hébergés chez OVH sur une offre mutualisée PRO + un serveur SQL privé.

 Question peut-être liée à la précédente : comment fonctionne la boutique de « visibilité bi » et pourquoi l’avoir incluse ?

 J’ai créé cette boutique simplement pour proposer des produits « bi », très rares dans le commerce, même sur le net. Je me suis inspiré de ce que proposait Bi’cause à cette époque là. En effet ils avaient sur leur site une boutique proposant des produits à leurs couleurs. Le principe est simple : c’est une société allemande, Spreadshirt, qui fabrique, vend, et expédie les produits créés par le webmaster. Il suffit d’ouvrir gratuitement une boutique virtuelle, de créer des produits via un outil en ligne, et de les mettre en vente. Ensuite, Spreadshirt s’occupe de tout.

 En plus d’être le webmestre du site, tu es le principal modérateur de la partie forum. Comment cela se passe-t-il ? J’imagine que cela peut facilement demander beaucoup de temps et d’énergie…

 En effet. Le forum me prend pas mal de temps, presque tous les jours, déjà parce que je suis tenu de lire tous les messages qui y sont publiés, et ensuite parce qu’en plus de le modérer et l’administrer j’en suis aussi moi même un des plus gros contributeurs… 😉

À travers les années j’ai pu compter sur l’aide de quelques modérateurs et je tiens à tous les remercier pour leur aide, totalement bénévole et désintéressée en plus d’être parfois rébarbative et délicate. Malheureusement ils ont tous leurs occupations, leurs vies, et à ce jour je suis seul aux commandes.

 As-tu déjà eu affaire à des messages haineux ou discriminatoires sur le forum, ou plus généralement à des trolls ? Comment les gères-tu et comment as-tu appris à le faire ?

 Assez peu en réalité. Déjà parce que les membres sont les premiers modérateurs même si ils le font sans s’en rendre compte. Quelqu’un qui débarque en insultant tout le monde soulève très vite une levée de boucliers, et je n’ai plus ensuite qu’à « faire le ménage » en bannissant le coupable et si nécessaire éditant/supprimant les messages incriminés.

Ensuite je crois que la thématique même de ce forum, très spécialisée, limite son audience sur la toile. On est très loin des trolls quotidiens sur les forums de jeux vidéos par exemple. De plus, le fait de passer tous les jours, et souvent plusieurs fois par jour, lire tout ce qui est publié, laisse peu de temps pour agir à des personnes mal intentionnées.

Enfin, je suis particulièrement les nouveaux inscrits, déjà pour les aiguiller dans le fonctionnement parfois complexe du forum, mais aussi afin de détecter très vite celles ou ceux qui risquent de poser problème à travers leurs propos.

Au final je crois que je bannis deux ou trois personnes par an en moyenne, parfois temporairement, parfois définitivement. Et ça reste très peu comparé à la fréquentation du forum (bientôt 250 000 messages postés par 4000 membres, soit une moyenne de 74 messages par jour !).

Il faut dire aussi que certains nouveaux inscrits repartent très vite en comprenant qu’ils sont sur un forum de discussions et non sur un site de rencontres… 🙂

 As-tu l’impression que le site et le forum aient atteint l’objectif qui était le tien en les créant, et pourquoi ?

Je crois qu’on est bien au delà de ce que j’imaginais au départ. Je voulais juste créer un forum bi, et je me retrouve aujourd’hui avec LE forum bi francophone.

Des centaines de gens ont vu leur vie évoluer suite à certaines discussions sur le forum, parfois d’une manière radicale, des tas de personnes se sont rencontrées, et même des couples se sont formés !

Par contre en ce qui concerne le site, j’avais de bien plus grandes ambitions, mais j’ai dû me résoudre à les mettre de côté.

 Tu parles de forum francophone et c’est un point intéressant : il est vrai que sa fréquentation ne se limite pas aux internautes français.

