Bref. J'ai relayé un lien sur un épisode de "Bref"

Bref est une série télévisée française humoristique dans le genre « vie quotidienne » diffusée sur Canal+ et en ligne depuis août 2011 ; comme son nom l’indique, elle se compose d’épisodes très courts (moins de 2 minutes). Dans l’épisode du 8 mars dernier, la série s’est montrée, disons, LGBT-friendly : je n’en dis pas trop pour ne pas gâcher l’intérêt de la surprise. Je vous invite donc à aller regarder la vidéo, qui a été postée par Yagg, dont la rédac’ l’avait eue via Prose (merci Prose, merci Yagg !).

Je ne vous en dis pas plus sur l’épisode, revenez quand vous l’aurez vu (dans moins de deux minutes, donc).

Vous l’avez vu ? Bon, on va pouvoir parler du contenu, alors. Ce n’est pas grand-chose, et le dénouement a un côté cliffhanger*, ce qui me fait espérer que la conversation qu’on attend entre les deux frères finira par avoir lieu dans un épisode suivant. Mais comme l’avaient vu Prose et la rédac’ de Yagg, l’épisode en lui-même est suffisant pour apporter une révélation : le frère du narrateur, après plusieurs relations avec des femmes, « a quelqu’un » qui s’avère être un homme. Bref, il a tout l’air d’être bi ! Ou alors pansexuel. Ou alors omnisexuel. Ou alors « hétérosexuel sauf pour lui ». En tout cas, pas monosexuel (i.e. pas hétéro et pas homo non plus). Enfin, sans multiplier les étiquettes possibles, on peut simplement dire que cet épisode « décrit les attirances sexuelles comme fluides« , comme diraient les Anglo-saxons : l’adjectif se prête à toutes sortes de blagues douteuses, mais il a l’avantage de mieux correspondre au genre de réalités complexes que nous permettent d’entrevoir des études sexologiques comme l’échelle de Kinsey ou la grille d’orientation sexuelle de Fritz Klein qui en est la version améliorée.

… ou alors le frère va être présenté comme un homo refoulé, même s’il a l’air d’avoir eu au moins une vraie relation sérieuse avec une femme, ce qui bousillera complètement le machin, mais j’espère que non. La suite le dira, mais on semble s’acheminer vers un nouveau personnage bi ou bi-proche dans le PAF, et ça vaut la peine d’être noté.

(* « Suspendeur de falaise » dans la langue de Secouelance : autrement dit, une fin ouverte ménageant un suspense insoutenable pour le spectateur, qui ne pense plus qu’à se jeter sur l’épisode suivant dès sa parution/diffusion/sortie/fuite sur Internet. De nos jours, le procédé est surtout associé à l’art anglo-saxon de la fiction, mais il est vieux comme le monde. Pour plus de détails, voyez Wikipédia, ou un bon livre sur le roman-feuilleton, ou un bon livre sur l’écriture de scénario. Notez que des cliffhangers involontaires peuvent s’introduire dans les textes de fiction à cause des aléas de leur transmission au fil du temps : ainsi, les cliffhangers accidentels provoqués par les lacunes dans les tablettes d’argile/papyri/marbres/etc. constituent un moteur de la recherche à part entière en archéologie et en philologie. Tout antiquisant vous soutiendra qu’il travaille à mieux connaître les sociétés anciennes, mais en réalité il y a toujours quelque part au fond de lui un lecteur frustré qui espère secrètement retrouver enfin la suite de cette damnée épopée sur la guerre de Troie ou combler les trous dans l’histoire de Gilgamesh.)

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