 Tu as tout à fait raison. Bien que nous soyons une large majorité de français, nous accueillons également des francophones de Belgique, Suisse, ou encore du Québec. Je crois qu’il n’y a hélas pas d’équivalent de mon forum dans ces pays. Plusieurs initiatives sont à signaler, passées ou présentes, mais je crois qu’il faut une population cible plus large que celle d’une région pour qu’un forum aussi spécifique puisse rester vivant sur du long terme.

 Pour le Québec, il y a le forum du site « La Cité bisexuelle » (http://www.bisexuelle.org/forum) qui semble assez actif, mais que je ne connais pas bien. Pour les autres pays je ne sais pas trop, peut-être les gens qui nous lisent pourront-ils donner d’autres adresses en commentaires…

Si nous en revenons à toi, quelle place penses-tu que ce site et son forum occupent dans ta vie ? Crois-tu qu’ils t’aient apporté ou appris quelque chose, ou t’aient aidé à mieux t’épanouir ?

 Ce forum fait partie de ma vie, au quotidien, c’est parfois une charge, parfois un plaisir aussi. Dans tous les cas j’en suis très fier, c’est bête mais je me dis que dans ma vie j’aurai apporté quelque chose à des gens, j’aurai réussi un truc spécial, toutes proportions gardées bien sûr, ça reste un forum.

Et plus personnellement ce forum m’a apporté beaucoup aussi. Déjà parce qu’il m’a permis d’apprendre beaucoup de choses que j’ignorais, y compris sur les questions d’orientation sexuelle ou d’identité de genre.

Ensuite parce qu’à travers la lecture de toutes les contributions quotidiennes on s’enrichit soi-même de l’expérience des autres, sur tout un tas de sujets (thèmes typiquement LGBTQI, sexualité, mais aussi culture, politique, loisirs…).

Enfin ce forum m’a aussi permis de faire des rencontres passionnantes, intéressantes, et même intimes pour certaines…

Merci beaucoup pour tes réponses ! Je ne peux que souhaiter ardemment une longue vie au site et à son forum 🙂

Merci à toi pour tout ce que tu fais.

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Rencontre avec… Nelly Ambert, présidente de l’association Bi’cause

Bi’cause est la première et la plus importante association de personnes bisexuelles en France. Née en 1995 sous le nom de « Groupe bi » avant de devenir Bi’cause en 1997, elle a son siège à Paris, au Centre LGBT Paris-Île-de-France. En dix-sept ans d’existence, Bi’cause n’a eu de cesse de faire entendre la voix des bi, tant auprès du grand public que dans les milieux LGBT.  À titre personnel, j’ai rapidement croisé Bi’cause sur mon chemin de jeune bi en pleine découverte, et je suis adhérent de l’association depuis quelques mois. Mais, finalement, je ne la connaissais pas si bien, et les interviews souvent courtes publiées dans la presse LGBT laissaient beaucoup de mes questions sans réponses.

D’où une idée un peu téméraire : et si j’interviewais des gens de Bi’cause ? C’est ainsi que la présidente actuelle de Bi’cause, Nelly Ambert, a très gentiment accepté de répondre à une interview par mail, où je l’interroge à la fois sur l’association en général et sur son parcours personnel de militante bi.

Commençons par séduire nos lecteurs : que dirais-tu aux internautes qui ne sont pas bisexuels pour les convaincre de lire cet article ?

Je leur dirais qu’ils ont des chances d’être surpris car la bisexualité est un territoire encore très méconnu. Et ils seront sans doute surpris également de découvrir que ce territoire présente des paysages assez semblables au leur.

Si tu veux bien nous en dire deux mots, quel a été ton parcours personnel en tant que bi ? Comment en es-tu venue à t’engager dans Bi’cause, puis à en devenir présidente ?

J’ai compris que j’étais bi quand j’ai découvert le mot. Je savais que je n’étais pas hétéro car j’étais un jour tombée amoureuse d’une femme. Je savais que je n’étais pas lesbienne car mes attirances allaient généralement vers les hommes. En fait je ne m’étais pas vraiment posé la question d’un positionnement dans ce domaine. Par contre j’avais résolu mon positionnement identitaire : la société vous case dans un genre : masculin ou féminin. Or, si j’acceptais mon corps tel qu’il était, mentalement j’avais grandi avec un idéal du moi masculin. A l’adolescence il m’a fallu négocier avec moi-même. Il y a eu un moment compliqué et, diplomatiquement, l’arrangement que j’ai pris avec moi-même fut de me dire que j’étais un être humain avant tout, point barre. Alors quand je suis tombée amoureuse d’une femme j’étais simplement un être humain qui tombait amoureux d’un autre être humain. C’était limpide.

C’est cette personne qui m’a fait découvrir Bi’Cause. En arrivant dans cette association, j’y ai ressenti une vraie fraternité, fait de belles rencontres qui ont compté énormément dans ma vie. L’engagement militant consiste à rendre un peu de ce qu’on a reçu, et à mettre sa petite pierre là où on voit qu’il y a encore à bâtir pour abriter les gens des intempéries. Les bisexuels sont encore bien mal perçus (mal dans les deux sens du terme). Je pense que Bi’Cause est une association qui a beaucoup à apporter pour aider à une meilleure connaissance et reconnaissance de la bisexualité. C’est aussi une association qui a un bel esprit et une déontologie. Sans militants, une association meurt, et ce serait dommage.

Comment présenterais-tu brièvement la raison d’être et les activités de Bi’cause, pour les gens qui ne connaissent pas du tout l’association ?

Bi’Cause se donne pour missions, dès son origine, plusieurs domaines d’intervention qui sont listés dans les statuts : favoriser l’émergence d’une identité bisexuelle, développer les rencontres entre bisexuel/les, informer sur la bisexualité, aider et soutenir les bisexuel/les, notamment contre la biphobie, développer la connaissance de la bisexualité, contribuer à la lutte contre le sida et les maladies sexuellement transmissibles.

Pour remplir ces missions, Bi’Cause peut avoir recours à plusieurs modes d’intervention :

1) participations à des évènements (Printemps des associations, UEEH [Universités d’été euroméditerranéennes, NdS], salons Rainbow Attitude, Marches des Fiertés…) ou productions d’évènements (organisation en 2001 du premier Forum des Bisexualités à Paris, depuis 2009 célébration de la Journée Internationale de la  Bisexualité, à venir en décembre 2012 au Centre LGBT une table ronde sur le thème de l’accueil des bi dans les associations LGBT…),

2) production de contenu revendicatif ou de prévention (le Manifeste français des bisexuelles et des bisexuels, Fêter le corps et continuer à vivre) ou publication de ressources qu’on lui fait parvenir sur le site internet,

3) intervention dans les structures LGBT dont nous sommes membres et partenariats interassociatifs,

4) organisation d’activités régulières de convivialité et de réflexion.

La création de Bi’cause a révélé un mal être de beaucoup de bi, et l’association a parfois dû leur fournir quasiment une assistance psychologique. J’ai découvert moi-même l’association par l’intermédiaire des « Bi’envenues », les réunions mensuelles où les personnes qui se découvrent bi, qui ont des doutes sur leur sexualité et qui se sentent perdues peuvent venir discuter.

Comment se déroulent ces réunions d’accueil concrètement ? Comment vous y prenez-vous, et quelles autres actions avez-vous entreprises dans ce domaine ?

En effet. L’association dans l’esprit des fondatrices était d’abord revendicative : il s’agissait d’affirmer l’existence de la bisexualité comme une orientation à part entière, pas moins légitime et respectable que les autres. Mais la fondation du groupe, puis de l’association, a révélé la situation de détresse dans laquelle se trouvaient un grand nombre de bisexuels, niés ou rejetés et désorientés dans un monde très binaire dans ses structures et n’acceptant pas la possibilité d’une troisième voie ou plus « entre » l’hétérosexualité et l’homosexualité. Bi c’est une orientation sexuelle voire une identité mais ce n’est pas un mode de vie. Il y a 36 000 façons de vivre en étant bisexuel. Les moments d’accueil et de convivialité que propose Bi’Cause sont importants car ils permettent les échanges de témoignages et de se rendre compte de cette  réalité. Ces moments de discussions, d’écoute avec d’autres, peuvent aider à mieux se situer, se comprendre, ou à se sortir d’une impasse intérieure. C’est aussi retrouver un espace de fraternité bienvenu dans un monde d’incompréhension parfois brutale.

Nous avons deux temps de convivialité dans le mois dont l’un s’appelle justement la Bi’envenue et l’autre la B.I.P. (Bi Important Person). Nous avons aussi la Bi’envenue de Noël et la galette de janvier, une fois l’an. Plus un ou deux pique-nique aux beaux jours. Certaines années des randonnées mensuelles en Île-de-France ont été proposées le week-end. C’est pas mal de pouvoir varier les occasions et lieux de convivialité car la parole se libère différemment selon les contextes. Nous répondons aux propositions lancées par les adhérents. Nous avons en ce moment des demandes et idées de sorties culturelles. Par ailleurs un certain nombre d’adhérents qui habitent en Île-de-France ou même en province nous ont exprimé leur souhait d’activités de convivialité en journée pour pouvoir y participer plus facilement.

Parlons de la biphobie. C’est une forme de discrimination encore très mal connue, non seulement auprès du grand public, mais même dans les milieux LGBT. Quel est l’intérêt d’avoir un mot spécifique pour la cerner ? En quoi consiste-t-elle et quelles formes prend-elle ?

L’intérêt d’un mot spécifique c’est d’abord la non occultation de l’orientation de la victime, quel que soit le fait de discrimination. Car certains faits peuvent s’apparenter à une réaction de nature homophobe, il n’en demeure pas moins que l’orientation exacte de la victime est la bisexualité, pas l’homosexualité. Ensuite l’intérêt de mettre un mot sur une chose, est d’en poser clairement l’existence et à partir de là d’en étudier les contours. Il y a quelques années les lesbiennes ont tenu à montrer qu’il y avait une spécificité de la lesbophobie par rapport à l’homophobie et l’utilité d’un mot pour le marquer, de la même façon il y a une spécificité de la biphobie et l’utilité de ce mot pour le marquer.

La spécificité la plus importante de la biphobie consiste en la négation même de son objet : c’est d’affirmer que la bisexualité n’existe pas, qu’elle n’est qu’une phase, une aberration temporaire et en aucun cas une orientation réelle et stable. Cela se traduit, au plan identitaire, par une négation de la personne finalement, qui est en soi très violente et perturbante.

Ensuite, il y a divers clichés peu flatteurs et sources de rejets tels que « un bi sera forcément infidèle en amour, inconstant dans ses attachements, un bi n’est pas fiable, un bi est instable etc. ». Un autre aspect c’est la sursexualisation de la personne bisexuelle qui peut entrainer, selon les cas, du rejet ou une projection sexuelle agressive de la part d’autrui, réactions qui sont tout autant génératrices d’atteintes à l’intégrité de la personne.

Ces clichés sont bâtis sur des raisonnements pseudo-logiques qui paraissent évidents à ceux qui les pensent alors qu’ils sont en réalité totalement spécieux et ne tiennent pas la route. Mais ils ont la vie dure, et font la vie dure aux personnes bisexuelles.

En dehors de la biphobie, quels problèmes rencontrent les personnes qui s’identifient comme bi dans la vie ?

En dehors de la biphobie directe et immédiate ce sont les personnes qui ont nié une partie d’eux-mêmes, influencées par un entourage ou une société qui leur a martelé qu’on est soit homosexuel soit hétérosexuel et qui ont fini par s’engager dans un chemin de vie qui ne leur correspondait pas réellement – en se trompant donc sur elles-mêmes et en trompant involontairement aussi leurs relations ou conjoints – qui éprouvent un jour ou l’autre des difficultés dans leur existence. Parce que tout ce qu’on refoule au lieu de le vivre en son temps et naturellement, resurgit un jour avec une violence décuplée qui peut avoir les mêmes effets sur la vie qu’on a commencé à construire que l’ouragan sur la Nouvelle Orléans. C’est parfois lumineux et libérateur pour la personne, mais cela peut s’accompagner également de souffrance, et ce n’est pas non plus sans dommages ni dégâts collatéraux.  C’est pourquoi il est absolument essentiel que la bisexualité, dès l’adolescence, soit présentée comme un possible. La société et le système éducatif ont une responsabilité à prendre là-dedans car il y a des enjeux humains à court, moyen et long terme. Un bi contrarié cela a des implications plus dramatiques qu’un gaucher contrarié.

Quels sont les principaux obstacles et difficultés que rencontre Bi’cause pour mener son action ?

la principale difficulté que rencontre Bi’Cause pour mener son action réside à mon sens dans les bis eux-mêmes. Nous nous sommes rendu compte avec surprise qu’il y a beaucoup de personnes bisexuelles qui s’investissent dans les associations LGBT mais qu’elles n’osent pas s’y exprimer pour y faire progresser la cause bi. Beaucoup ont intériorisé les clichés et la mauvaise appréciation dont font l’objet les bisexuels et taisent leur bisexualité voire essaient de s’en démarquer plutôt que de l’assumer. De peur d’être directement stigmatisées et rejetées, elles se retranchent dans ce qu’une récente étude a nommé « le placard bi ». Cela n’aide malheureusement pas à développer une fierté identitaire et leur isolement contribue à maintenir cette situation au lieu d’aider à améliorer la condition des bis en travaillant tous en commun à changer la façon de voir des gens.

Par ailleurs le panel des personnalités et des modes de vie des personnes bisexuelles est multiple et cette diversité est clairement ressentie par les personnes bi qui n’aiment pas les cases. Certaines contestent le terme de bisexuel, qui leur paraît trop « sexualisé », préférant « bigenre », d’autres voudraient lutter pour leur affirmation en dehors de toute catégorisation : être humain avant tout.

Or, si l’on veut avoir réellement une force d’information, de conviction et de revendication, il faut se regrouper, et la forme associative est par ailleurs la plus efficace pour cela. Bi’Cause est une association qui a accueilli dès le départ un ensemble de personnes très bigarré et c’est ce qui lui a permis de mettre au point un texte revendicatif, le Manifeste français des bisexuelles et des bisexuels, qui rend compte de la multiplicité bisexuelle tout en dégageant une racine identitaire commune et fière d’elle-même.

Le manque d’investissements militants pour la cause bisexuelle gêne énormément l’action de Bi’Cause d’un point de vue logistique : moins il y a de soldats, moins on peut être présents sur les fronts. Nous recevons à la fois des témoignages d’encouragement et de remerciements pour les actions que nous parvenons à mener, mais parfois aussi des témoignages de déception sur celles que nous n’avons pas faites. Bi’Cause est une association dont la portée historique et les missions sont grandes et pour laquelle l’attente des gens est grande mais qui reste petite par le nombre de ses membres actifs. Et actuellement nous sommes trop peu pour être présents partout où il le faudrait dans l’idéal. Nous avons besoin d’adhérents et de militants.

Bi’cause ne s’occupe pas uniquement des intérêts des personnes bisexuelles. Vous prenez aussi part à l’Existrans (manifestation annuelle contre la transphobie et pour les droits des trans, chaque premier week-end d’octobre). Et vous vous engagez régulièrement dans la prévention et la lutte contre les IST : Bi’cause a notamment publié en 2004 un guide de prévention très complet, « Fêter le corps et continuer à vivre », qui peut être utile à tous, puisqu’il aborde un grand nombre de pratiques.

Peux-tu nous en dire plus sur cette volonté de s’associer à d’autres actions ?

Cette volonté a été présente dès le début. La prévention et la lutte contre les MST figure dans nos statuts. Nous avons une grande fraternité avec les personnes trans car la bisexualité est aussi préoccupée par les questions relatives au genre. En novembre nous défilons aussi pour soutenir la Marche contre les violences faites aux femmes. Il se trouve que c’est aussi dans les gènes de Bi’Cause qui a été fondée par des féministes. Nous nous associons aux actions menées par la communauté LGBT, notamment en ce moment celles qui concernent les droits au mariage et à la parentalité, car elles sont également les nôtres, dans la mesure où les personnes bisexuelles peuvent être appelées à connaître des situations de vie non hétérosexuelles et donc être victimes de la même privation de droits que les personnes non hétérosexuelles. Mais au-delà d’intérêts communs, dans tous ces domaines évoqués, il s’agit pour nous avant toute chose de revendiquer une société égalitaire et juste avec tous, point, et de lutter contre les abus engendrés par une culture hétérosexuelle machiste dominante et discriminante. C’est quelque chose de tout simplement fondamental.

Bi’cause est basée à Paris, et jusqu’à récemment il n’y avait aucune association spécifiquement bisexuelle en France hors de Paris (cette année est apparue France Bisexualité Info, à Lyon, et il y a un groupe bi à Strasbourg, Ambivalence, mais il n’est pas constitué en association). Que penses-tu de cette situation et comment vous y prenez-vous pour faire bouger les choses ?

Il est très important que les personnes bisexuelles osent passer le pas de la visibilité, et se regroupent. L’étude menée sur l’orientation sexuelle des français par l’IFOP et Têtu en 2011 a tout de même montré une proportion presque équivalente de personnes bisexuelles et de personnes homosexuelles (3% et 3,5%) dans la population. Or les bi sont très isolés et très invisibles, ce qui ne favorise pas la mise en place d’une solidarité. La province en plus pâtit du phénomène de microcosme social qui stigmatise toute personne qui ne serait pas dans la norme. C’est difficile.

Il nous est arrivé d’être en contact avec des personnes souhaitant créer un groupe bi en se mettant sous le parrainage de Bi’Cause. Nous ne poussons pas à la création « d’antennes de Bi’Cause », car nous sommes plus dans une logique de fraternité, quand celle-ci peut avoir lieu, que dans une logique de parrainage mais nous sommes néanmoins ouverts à ce genre de demandes, pourvu que ces personnes soient dans la même voie éthique que Bi’Cause. Jusqu’à présent aucun de ces projets n’a malheureusement été poursuivi par leurs initiateurs, tant il se révélait difficile de fédérer un mouvement auprès des bi de leur région.

Faire bouger les choses n’est pas évident. En pratique nous ne pouvons rien initier, nous pouvons juste accompagner de loin. Il est indéniable que Bi’Cause a derrière elle quinze ans d’approfondissement de la question bisexuelle et que ce qui est sorti de ce travail peut aider, notamment le Manifeste français des Bisexuelles et des Bisexuels. Mais, pourvu qu’on respecte la propriété intellectuelle de Bi’Cause sur les documents qu’elle a produit, nous les avons mis à disposition en format pdf afin qu’ils puissent servir à un plus large public.

Par ailleurs, nos actions envers les bis de province sont limitées par nos moyens logistiques qui, en l’état actuel des adhérents, ne sont pas à leur maximum et nous le regrettons. Il ne faut surtout jamais perdre de vue que les groupes ou les associations ne sont pas des entités mais des personnes. Il y a quelques mois nous avons été contactés par le groupe de Strasbourg pour renouveler une Bi’Causerie organisée par une de nos membres mais c’était compliqué matériellement, pour elle comme pour nous, et nous n’avons pu donner suite.

Par contre deux des membres du C.A. ont pu se rendre à la Marche des Fiertés à Auxerre le 23 juin pour représenter la visibilité bisexuelle au-delà de Paris et dans un contexte politique délicat. Et le fait que nous soyons là a eu un impact positif puisque du coup le président de la Coordination Interpride a consacré une partie de son discours de fin de marche aux personnes bisexuelles.

Dans la même idée, nous espérons des actions que nous menons au sein des structures LGBT et auprès des associations LGBT qui, elles, ont des relais en province, qu’elles améliorent la connaissance, la considération et la prise en compte des personnes bisexuelles au-delà de l’Ile de France. Car s’il n’existe pas de groupe ou d’association bi en province, il existe des Centres LGBT, il existe des antennes SOS-Homophobie, il existe la Fédération LGBT [qui coordine notamment les Centres LGBT, NdS], la Coordination Interpride, qui sont susceptibles de relayer en province les initiatives et réflexions pour la défense et la connaissance de la bisexualité.

Quels sont les réussites de l’association à ton avis ? A l’inverse, vous est-il arrivé de tenter quelque chose qui s’est révélé ne pas fonctionner ou n’aboutir à rien ?

La première réussite de Bi’Cause c’est sa longévité. Ce n’est pas évident de faire vivre une association. Il y a des reliefs, des années plus difficiles, d’autres plus porteuses. Le secret de la réussite est de continuer à être présent et puis parvenir à rebondir et saisir les opportunités au bon moment. Il y a eu des années où Bi’Cause a tourné avec seulement deux ou trois personnes à la manœuvre. Il est certain que nos actions ont été moins nombreuses mais nous avons maintenu toutes nos activités régulières. Actuellement l’équipe n’est pas grosse mais extrêmement active, et il y a un contexte favorable au niveau LGBT qu’il faut absolument saisir. Nous répondons aux sollicitations des autres associations pour intervenir sur la question bi ou nous allons vers elles. Nous nous investissons encore davantage dans les structures LGBT. Nous venons d’être élus au C.A. du Centre LGBT.

Au plan des actions, il y en a pas mal à mettre à l’actif de Bi’Cause, sur quinze ans, des petites ou de plus grandes, il ne faut pas négliger le travail de fourmi, moins spectaculaire mais essentiel aux grandes constructions. La plus grande réussite de Bi’Cause c’est peut-être le fameux Manifeste français des bisexuelles et bisexuels. C’est un texte fondamental pour l’affirmation et la dignité de l’identité bisexuelle. Et nous avons régulièrement des retours positifs sur ce texte. Les personnes bisexuelles s’y reconnaissent et il a une vertu de réassurance.

Une autre réussite de Bi’Cause c’est la reconnaissance des bisexuel-le-s qu’elle a obtenue, et obtient par un travail continu, auprès des institutions LGBT.

Il y a des choses que nous avons lancées qui n’ont pas marché, oui. Par exemple nous avions lancé auprès de nos adhérents un questionnaire sur les mots, images, symboles qui pour eux correspondraient à la bisexualité, pour renouveler notre logo. Nous avons dû recevoir six réponses. Nous avons aussi lancé pour le calendrier bisex’style 2012, dont l’idée venait d’un de nos adhérents, un appel à photos. Encore moins de retours. Mais nous avons néanmoins édité notre calendrier bisex’style avec une superbe phrase de Simone de Beauvoir. Et peut-être que dans quatre ans le calendrier photos aura plus de succès.

Nous avons parfois du mal à mobiliser l’envie des gens. Nous ne sommes pas assez marketing et fun sur notre évènementiel, je pense.

Pour en revenir à une question plus personnelle : quel impact a eu ton activité associative dans ta vie ? Je suppose que cela prend beaucoup de temps. Qu’as-tu l’impression d’avoir retiré de cette expérience ?

L’impact dans ma vie a été notamment de faire mon coming out auprès de mes parents, parce qu’à force de leur dire que j’étais indisponible à cause de mes obligations associatives et de faire des circonvolutions verbales pour en parler sans rien en révéler, j’en ai eu assez et j’ai abattu les cartes. Ca été une très bonne chose car ils l’ont très bien accepté et maintenant me soutiennent dans cette cause. C’est un plus pour mon harmonie personnelle.

Cela prend beaucoup de temps, oui, et il y a forcément des sacrifices. J’ai mis de côté ma vie artistique par exemple, et la fatigue est là. Il en est de même pour les autres membres de l’équipe de Bi’Cause actuellement et il faut leur rendre hommage. Il y a tellement de choses qui se mettent en place en ce moment et qui sont très importantes. Il faut être sur beaucoup de fronts. Il est certain qu’on ne peut pas maintenir ce rythme dans une vie sur beaucoup d’années, c’est pourquoi il est très important d’être plus nombreux pour que chacun ait une moindre charge, et qu’il y ait une relève régulière, que chacun sacrifie un peu de temps, comme il peut. Car la cause vaut le coup. Enfin moi je le crois.

Penses-tu que la vision des bi a évolué, dans le milieu LGBT et dans la population en général, depuis que Bi’cause existe ?

Oui, c’est évident pour le milieu LGBT de l’Ile de France dans lequel nous évoluons. Parce que nous pouvons faire de la pédagogie mais aussi, par notre présence, nos échanges, nos collaborations, démystifier ce bi qui reste tout de même globalement invisible à la majorité des associations LGBT.

Nous essayons d’avoir le même impact sur la population, mais le contexte est plus complexe et n’a pas la même dimension. Nous tâchons d’être de bons relais. Nous étudions en ce moment les possibilités de creuser deux champs d’intervention que nous n’avons pas trop approfondis jusqu’ici et où nous avons constaté de gros manques dans la prise en compte voire l’acceptation de la bisexualité : le champ scolaire et celui de la santé (psychologues notamment).

Quels sont les principaux chantiers et projets de Bi’cause en ce moment (pour ceux dont tu peux déjà parler) ?

Le principal chantier en cours, qui va se déployer sur plusieurs mois mais qui n’occulte pas tous les autres, c’est l’enquête bi, que nous menons conjointement avec SOS-Homophobie, Le Mag-Jeunes LGBT et Act Up. L’enquête est consultable sur cette page et a une présentation et un espace commentaires sur le blog dédié et sur la page Yagg.

Qu’est-ce qui manque à Bi’cause aujourd’hui à ton avis ?

Ce qui manque à Bi’Cause : des personnes qui aient envie de s’investir dans l’une ou l’autre des actions que nous avons évoquées, l’éventail est vaste pour que chacun y trouve à employer ses qualités selon ses goûts, ses compétences et sa personnalité : militantisme ou convivialité, réflexion/écriture ou actions de terrain ou encore optimisation de la com’, avec un choix très ouvert de domaines d’intervention possibles : éducation, monde du travail, lutte contre les stéréotypes et la biphobie, santé, culture… Il y a beaucoup à faire.

Pour terminer, que dirais-tu à quelqu’un qui ne connaît pas du tout le milieu LGBT pour le convaincre de venir à une réunion de Bi’cause ? Et que dirais-tu à un non bi pour le convaincre de venir ?

Je dirais ce qu’on m’a dit un jour : viens c’est une association très sympa et ouverte à tous, pas seulement aux personne bisexuelles, dans laquelle il n’y a pas de prosélytisme, pas de sectarisme, pas de jugement, mais du dialogue et beaucoup de personnalités différentes.

Merci beaucoup à Nelly Ambert d’avoir pris le temps de répondre à ces questions !